Stéphane Gignac, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan et sa directrice générale, Geneviève Racine.
Stéphane Gignac, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan et sa directrice générale, Geneviève Racine.

Une assemblée générale en visioconférence pour la CCIS

Shawinigan — Sale temps pour les chambres de commerce avec cette pandémie qui proscrit tout rassemblement. À Shawinigan, l’organisation ne planche pas tant sur l’annulation d’activités que sur leur réorganisation sous des formes inédites.

Bien sûr, jeudi, le dîner-conférence avec l’Université du Québec à Trois-Rivières n’a pu être organisé, mais l’événement pourrait être reporté sous la forme d’un webinaire, souhaite la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, Geneviève Racine. Le sujet ne pourrait mieux tomber en cette période de confinement, puisque Sarah-Geneviève Trépanier, professeure au département de gestion de ressources humaines, devait entretenir son auditoire sur la santé psychologique au travail...

L’assemblée générale annuelle sera présentée le 21 avril par visioconférence. Les 48 premiers participants confirmés se feront même livrer une bière du Trou du diable à leur porte s’ils habitent à Shawinigan!

«C’est un moyen que nous avons trouvé pour minimiser l’effet de l’isolement!», sourit Mme Racine. Même le rallye de juin pourrait être organisé sous une forme virtuelle...

La CCIS tente de maintenir les liens avec ses membres et la communauté d’affaires en général en cette période difficile. Grâce à sa page Facebook, elle publie une infolettre quotidienne et des portraits d’entreprise. Un webinaire pour expliquer les mesures spéciales mises en place par les divers paliers de gouvernement sera également organisé sous peu.

«Il y a un peu de confusion», observe Mme Racine. «Les commerces qui sont ouverts roulent tellement vite, il y a tellement de mesures qu’ils n’ont pas le temps d’analyser tout ce qui a été mis en place par les différents gouvernements.»

Réflexion

Le président de la CCIS, Stéphane Gignac, vit cette crise aux premières loges. Il a dû mettre à pied tous ses employés d’Imprimerie Gignac offset, mais il conserve environ la moitié du personnel de sa division Étiquettes Unik pour appuyer les services essentiels.

«On s’en tire pas si mal», mentionne-t-il. «Le coeur d’Étiquettes Unik tourne autour du domaine alimentaire. Ça nous a aidés à maintenir une certaine stabilité. Ce créneau m’aide beaucoup.»

M. Gignac reconnaît que la pause économique décrétée par le gouvernement du Québec, le 23 mars, l’a pris par surprise.

«Certains ne s’en tirent pas si mal, surtout ceux qui ont été considérés comme services essentiels», observe-t-il. «Grâce à leurs idées, ils réussissent à faire des ventes. Pour d’autres, c’est beaucoup plus problématique.»

«C’est sûr que ceux qui avaient des difficultés financières avant la crise vont trouver ça difficile», ajoute-t-il. «Nous avons du support de la Ville et des gouvernements provincial et fédéral, mais ceux qui n’étaient pas rentables auront de la difficulté à passer par-dessus ça.»

Il considère que la période actuelle lui permet de faire le point sur les services offerts par ses entreprises.

«Je planche sur l’après», soulève-t-il. «Comment diversifier notre offre? Si ça arrive à nouveau, comment pourrait-on être moins affectés? Avant la crise, notre carnet de commandes était toujours plein. Nous sommes en croissance depuis les dix dernières années. Je n’avais pas cette réflexion à faire. Nous allions chercher de nouveaux clients, mais dans les créneaux que nous avions déjà. Là, je vais peut-être me diversifier.»

L’homme d’affaires croit que certains changements s’imposeront d’eux-mêmes à l’ensemble de la société à la suite de cette crise.

«Le 11 septembre 2001 a changé la vie de tout le monde pour la sécurité dans les aéroports», rappelle-t-il. «Cette fois, je pense que les mesures d’hygiène vont changer pour le reste de nos vies.»