Les 21 M$ seront distribués parmi 45 entreprises manufacturières du Québec, dont trois de la Mauricie, comme l'a annoncé la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.
Les 21 M$ seront distribués parmi 45 entreprises manufacturières du Québec, dont trois de la Mauricie, comme l'a annoncé la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.

Une aide de 21 M$ du fédéral pour soutenir le secteur manufacturier

TROIS-RIVIÈRES — Développement économique Canada pour les régions du Québec investira 21 M$ afin d’encourager la modernisation de 45 petites et moyennes entreprises (PME) manufacturières du Québec, dont trois en Mauricie.

Ce sont les entreprises Innovation Movex, de Shawinigan, Infinition, de Trois-Rivières ainsi que RS Ultra, du secteur Grand-Mère à Shawinigan, qui profiteront de cette aide financière du fédéral. Respectivement spécialisées en informatique, en balistique et en soudure, celles-ci s’en serviront pour moderniser leurs équipements et développer des processus d’automatisation de leur production.

«Dans tous les secteurs, mais particulièrement dans l’industrie manufacturière, si on n’investit pas dans l’objectif de moderniser nos usines, on perd toute notre compétitivité et d’autres entreprises ailleurs dans le monde viennent saisir nos parts de marché. Comme gouvernement, on doit s’assurer que nos entreprises sont aptes à saisir des opportunités pour faire face à la concurrence féroce», a déclaré la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly. C’est cette dernière qui a fait l’annonce de cette initiative, jeudi.

Tandis qu’une partie du montant offert sera remis aux compagnies sous forme de prêts, une autre n’aura pas à être remboursée au gouvernement du fédéral.

De l’argent pour pallier les impacts de la pandémie

Bien que le financement du tissu manufacturier québécois ait toujours représenté une priorité pour le gouvernement canadien, la ministre Joly admet que la pandémie de COVID-19 a grandement accéléré le processus menant à un tel investissement.

«Ça a clairement un lien avec la pandémie. Certes, on a toujours fait des investissements dans ce domaine de l’économie, mais les derniers mois ayant fait très mal à ce secteur, nous n’avons eu d’autre choix que d’accélérer nos projets d’aide financière», a-t-elle indiqué.

Des «emplois de pointe» créés

Avec cette aide financière, qui vise notamment à favoriser l’automatisation des moyens de production des PME, il serait facile de croire que de nombreux emplois en usine seront supprimés. Qu’à cela ne tienne, Mélanie Joly assure que cette initiative aura plutôt pour effet de créer des emplois «plus payants, qui ne manqueront pas d’aider les régions du Québec».

«Avant la pandémie, il y avait un gros problème de pénurie de main-d’œuvre sur le territoire. Or, pour contrer cette situation, nous devons créer des emplois indispensables et bien rémunérés, permettant de moderniser nos usines. De plus, les travailleurs qui occuperont ces postes pourront contribuer à l’économie des régions en y élevant leur famille. C’est pour ces raisons qu’on souhaite non seulement créer ces nouveaux emplois, mais également les maintenir», a-t-elle expliqué.

En outre, la distanciation sociale étant de mise dans la plupart des milieux de travail, la ministre est d’avis que ce virage technologique permettra aux PME de la province de pallier la perte de productivité qu’engendrerait une limitation du nombre d’employés sur le plancher.

Les PME québécoises, une priorité

Au Canada, six agences de développement régional (ADR) veillent à ce que les entreprises locales de chaque région du pays soient entendues à Ottawa. C’est l’ADR responsable de la Belle Province qui a déterminé qu’il était impératif d’injecter des fonds dans l’industrie manufacturière.

«Chaque agence s’adapte à la réalité régionale, et le Québec abrite un tissu d’entreprises spécialisées dans le secteur manufacturier depuis maintenant plus d’un siècle. Étant donné qu’il est toujours nécessaire d’investir dans ce secteur pour l’améliorer, nous avons décidé qu’il était bénéfique d’en faire une priorité», a déclaré la ministre.

D’autres investissements de ce genre pourraient voir le jour dans les prochains mois ou les prochaines années afin d’assurer la pérennité des PME québécoises. «On souhaite travailler près des acteurs économiques de la province, et particulièrement de ceux de la région, dans l’objectif de déterminer une façon de travailler ensemble pour la relance.»