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Les phases 3 et 4 du Faubourg du Ruisseau seront aménagées dans un boisé qui se rend jusqu’à la piste cyclable.
Les phases 3 et 4 du Faubourg du Ruisseau seront aménagées dans un boisé qui se rend jusqu’à la piste cyclable.

Un quartier vert à venir dans un boisé à Nicolet

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Près de dix ans après avoir entrepris le développement domiciliaire du Faubourg du Ruisseau à Nicolet, l’ensemble des terrains des deux premières phases sont maintenant vendus et un nouveau groupe de promoteurs s’apprêtent à développer les phases 3 et 4 dans un immense boisé qui se rend jusqu’à la piste cyclable.

S’ils prévoient que pourraient s’ajouter dans le secteur près de 200 terrains pouvant accueillir des immeubles unifamiliaux, multifamiliaux, jumelés et peut-être même une nouvelle école primaire de six à huit classes, les promoteurs du Faubourg du Ruisseau Nicolet assurent de leur intention de conserver un maximum de couvert forestier et de minimiser leur impact écologique.

D’abord, une importante bande boisée de plus de 700 000 pieds carrés et de 40 à 50 mètres de largeur longeant le cours d’eau Denis-Proulx sera conservée, ce qui représente l’équivalent de plus de sept terrains de football de sentiers. Une piste de ski de fond qui se situe où sont projetées les deux phases pourrait d’ailleurs être redirigée vers cette bande verte ou encore, être développée ailleurs dans la ville.

Le promoteur entend également déboiser seulement 20 % à 25 % de la superficie concernée pour les infrastructures. De plus, sur les 2,4 kilomètres de nouvelles rues qui devront être construites, ce sont 1,5 km qui le seront dans la partie boisée.

Les terrains seront également vendus sans déboisement aux propriétaires afin qu’ils puissent garder le nombre d’arbres qu’ils souhaitent lors de la construction de leur immeuble.

Les services, dont les lignes d’Hydro-Québec, seront installés à l’avant des lots pour s’assurer de conserver davantage d’arbres.

Un nouveau règlement sera aussi imposé pour la conservation d’une bande minimale de 3 mètres en cour arrière, portant à six mètres la bande entre deux terrains. Les propriétaires devront également planter un certain nombre d’arbres dans la partie qui aura été déboisée.

Par ailleurs, avant que la Ville de Nicolet approuve le lotissement des deux prochaines phases, le promoteur devra déposer une étude de caractérisation du milieu forestier pour s’assurer que les milieux sensibles à forte valeur écologique soient retirés de l’espace à subdiviser. Ceux-ci pourront être transformés en parcs, en espaces publics, en sentiers ou encore, être conservés à l’état naturel. Par la suite, une entente sera signée par rapport aux superficies boisées qui seront à maintenir.

«C’est une grande nouveauté à la Ville de Nicolet. On parle de lotissement durable. C’est assez novateur, souligne le directeur général, Mathieu Audet. Le but n’est pas de mettre des bâtons dans les roues des promoteurs, mais c’est de travailler avec eux pour qu’ils puissent se démarquer à l’échelle nationale. (…) Le quartier qui est proposé est durable, attrayant et on pense que les jeunes familles et les retraités vont le choisir.»

«C’est un quartier de marque qui sera développé en respect de la nature en place, ajoute la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois. Nicolet se démarque sur plusieurs points et ces deux nouvelles phases vont offrir un mixte parfait entre nature et ville.»

Un projet de longue haleine

Ce n’est toutefois pas à court terme que les prochaines phases pourront voir le jour. Les promoteurs doivent d’abord finaliser l’acquisition des terrains non desservis du groupe de Mario Beaumier, Yves Paris et Gaétan Saint-Pierre, qui ont réalisé les deux premières phases.

Ils devront également obtenir leur certificat d’autorisation environnemental, ce qu’ils prévoient recevoir d’ici l’automne 2022 ou le début de 2023, après avoir complété les différents documents nécessaires pour loger leur demande dès l’automne.

Des travaux commenceront toutefois cette semaine en vue de mener l’étude géotechnique au cours de l’été. «Il y aura une bande de déboisement qui sera entreprise pour aller faire des tests de sol. Ça va nous permettre de pouvoir continuer notre conception des rues à définir», mentionne Guillaume Pouliot, le représentant du groupe de promoteurs du Faubourg du Ruisseau Nicolet.

Une fois qu’ils auront en main toutes les autorisations, les promoteurs espèrent pouvoir vendre les terrains sur une période de cinq à dix ans. Une fois que le tout aura été complété, une cinquième phase est dans les cartons et viendrait se raccorder à un autre projet domiciliaire qui implique le prolongement de la rue Denoncourt.

Pour ce qui est des deux premières phases du projet qui avait été mis en marche en 2010 sur un terrain qui avait accueilli les anciennes tours de diffusion de CHLN pendant près de 50 ans, l’ensemble des 200 terrains ont été vendus.

Il reste environ une trentaine de maisons à construire et l’asphaltage d’une rue à compléter, indique Gaétan Saint-Pierre. «Cette année, il y a des gens qui ont dû retarder leur projet de construction en raison de la rareté de la main-d’oeuvre. Il n’y avait pas d’entrepreneurs pour faire le travail, sauf que les terrains vont tous être occupés l’an prochain», croit-il.

Si plusieurs étaient sceptiques lors du lancement du projet, les promoteurs ne sont pas si surpris d’avoir réussi à remplir les deux premières phases en seulement dix ans. «On se disait que c’est un scénario dans l’optimiste. Parce qu’on est conscients que nous sommes à Nicolet et qu’il y a de la compétition. Parce qu’il y a d’autres secteurs. Par contre, il y a eu comme une polarisation vers ce secteur-là», souligne Gaétan Saint-Pierre qui indique que la proximité des services et l’emplacement du secteur à la sortie de la Ville ont été des facteurs facilitants.

Comme ils avancent en âge, les trois promoteurs impliqués dans les deux phases initiales ont décidé de faire la transition et de passer le flambeau étant donné qu’il faut un certain temps avant de rentabiliser les efforts qui sont consentis. «On avait une décision à prendre, plaide M. Saint-Pierre. On a eu une opportunité avec ces gens-là, qui sont plus jeunes et plus dynamiques, qui arrivent avec de nouvelles idées, de nouvelles façons de voir.»

La mairesse Geneviève Dubois a également rappelé que le développement du Faubourg du Ruisseau est dans l’air depuis un peu plus d’une vingtaine d’années. Elle indique que l’usage résidentiel avait été inscrit au Schéma d’aménagement de la MRC de Nicolet-Yamaska avant la fusion et qu’il a ensuite été inscrit au plan d’urbanisme de la Ville de Nicolet en 2004.

«Ce n’est pas un nouveau projet, a-t-elle rappelé. C’est prévu depuis longtemps. Maintenant, il ne nous reste qu’à nous pencher sur la façon dont ce quartier sera développé étant donné le nombre d’arbres qui s’y trouvent.»