François-Philippe Champagne s’est adressé aux membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan, mercredi matin à l’Auberge Gouverneur.

Un projet qui avance en sourdine

Shawinigan — Plusieurs sujets de compétence fédérale ont été abordés dans le cadre de la conférence offerte par le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, mercredi matin devant 55 membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Shawinigan. Le projet de train à grande fréquence entre Québec et Windsor, absent du dernier budget fédéral, n’en faisait toutefois pas partie.

Pendant une quarantaine de minutes, le député de Saint-Maurice - Champlain s’est appliqué à parler des investissements stratégiques dans les infrastructures, en n’oubliant pas quelques projets régionaux qui alimenteront assurément son bilan. Le ministre n’a toutefois pas cru bon en rajouter sur le projet de train à grande fréquence, après avoir assuré, le mois dernier après le dépôt du budget, que ce dossier avançait toujours bien. Une marotte qui sème une certaine insécurité dans la communauté.

Même Marco Champagne, président de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, n’a pas effleuré le sujet lorsqu’il a adressé une question au ministre, après son allocution. Il était plus intéressé à connaître sa position sur l’agrandissement de l’aérogare, plus particulièrement si une décision pouvait être prise avant la fin de la session parlementaire, le 21 juin. Le conférencier n’a pu donner aucune garantie là-dessus, mais il a glissé qu’il s’agissait d’un dossier complexe en raison de la taille moyenne de l’aéroport.

Pourquoi avoir escamoté le dossier du TGF? Le président de la CCITR mentionne qu’il avait déjà fait connaître sa réaction le mois dernier. Il continue de prôner la patience, faute de mieux.

«Depuis le début, je dis que ce serait un projet structurant pour la région», rappelle le ministre. «Je comprends que les gens ont beaucoup d’attente, mais j’aime mieux être méthodique et travailler pour que ça se réalise.»

«C’est un projet qui suit son cours», martèle-t-il. «Poser des questions comme le fait l’opposition, ça ne fait pas avancer le projet d’un kilomètre. Mais travailler de façon structurée, comme dans d’autres dossiers, ça fera aboutir - j’ai bon espoir - ce projet-là.»

«Nous avons des études à faire. C’est un projet de plusieurs milliards $, avec des centaines de ponts et ponceaux, alors il faut être prudent avec les échéanciers. Nous serions en mesure de nous inquiéter s’il n’y avait pas d’avancement, mais de l’intérieur, je vois que des choses avancent. Comme dans les dossiers de la téléphonie cellulaire, d’Internet, du centre fiscal ou du Parc national de la Mauricie, nous avons travaillé de façon méthodique et nous sommes arrivés à des résultats.»

Sur le plan de la mobilité, le conférencier a tout de même souligné qu’un projet de transport était étudié actuellement, en collaboration avec Shawinigan et Notre-Dame-du-Mont-Carmel, pour les employés du Centre national de vérification et de recouvrement. Donald Angers, président-directeur général du C3E, faisait remarquer que plusieurs employés voyagent encore seuls.

«Nous avons pensé à un corridor structuré», avance le ministre. «Nous avons un fonds pour les autobus hybrides. À la rigueur, ils pourraient même être électriques! Je pense qu’on peut faire plus pour arrimer ça.»

Initiatives

François-Philippe Champagne a profité de cette tribune pour préciser que les libéraux avaient investi 240 millions de dollars en Mauricie depuis trois ans, sans compter les sommes, encore imprécises, prévues pour l’éventuelle construction du nouveau Centre national de vérification et de recouvrement.

Ces montants ont notamment permis d’investir dans les infrastructures et la connectivité le long de la route 155. Patrice Bergeron, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Haut-Saint-Maurice, a toutefois rappelé au ministre qu’il restait du travail à faire pour obtenir une couverture cellulaire complète entre Shawinigan et La Tuque.

Au plan national, François-Philippe Champagne se réjouit particulièrement du taux de chômage historiquement bas en Mauricie comme au Canada et des traités internationaux qui ont abaissé les barrières commerciales, au profit des entreprises exportatrices.

«Le Canada est devenu au cœur du commerce du monde», résume-t-il. «C’est le seul pays G7 à avoir un accord de libre-échange avec tous les autres pays du G7.»