Une quinzaine de maraîchers sont présents au marché public du Village western Kapibouska, chaque vendredi.
Une quinzaine de maraîchers sont présents au marché public du Village western Kapibouska, chaque vendredi.

Un vif succès pour le marché public du Village western Kapibouska

SAINT-TITE — Malgré l’annulation de sa programmation régulière cet été et cet automne, le Village western Kapibouska de Saint-Tite a su trouver une façon de tirer son épingle du jeu. Depuis la fin du mois de juin, un marché public s’est installé sur ce site, sur la rue Notre-Dame. Une formule qui a séduit rapidement les Saint-Titiens comme les visiteurs de l’extérieur de la ville, selon l’organisation.

Le marché a lieu les vendredis, de 16h à 19h, depuis le 26 juin. Pour permettre à ses visiteurs de circuler, la rue Notre-Dame est fermée à la circulation automobile entre les rues Adrien-Bélisle et Saint-Gabriel tant que le marché est ouvert. Les exposants, soit une quinzaine de maraîchers des MRC des Chenaux et Mékinac, sont installés dans les cabanes du Village western et dans celles prêtées par le Festival western de Saint-Tite, ainsi que dans l’hôtel Grand Nord.

La présence d’un marché public à Saint-Tite n’est pas nouvelle: il y en avait déjà eu un il y a plusieurs années, alors qu’André Léveillé, cofondateur de Kapibouska, était maire.

«Ça avait eu un bon succès, mais on avait fermé parce que les producteurs n’avaient plus le temps de venir: le marché avait lieu le samedi et eux, ils devaient être dans le champ cette journée-là, quand la météo le permettait. C’est pour ça qu’on avait fermé. Mais pendant l’hiver, on a rencontré quelques maraîchers qui ont exprimé leur intérêt. Et vu que c’est vers la fin de la journée et à la fin de la semaine de travail, c’est un bon moment tant pour les maraîchers que pour les citoyens», explique M. Léveillé.

Après de nombreux échanges avec les maraîchers, il a donc été décidé de ramener un marché public à Saint-Tite, non sans le travail acharné de la coordonnatrice du Village western Kapibouska, Marisol Gélinas, souligne André Léveillé. Un travail qui semble porter ses fruits jusqu’à présent.

«Ça fait deux vendredis que je suis là et je suis très content. Je vois les maraîchers qui manquent de stock et qu’il y a beaucoup de touristes présents. C’est très diversifié comme produits. À date, on est très satisfaits, très heureux du déroulement du marché public», se réjouit M. Léveillé.

L’organisation s’assure par ailleurs de respecter et de faire respecter les règles de distanciation sociale. Un système de circulation à sens unique de kiosque en kiosque a été établi et un comédien, le shérif, est chargé de faire respecter la distanciation entre les visiteurs, le tout dans l’humour. Des tables à pique-nique ont été installées, et une fois leurs achats complétés, les visiteurs peuvent également se rafraîchir à la microbrasserie À la Fût, dont l’un des copropriétaires, Philippe Dumais, est également derrière l’organisation du Village western Kapibouska. La microbrasserie fournit par ailleurs l’électricité au marché public.

Engouement pour l’achat local

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le succès du marché public. Le désir de bouger et de sortir de chez soi, alors que les Québécois ont passé de longues semaines confinés chez eux, en fait partie. Mais André Léveillé sent également un fort engouement pour l’achat local, ce qui aide naturellement des initiatives comme celle du marché public.

«Il y a vraiment un engouement pour les produits du terroir, une sensibilisation des gens à l’achat local. C’est un point qui nous aide, un gros plus pour nous. Les gens viennent découvrir les maraîchers, les nouveaux produits qui se cultivent et se fabriquent dans notre région», souligne-t-il. L’emplacement du Village western contribue aussi, selon lui, à cet attrait, avec de l’espace de stationnement à proximité et la sécurité que procure la fermeture de la rue.

Projet à long terme

Bien que ce projet arrivait à point, avec l’annulation des activités du Village western, il ne s’agit pas d’une réponse à la COVID-19 et ses conséquences, en particulier sur le milieu culturel et événementiel. Ce qui veut dire que, si la formule continue à bien marcher jusqu’au 25 septembre, le marché public pourrait revenir d’année en année.

«Si on reprend nos activités, c’est le samedi et le dimanche. Donc, ça nous donnerait une vocation supplémentaire. On veut continuer le Village western, mais ça, ça va être un complément qui justifie les investissements», explique M. Léveillé.