Luc Arvisais, directeur du Service de développement économique de la Ville de Shawinigan.
Luc Arvisais, directeur du Service de développement économique de la Ville de Shawinigan.

Une centaine de demandes d’aide financière traitées à Shawinigan

Shawinigan — En un mois, 104 entreprises de Shawinigan ont lancé un appel au Service de développement économique de la Ville pour être accompagnées dans la tourmente provoquée par la crise de la COVID-19.

Plus de 800 000 $ ont ainsi été versés en aide transitoire, surtout sous forme de prêts à des conditions de remboursement flexibles et à des taux d’intérêt très bas.

La Ville a ainsi répondu à des préoccupations immédiates de la communauté d’affaires, mais Luc Arvisais, directeur du Service de développement économique, convient que le travail n’est pas terminé.

«Il reste encore plein de défis», commente-t-il. «Il y aura une reprise, mais les entrepreneurs se demandent comment ils vont adapter leurs opérations pour respecter les règles sanitaires et de distanciation. Beaucoup d’entreprises auront besoin d’être aidées sur la façon d’organiser leur plancher de production, comment sécuriser les entrées, quoi mettre en place?»

«Ce sera aussi un défi parce que l’activité ne reprendra pas comme en décembre, par exemple», ajoute M. Arvisais. «Il faut réfléchir à rendre les opérations sécuritaires pour protéger la main-d’oeuvre. Personne ne veut se ramasser avec une épidémie sur son plancher.»

Le responsable observe donc un mélange d’enthousiasme et d’insécurité par rapport à la reprise progressive décrétée cette semaine.

«Ce qu’on entend beaucoup, c’est que pour certains, quand viendra le temps de rappeler leur monde, ils espèrent que ces employés ne se seront pas trouvé autre chose ailleurs», entend M. Arvisais. «On était déjà en pénurie de main-d’oeuvre. Parmi les gens qui ont été mis à pied temporairement, certains ont peut-être trouvé autre chose. C’est une préoccupation que j’ai entendue.»

Deux programmes

Le 19 mars, la Ville de Shawinigan avait annoncé qu’elle débloquait des sommes pouvant atteindre un million $. Ce montant provenait de son Fonds local d’investissement, du Fonds Rio Tinto Alcan et du Fonds de développement des territoires.

Or, 13 entreprises ont bénéficié de cette mesure d’urgence, pour un montant 353 600 $. Elles ont dû déposer leur demande au plus tard le 3 avril.

Par la suite, le gouvernement du Québec a annoncé son aide d’urgence aux petites entreprises, une nouvelle version du Fonds local d’investissement. Ce véhicule a permis d’aider 31 entreprises supplémentaires, qui ont obtenu des prêts totalisant 453 700 $.

À ces 807 300 $, d’autres montants s’ajouteront au cours des prochaines semaines, puisque le Service de développement économique étudie présentement les demandes de 32 autres entreprises, pour un montant potentiel de 802 500 $.

Le nouveau programme du gouvernement du Québec a permis au Service de développement économique de la Ville de Shawinigan de mettre la main sur une somme supplémentaire de 1,9 million $, qui sera distribuée en prêts à un taux d’intérêt de 3 %. La première mesure d’aide annoncée le 19 mars ne sera plus sollicitée pour le soutien d’urgence, mais les fonds toujours disponibles devraient servir pour la relance au cours des prochains mois.

«Des entreprises ont des défis financiers à relever pendant la crise de la COVID, mais on peut s’attendre à ce que ça continue pendant un bout», convient M. Arvisais.

Pour le moment, le service a analysé ou accordé des prêts dans 76 dossiers. Pour les 28 autres, M. Arvisais indique que dans la majorité des cas, ces entreprises ont été dirigées vers d’autres programmes de soutien, notamment du gouvernement fédéral.

«Dans d’autres cas, les secteurs n’étaient pas admissibles», précise-t-il. «Par exemple, des bars ou tout ce qui touche le tabac.»

Enfin, M. Arvisais n’entend pas que les entrepreneurs rechignent à l’idée de bénéficier de ces liquidités sous forme de prêts plutôt que de subventions.

«Nos interventions financières prévoient des taux d’intérêt super bons, qui s’accompagnent d’un moratoire de remboursement de trois mois», rappelle-t-il. «Les entrepreneurs ont des besoins à très court terme et ils prévoient rembourser ce prêt très rapidement. Ils ne veulent surtout pas de pénalité s’ils remboursent plus vite que le terme prévu! Ça leur donne donc la liquidité dont ils ont besoin, à un coût abordable.»