Marie-Pier Matteau est la présidente du Conseil régional des partenaires du marché du travail de la Mauricie. Sur la photo, elle est accompagnée du directeur général de l’organisme, Éric Simard.

Un travail d’équipe

TROIS-RIVIÈRES — Le problème de recrutement de main-d’œuvre vécu par de nombreuses entreprises va se régler à condition que tout le monde travaille ensemble et que toutes les clientèles d’emploi soient mises à contribution, croit Marie-Pier Matteau.

La présidente du Conseil régional des partenaires du marché du travail de la Mauricie est bien placée pour connaître les besoins des entreprises en matière de personnel. Conformément à sa mission, le Conseil régional effectue entre autres des recommandations au gouvernement concernant la main-d’œuvre, participe aux stratégies d’emploi et identifie les cibles d’intervention. Réunissant des entrepreneurs, des intervenants des secteurs communautaire et scolaire et des représentants syndicaux, le Conseil a le pouvoir de faire des représentations auprès des instances gouvernementales afin d’ajuster la formation aux besoins d’emploi.

Quelque 25 personnes siègent à cette table qui est le dernier organisme de concertation régional. La présidente affirme que le Conseil régional a la volonté d’être plus présent à propos de la main-d’œuvre.

«D’ici 10 ans, il y aura 1,4 million d’emplois disponibles au Québec. D’ici 2021, 28 000 emplois seront disponibles en Mauricie, dont 24 000 à la suite de départs à la retraite. Les opportunités d’emploi sont excellentes en Mauricie avec un haut taux de placement. Le Conseil a la volonté de mobiliser davantage les acteurs de la région. On a de belles initiatives comme la Communauté entrepreneuriale de Shawinigan, TRès Trois-Rivières. On sait ce qu’il nous faut. Il faut travailler ensemble. Il faut arrêter d’avoir peur que l’autre nous enlève quelque chose», raconte Mme Matteau.

Travailler ensemble, c’est profiter de la force de chaque pôle de la Mauricie pour réussir à contrer la rareté de la main-d’œuvre. C’est aussi miser sur toutes les ressources de main-d’œuvre disponibles.

«Ici, il y a une rareté de main-d’œuvre, et pas une pénurie, précise Mme Matteau. Il y a trop de gens aptes au travail et qui ne travaillent pas: nous avons 7500 personnes sur l’assurance-chômage et 7500 personnes sur l’aide sociale. Pour inciter ces gens à travailler, il faut les accompagner dans la valorisation du travail. Ce sont des gens loin du marché de l’emploi, car ils sont loin de l’accomplissement, ils ont vécu des échecs scolaires. En leur donnant du soutien, ça marche dans certains cas. Mais il faut être prêt à s’investir comme entrepreneur.»

L’immigration fait partie des clientèles à considérer lorsque les entrepreneurs veulent pourvoir des postes. Mme Matteau souligne que d’autres types de clientèle doivent être ciblés.

«Nous avons fait des recommandations afin d’assouplir les mesures fiscales pour les travailleurs expérimentés. Il y a les personnes handicapées. Oui, ça demande une adaptation, mais comme entrepreneur, tu vas miser au bout du compte sur du personnel fidèle et loyal, comme pour la main-d’œuvre expérimentée.»

Marie-Pier Matteau rappelle que la difficulté de recruter de la main-d’œuvre a un impact direct sur les projets de développement des entreprises. «On est dans la quatrième révolution industrielle. Pour l’immigration internationale, il faut des mesures d’accueil et des mesures de reconnaissance de diplomation adaptées. Pour la migration interrégionale, il y a de la main-d’œuvre à Montréal. Il faut attirer les travailleurs en améliorant la mobilité, en mobilisant le milieu de vie. La MRC de Maskinongé le fait en les accueillant, en travaillant avec le SANA. Mais il nous manque des outils concrets: la mobilité et l’accès au logement.»

La présidente du Conseil régional estime que les gens d’ici ont aussi un travail à faire pour mieux se faire connaître. Parler du coût de la vie et de l’accès à la propriété, informer de la présence d’écoles de niveau supérieur, discuter de l’absence ou presque de congestion routière et signaler l’accès à de nombreux attraits et événements culturels vont aider la région à profiter d’une image plus attrayante.