De gauche à droite: Luc Galvani (président de la Table régionale de l’éducation de la Mauricie), Marie-Pier Matteau (présidente du Conseil régional des partenaires du marché du travail), Tina Côté (nouvelle technicienne en ressources humaines chez Shalwin) et Charles-André Normand (directeur des ressources humaines chez Shalwin).

Une campagne de promotion pour mailler la main-d’oeuvre et les entreprises

Shawinigan — L’importance de rapprocher les programmes scolaires aux besoins des entreprises de la région est mis en relief cette semaine. En plus de la 15e édition du Rendez-vous de la formation et des professions en Mauricie, mercredi et jeudi à Espace Shawinigan, des intervenants du marché du travail ont lancé une campagne de promotion pour placer en évidence les métiers les plus en demande.

Le Conseil régional des partenaires du marché du travail, la Table régionale de l’éducation et la Direction régionale de Services Québec ont présenté le segment régional de cette offensive mardi matin, chez le fabricant de fenêtres Shalwin. Intitulée «L’avenir cherche du monde comme toi», cette campagne vise à favoriser un meilleur équilibre entre la formation et les besoins des entreprises.

Au Québec, 153 métiers et professions offrent des perspectives particulièrement intéressantes, dont 35 en Mauricie. Sur ce nombre, six exigent une formation universitaire, neuf une formation technique collégiale, onze une formation professionnelle au secondaire et neuf ne sont liés à aucun programme spécifique. Le site www.emploidavenir.gouv.qc.ca permet d’explorer ces possibilités.

Rappelons que selon les prévisions du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, 28 000 emplois sont à pourvoir en Mauricie entre 2017 et 2021, dont 23 900 en raison de départs à la retraite.

Sur la liste des 35 métiers d’avenir en question, 21 sont offerts dans divers programmes d’études à l’université, dans les cégeps ou les écoles secondaires de la région. Luc Galvani, président de la Table régionale de l’éducation de la Mauricie, reconnaît que les institutions d’enseignement doivent faire preuve de beaucoup de souplesse pour être collées aux besoins du marché du travail.

«C’est toujours une question d’argent, pour être en mesure de déployer de nouveaux programmes directement en entreprise», explique-t-il. «Nous avons différents modèles qui font éclater nos façons de faire qui, à l’origine, étaient très balisées.»

«Par exemple, à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, nous avons déployé un nouveau programme en alternance travail - études plus, où le jeune est payé pendant qu’il est en classe et pendant qu’il est en stage. Ce sont de nouvelles façons de faire et les annonces de projets sont de plus en plus nombreuses. Si on n’a pas cette souplesse, nous allons passer à côté. Idem du côté du ministère de l’Éducation, où on avait une mécanique assez lourde pour obtenir de nouvelles autorisations. De nouvelles actions ont été mises en place, qui nous permettent de redéployer notre offre de services de façon plus fluide.»

À l’autre bout de la chaîne, Marie-Pier Matteau, présidente du Conseil régional des partenaires du marché du travail de la Mauricie, constate que l’adéquation entre les postes à pourvoir dans les entreprises de la région et la formation offerte demeure un enjeu «essentiel». Encore cette semaine, la direction régionale de Services Québec recense environ 1900 postes à pourvoir dans la région.

«Quand on parle de programmes, ce qu’on entend, c’est que ça peut prendre quatre à cinq ans avant qu’une révision soit approuvée par le ministère de l’Éducation», partage-t-elle. «Au conseil régional, nous essayons de sensibiliser le ministère sur cette question. Avec l’avenir qui nous attend, on ne peut pas être si peu agile. Il y a un travail à faire, c’est certain.»

Mme Matteau reconnaît que le service aux entreprises offre déjà plus de flexibilité en terme de formation. «Mais on ne peut pas prendre seulement ce chemin, car cette formation n’est pas nécessairement transférable.»

Croissance freinée

Charles-André Normand, conseiller en ressources humaines chez Shalwin, ne cache pas que la croissance de l’entreprise est freinée par les difficultés de recruter la main-d’oeuvre. Shalwin embauche présentement 135 travailleurs et elle souhaite en recruter une trentaine de plus en 2019.

«Nous pourrions livrer davantage à nos clients», commente-t-il. «Nous avons de très hauts standards de qualité et nous ne pouvons pas prendre davantage d’engagement, ce qui diminue nos ventes. La pénurie de main-d’oeuvre affecte la croissance des entreprises, dont celle de Shalwin.»

M. Normand reconnaît que les employeurs doivent aussi faire connaître leurs besoins au milieu de l’éducation pour qu’il s’ajuste au contexte régional. De plus, pour garder la précieuse main-d’oeuvre, des programmes d’avantages concurrentiels doivent être mis sur pied pour réduire au minimum le roulement de personnel.