Simon Charlebois, directeur général de la SADC Centre-de-la-Mauricie et du Fonds de développement économique LaPrade Saint-Maurice, en compagnie de ses deux présidents, France Brisson (Fonds LaPrade) et Jacques Samson (SADC Centre-de-la-Mauricie).

Une année record pour la SADC

Après avoir connu une très forte croissance de ses investissements au cours des dernières années, la Société d'aide au développement des collectivités du Centre-de-la-Mauricie a pulvérisé tous ses records en 2016-2017, en faisant ainsi une référence depuis sa création en 1984.
Le bilan a été présenté lors de l'assemblée générale annuelle de cet organisme et du Fonds de développement économique LaPrade Saint-Maurice, mardi matin à l'Auberge Gouverneur. Si la qualité d'une année se mesure aux sommes investies par un organisme dans son milieu, le millésime 2016-2017 passe à l'histoire pour la SADC du Centre-de-la-Mauricie.
Pour l'année financière se terminant le 31 mars dernier, cette organisation a versé 2 677 551 $ pour 34 projets. Il s'agit d'un sommet dans les deux cas. En fait, pour donner une idée de l'effort, les Fonds SADC, Stratégie jeunesse et LaPrade avaient versé ensemble, en 2015-2016, près de 2,1 millions $ dans la même communauté.
En 2016-2017, le Fonds SADC a entraîné des investissements supplémentaires de 10,1 millions $, provoquant la création ou le maintien de 345 emplois.
«On se rend compte de l'impact du centre d'entrepreneuriat et du DigiHub», souligne le directeur général de la SADC du Centre-de-la-Mauricie et du Fonds de développement économique LaPrade Saint-Maurice, Simon Charlebois. 
«On commence à voir les fruits de tous les efforts de diversification qui ont été faits. Je ne vais pas prétendre que tout va bien à Shawinigan, mais le taux de chômage est dans un creux dans la région. Il y a près de 400 emplois en informatique à Shawinigan. Si on recule cinq ans en arrière, nous en avions peut-être une centaine. Les mille emplois en électronique demeurent aussi un secret bien gardé.»
M. Charlebois observe également un changement de mentalité chez les jeunes et chez les femmes. «Autant, avant, l'entrepreneuriat n'était pas une profession envisagée, autant maintenant, c'est l'inverse. Beaucoup de jeunes viennent nous voir pour se partir en affaires.»
Le Fonds Stratégie jeunesse a bien illustré cette tendance l'an dernier, puisque la moitié des 14 projets déboursés portaient sur un démarrage d'entreprise. Un total de 271 750 $ ont été investis à partir de cet outil l'an dernier, entraînant des débours supplémentaires de près de 1,3 million $ et la création ou le maintien de 57 emplois.
La SADC du Centre-de-la-Mauricie est tellement sollicitée que pour une deuxième année consécutive, elle a dû lancer un appel au Fonds Capital réseau, une cagnotte regroupant des surplus de liquidités du réseau qui deviennent disponibles sous forme d'emprunt. Dans les derniers états financiers, on constate que l'organisme avait pigé 1,154 million $ dans cette caisse au 31 mars. 
«Nous avons dû emprunter plusieurs fois, au cours de la dernière année, pour suffire aux demandes de financement que nous avions dans la région», explique M. Charlebois. «Nous avons même continué d'emprunter après le 31 mars, de sorte que nous en sommes présentement autour de 1,8 million $.»
«C'est quand même un signe que ça va bien dans la région, particulièrement pour le développement des petites et moyennes entreprises.»
M. Charlebois convient que le Fonds Capital réseau ne pourra supporter indéfiniment cette croissance de demandes.
«Il va probablement falloir être plus sélectifs au cours de la prochaine année, en raison de la disponibilité des fonds», conçoit-il.
Déjà 30 ans
De son côté, le Fonds de développement économique LaPrade a présenté un bilan moins flamboyant pour sa dernière année financière. Quatre projets avaient été appuyés au 31 mars, dans lesquels 355 000 $ avaient été investis. Ce levier a tout de même entraîné des sommes supplémentaires de cinq millions de dollars, ainsi que la création ou le maintien de 106 emplois.
«On pourrait en faire plus, c'est simplement une question de disponibilité de fonds», souligne M. Charlebois. «Le Fonds LaPrade n'a pas de possibilité d'emprunt comme la SADC. Il faut y aller selon les liquidités.»
Cet outil est notamment utilisé pour commander diverses études, dont celle portant sur la faisabilité d'un projet de marina sur le site de l'ancienne usine Laurentide de Produits forestiers Résolu réalisée au cours de la dernière année. Il participe aussi au Fonds Cycle C3E, spécialisé dans le soutien d'entreprises en démarrage dans les technologies vertes, de même qu'au Fonds V3 Ventures, destiné aux jeunes pousses technologiques.
Le Fonds LaPrade célèbre ses 30 ans d'existence en 2017 et M. Charlebois prévoit un bilan quelque part à l'automne.