Les 24 propriétaires privés visés par le projet de la compagnie Les Champs d’or de la Beauce, à Saint-Simon-les-Mines, ont autorisé l’entreprise à accéder leur propriété, ce qui permet la poursuite du projet d’exploration minière entrepris par la compagnie il y a plusieurs années.

Un village de Beauce rêve d’or

Les citoyens de la petite municipalité de Saint-Simon-les-Mines, en Beauce, se rangent derrière l’entreprise Les Champs d’or de la Beauce pour aller de l’avant dans son projet de découvrir un important gisement d’or.

Après les avoir rencontrés individuellement, la compagnie beauceronne, filière de Ressources HPQ Silicium inc, a reçu l’appui des 24 propriétaires privés, qui représentent 32 lots immobiliers différents, afin d’avoir accès à leurs propriétés. Cet accord était nécessaire pour que la compagnie puisse poursuivre son programme d’exploration géophysique. 

«Ça a été fait très respectueusement, et donc je ne suis pas surpris que les gens soient ouverts d’esprit. La méthode de la compagnie était celle de créer un dialogue», a commenté le maire de Saint-Simon-les-Mines, Martin Saint-Laurent. 

Une rencontre publique avait aussi été organisée en novembre dernier pour dissiper les craintes que certains résidents entretenaient à l’égard du projet. «Les gens étaient méfiants avec des histoires comme à Malartic [en Abitibi]. Ça vise leur propriété foncière et ils ne veulent pas voir leur petit village changer», a souligné le maire. 

Malartic, cette communauté abitibienne située à quelques kilomètres à l’ouest de Val-d’Or, héberge la plus grande mine à ciel ouvert de tout le pays. Une histoire qui laissait craindre le pire à quelques citoyens, qui n’ont pas hésité à poser la question aux représentants de la compagnie ainsi qu’aux experts réunis lors de la séance publique. 

«La réponse à ça, c’est fort probablement que non», a répondu le président de HPQ Silicium, Patrick Levasseur, questionné sur le sujet. «Nos géologues croient que s’il y a une découverte, elle serait fort probablement très concentrée et très localisée.»

Le président de HPQ Silicium rappelle que l’extraction de l’or nécessite «un autre degré d’acceptabilité sociale». «Si jamais on découvre de l’or, c’est d’une tout autre ampleur», a-t-il spécifié, rappellant les nombreuses étapes à franchir avant de débuter de telles activités. 

Pour l’heure, M. Levasseur refuse de s’avancer sur la date précise du début de la phase d’exploration. «Tout est en place pour que ça arrive bientôt», s’est-il contenté de dire. Les Champs d’or de la Beauce concentre ses énergies pour intégrer la bourse de Toronto afin de financer ses activités d’exploration. 

Ruée historique

La conquête du précieux métal doré possède une longue histoire pour cette municipalité de 500 habitants. Depuis le 19e siècle, les activités minières ont permis d’extirper des centaines de milliers d’onces d’or de cet endroit. 

Mais le projet présenté aux citoyens prend une toute mesure : cette fois, les géologues et la compagnie minière cherchent à trouver la «vraie» mine d’or, celle d’où l’or qu’on extrayait autrefois proviendrait. «La source mère», illustre Patrick Levasseur, président de HPQ Silicium. 

C’est que tout l’or qu’on a jusqu’à ce jour extirpé de Saint-Simon-les-Mines est de type «placer», explique M. Levasseur. Cela signifie que l’or, qui provient d’un gisement mère, s’est érodé de celui-ci puis, transporté par une force de la nature, a formé un nouveau dépôt grâce à la gravité. C’est la raison pour laquelle on a entre autres repêché d’imposantes pépites dans la rivière Gilbert, dont une pesant 51 onces.

«Après 150 ans, c’est le temps qu’on réponde à la question s’il y a un gisement!» s’est exclamé M. Levasseur, dont les projets d’exploration visent à identifier le lieu de cette «source mère». 

Ce dernier croit que la région pourrait connaître une autre ruée vers l’or, semblable à celle qui a débuté au Yukon en 2008. Rappelant que la première vague d’exploration en terrains aurifères au Canada a été réalisée en Beauce dans les années 1800, les retombées de la simple exploration minière peuvent se chiffrer en millions. Au Yukon, M. Levasseur les estime à près d’un milliard de dollars. «Il y a un temps où il y avait 2000 mineurs à Saint-Simon-les-Mines. Il y a là un histoire très riche d’activité minière qui a été oubliée», a-t-il avancé, convaincu qu’un projet minier créerait plusieurs opportunités d’emploi intéressantes pour les résidents du village. 

Depuis 2010, M. Levasseur et ses associés tentent de découvrir la provenance du métal jaune sur ce territoire. Pour y parvenir, des forages ont notamment été réalisés alors que la compagnie portait le nom d’Uragold Bay Resources. Cette dernière est devenue en 2013 HPQ Silicium, après que le mandat de l’entreprise eut été revu.