La présidente de la CCICQ, Sonia Caron, et la conférencière invitée, Sarah-Geneviève Trépanier.

Une affaire de relations et de tâches

NICOLET — Environnement de travail sain, climat de bienveillance et employés motivés: voilà les conditions gagnantes pour favoriser la santé et le bien-être des employés, selon la professeure au département de Gestion des ressources humaines de l’UQTR, Sarah-Geneviève Trépanier.

Lors de sa conférence mardi, à Nicolet, devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie du Cœur-du-Québec (CCICQ), la spécialiste a rappelé d’entrée de jeu que la santé est un état de bien-être physique, mental et social complet, ne consiste pas seulement en une absence de maladies ou d’infirmités et a un volet affectif (épuisement, détresse), attitudinal (intention de quitter l’emploi, cynisme) et comportemental (incivilité, absentéisme, présentéisme) sur le marché du travail.

Or, pas moins de 70 % des employés sont préoccupés par la santé psychologique au travail et 14 % considèrent que leur milieu de travail n’est ni sain ni sécuritaire. Et les problèmes de santé psychologique engendrent des coûts de plus de six milliards de dollars aux employeurs en raison, entre autres, des pertes de productivité. «Il faut trouver des moyens d’optimiser la santé des employés et l’environnement de travail joue un rôle-clé», affirme celle qui évoque les contacts interpersonnels et la nature des tâches.

En matière de harcèlement psychologique, les comportements sont reliés à l’individu (insulte, exclusion sociale), à la tâche (surveillance excessive) et à l’intimidation physique (bousculade, gestes agressifs), ayant pour effet de déstabiliser, intimider, dévaloriser.

À la lumière d’une étude menée auprès du personnel infirmier, aux prises avec un contexte organisationnel et des enjeux émotionnels, plus de 20 % disent avoir été exposés à des comportements négatifs, mais moins de 4 % se perçoivent tout de même comme victimes. Selon Mme Trépanier, cette disparité traduit une certaine banalisation ou tolérance des comportements de harcèlement.

Et le harcèlement a pour impact de frustrer les besoins fondamentaux d’autonomie (oppression), de compétence (incompétence) et d’appartenance sociale (stigmatisation), ce qui occasionne des problèmes de santé.

«Le soutien social pourrait être une ressource potentiellement bénéfique pour atténuer le harcèlement», croit celle qui suggère comme pistes de solution une sensibilisation sur le sujet dans l’ensemble de l’entreprise, une culture organisationnelle, avec des politiques contre le harcèlement, en plus de favoriser les liens sociaux.

Quant à la nature de la tâche, les principales sources de stress sont les suivantes: surcharge de travail, manque de reconnaissance, ambiguïté ou conflits de rôle, manque d’autonomie professionnelle et manque de participation aux décisions.

«La motivation est un facteur important dans l’adaptation des employés à leur environnement de travail», affirme l’invitée de la CCICQ, faisant la distinction entre la motivation autonome (je veux le faire) et la motivation contrôlée (je dois le faire). Dans le premier cas, l’employé perçoit les demandes comme des défis et dans le second, comme des fardeaux.

Diminuer les aspects négatifs au travail afin de minimiser le stress, offrir des directives claires et précises, attitrer une charge de travail raisonnable, promouvoir la promotion autonome, expliquer les raisons sous-jacentes aux demandes, tenter de reconnaître et de prendre en considération la perspective des employés: voilà ce qu’elle suggère en conclusion.