Les bateaux de plaisance devraient se multiplier sur la rivière Saint-Maurice dans le secteur Grand-Mère au cours des prochaines années, avec la construction de la marina tant attendue.

Un projet qui scelle l'avenir du balisage

Ceux qui se demandent si les intervenants politiques de la région poursuivront le projet de balisage de la rivière Saint-Maurice après une première expérience de cinq ans qui se termine le 31 décembre 2017 ont obtenu leur réponse mercredi matin. Impossible d'imaginer la construction d'une marina d'une telle ampleur à Shawinigan sans garantie de navigabilité sécuritaire jusqu'à La Tuque.
Julie Boulet, ministre du Tourisme et responsable de la Mauricie, entend les réserves de certains maires de son comté, particulièrement dans la MRC de Mékinac. Dans son esprit, il ne fait toutefois aucun doute que tout le monde souhaite une rivière navigable et sécuritaire sur 130 kilomètres, entre le secteur Grand-Mère et La Tuque.
«Il y a peut-être des choses à apporter pour améliorer ce qu'il y a actuellement», glisse-t-elle. «Mais tout le monde convient que c'est une avenue intéressante, qui permet de développer l'ensemble des secteurs tout le long de la rivière. On va regarder quel est le problème, mais ce qu'on souhaite, c'est que ça demeure une voie navigable de Grand-Mère à La Tuque.»
«Il y a eu des ajustements et il en reste à faire», poursuit Mme Boulet. «Il y a aussi une question de financement, surtout pour les plus petites municipalités. Je ne tire pas la serviette, pas du tout. Je pense qu'il y a un avenir là, parce que c'est une voie navigable extraordinaire. Il faut s'asseoir avec l'ensemble des partenaires et regarder quelles sont les avenues. Tout le monde est d'accord
avec le balisage de la rivière, mais c'est un produit qui mérite des ajustements.»
Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, est encouragé par la progression du nombre d'usagers depuis le début du projet de balisage. L'an dernier, le nombre d'embarcations avait enregistré un bond de 84 % à la marina de l'endroit par rapport à 2015. Malgré un début d'été exécrable en 2017, 279 bateaux avaient été enregistrés au 23 août, comparativement à 238 à pareille date en 2016. Lors de la toute première année complète d'exploitation en 2014, 85 embarcations avaient été recensées. 
Combien d'entre elles viennent de La Tuque? Selon le bilan provisoire de 2017, les 279 bateaux compilés transportaient 478 personnes. Sur ce nombre, 95, soit 20 %, provenaient de La Tuque. Le reste arrivait de l'extérieur, dont 24 % de Montréal.
Dans ce contexte, M. Beaudoin salue le projet de marina à Shawinigan, confiant qu'il permettra de stimuler encore davantage l'intérêt pour la navigation.
«La rivière Saint-Maurice doit être utilisée pour du développement», commente-t-il. «C'est ce que je dis aux gens de Mékinac. Nous avons un beau plan d'eau de 130 kilomètres à naviguer. Les revenus de taxes de ces développements me permettront d'aider à payer les dépenses pour le balisage.»
M. Beaudoin observe de moins en moins de réserves à La Tuque sur la nécessité de poursuivre ce projet, mais il réitère que si la population émet des doutes sur la rentabilité, il se retirera de l'entente. 
«Jusqu'ici, ça a l'air très bien», fait-il remarquer. «Je vais montrer ces chiffres en assemblée publique.»
Précisons que du côté d'Hydro-Québec, Lucie Roy, conseillère en relations avec le milieu, confirme que la société d'État a déjà manifesté l'intérêt de reconduire son partenariat. Depuis 2015, Hydro-Québec gère le débit de la rivière Saint-Maurice pour assurer une navigation sécuritaire entre Grand-Mère et La Tuque du vendredi au dimanche, du 1er juillet au 15 septembre. Les mêmes conditions s'appliqueraient à compter de 2018.
De toute beauté, mais...
Quelques maires de la MRC de Mékinac s'étaient déplacés à Shawinigan pour cette importante conférence d'information. À l'unanimité, Daniel Petit (Grandes-Piles), Lucien Mongrain (Trois-Rives) et Bernard Thompson (Hérouxville, également préfet de la MRC) sont éblouis par cette nouvelle marina. Ce qui ne règle pas leurs interrogations sur la navigabilité.
«En ce qui concerne le balisage, on attend!», résume M. Mongrain.
«On va laisser le temps passer un peu», ajoute M. Petit. «On leur a demandé de faire leurs devoirs. C'est beau demander de l'argent, mais il faut savoir où on s'en va et présentement, on ne le sait pas. Quand nous aurons plus de données, nous serons en mesure de prendre une décision.»
«La MRC de Mékinac renferme trois municipalités riveraines», ajoute le maire de Grandes-Piles. «Les sept autres se demandent quel est leur intérêt. Mais le balisage doit être un projet régional.»
Toujours soucieux de connaître le plan de développement qui suivra cette première expérience de cinq ans, M. Thompson semblait particulièrement éberlué par l'ampleur de la marina de Shawinigan telle que présentée.
«C'est immense», lance-t-il. «Je laisse le soin aux gens de Shawinigan de juger la valeur de ce projet dans les circonstances. On n'a pas l'habitude de projets d'envergure semblable. Ça étonne, mais ça pourrait apporter beaucoup.»