Jean-Luc Bellemare, propriétaire du camping du lac Bellemare, assure qu'il possède un plan B si ses chalets ne peuvent être construits.

Un référendum ou un projet abandonné?

Les opposants à la construction de 13 chalets locatifs au camping du lac Bellemare, à Saint-Mathieu-du-Parc, ne lâchent pas le morceau. Lors de la tenue de registre organisée vendredi, 43 signatures ont été recueillies, alors qu'il n'en fallait que 26 pour forcer le conseil municipal à décider entre l'abandon de la modification au règlement de zonage ou l'organisation d'un référendum. Les élus annonceront leur position à la prochaine assemblée régulière, le 5 juin.
Le résultat du registre porte à réflexion, puisque le bassin de personnes habiles à voter s'élève à 155 individus dans la seule zone qualifiée pour ce processus. Les opposants se sont-ils tous exprimés vendredi, ou en reste-t-il en réserve pour un éventuel référendum? C'est ce que les élus devront évaluer au cours des prochains jours.
Après le dévoilement du résultat, le maire, Claude McManus, n'a rien voulu laisser transparaître de ses intentions. Émile Simard, opposant au projet, s'est déplacé au bureau municipal en début de soirée et il semblait satisfait du résultat de cette mobilisation. Il souhaite surtout que le conseil municipal saisira le message et qu'il décidera de tout simplement mettre fin au processus de changement de zonage essentiel pour permettre au promoteur de construire ses chalets.
«Nous avons atteint presque le double de signatures nécessaires», fait-il remarquer. «Je souhaite qu'il n'y ait pas de référendum, mais s'il y en a un, on le fera.»
Pas très loin de là, le propriétaire du camping, Jean-Luc Bellemare, s'affairait sur son terrain en début de soirée, sollicité par l'arrivée des premières roulottes de cette jeune saison. Son message demeure limpide: s'il ne peut construire ses chalets, il développera encore davantage les rives du lac pour accueillir encore plus de campeurs. Il n'est pas convaincu qu'entre deux maux, les opposants choisiraient le moindre en bloquant son projet.
«Je me doutais un peu du résultat», réagit-il. «J'ai un plan B et s'il le faut, je vais m'en servir. Je ne serai pas perdant, d'une façon ou d'une autre. Si je développe de nouveaux terrains, ça nécessitera même moins d'investissements et ce sera rentable plus rapidement. La demande est là.»
M. Bellemare répète que les élus entendront parler de lui s'il ne peut construire ses treize chalets, puisqu'il prétend avoir engagé des frais d'environ 15 000 $ en services professionnels pour réaliser ce projet, avec l'aval de la Municipalité. 
«Je n'ai pas investi ça pour rien», assure-t-il. «Si je ne peux pas aller plus loin, il va se passer quelque chose...»
Les opposants redoutent une perte de quiétude si des chalets apparaissent au camping. D'une façon ou d'une autre, M. Bellemare est disposé à tenir un registre de plaintes à l'avenir, pour démontrer aux riverains que les nuisances ne viennent pas systématiquement des campeurs. Dès qu'un méfait sera rapporté, il s'offre pour se rendre sur les lieux, avec un représentant de l'Association des lacs Bellemare et Bill, pour prendre connaissance des détails et régler la situation.
«Je vais leur prouver que le bruit ne vient pas toujours du camping», mentionne le promoteur. «Les gens ne viennent pas ici pour fêter, mais pour avoir de la tranquillité et du respect.»