Le comité organisateur du Gala Mauriciennes d’influence: à l’avant-plan, Karine Richard et Joanne Blais, respectivement agente de projet et directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie. À l’arrière, Yvana Labouba, co-animatrice du gala, Annick Awashish, représentante femme Atikamekw et Joëlle Carle, co-animatrice et présidente d’honneur.

Un plafond de verre encore présent

TROIS-RIVIÈRES — Bien qu’avec le temps, les femmes ont réussi à investir les lieux de décision où elles étaient jadis absentes, le plafond de verre de la parité demeure intact, constate Joanne Blais, directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), en marge du gala 20e anniversaire et de la remise des prix Mauriciennes d’influence. Pour elle, la proportion de femmes dans les postes de décision stagne autour de 30 % dans la région, encore loin de la zone paritaire.

L’objectif de Mauriciennes d’influence est précisément de favoriser l’ascension des femmes vers les instances de décision et la politique. D’abord un programme de sensibilisation, d’éducation et de réseautage, il reconnaît l’apport de femmes qui se sont ainsi démarquées par la remise de prix, aux deux ans, depuis 2010.

Huit lauréates

Ce sont Nicole Poirier et Joëlle Carle, grandes gagnantes des prix de 2017 qui ont procédé à la 5e remise des grands prix, jeudi soir à Trois-Rivières, dans le cadre du Gala soulignant les 20 ans de l’initiative.

C’est Michelle Plante, éducatrice spécialisée de formation et cofondatrice de l’organisme communautaire COMSEP qui a été sacrée Mauricienne d’influence 2019. Engagée dans le monde de l’éducation depuis 35 ans, la lauréate s’est impliquée dans divers conseils d’administration, tables de concertation et comités de travail de nombreux organismes.

Le titre de Mauricienne d’influence de la relève 2019 a quant à lui été décerné à Geneviève Rajotte-Sauriol. La jeune femme et Mauricienne d’adoption s’implique dans plusieurs sphères. Elle préside notamment le conseil d’administration de La Brouette, est membre des comités carboneutre et de développement durable de la MRC de Maskinongé et est cofondatrice de l’entreprise de communication Bleu forêt.

Dans la catégorie Art, culture, loisirs et sports, c’est le dynamisme et l’implication de la chanteuse et musicienne Sandie Letendre que l’on a salués. Celle qui œuvre à titre de directrice générale de la Cité de l’énergie de Shawinigan a une longue feuille de route, ayant entre autres œuvré à titre de directrice générale de la Corporation de développement des arts et de la culture de la Ville de La Tuque.

Marie-Pier Matteau a pour sa part été reconnue dans la catégorie Développement territorial, affaires et économie. Celle qui agissait encore récemment à titre de directrice générale de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières cumule plus de 25 ans d’engagement socio-économique dans sa communauté. Elle préside actuellement le Conseil régional des partenaires du marché du travail de la Mauricie.

Dans le domaine politique, la militante et féministe France Lavigne a vu son engagement et son implication soulignés. Mme Lavigne s’est notamment impliquée auprès de candidates et de candidats dans diverses campagnes électorales, en plus de prendre part à des commissions parlementaires, à titre de citoyenne.

Joan Hamel, porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine est de son côté lauréate de la catégorie Environnement, agriculture et agroalimentaire. Première vice-présidente d’Environnement Mauricie, on dit que c’est son travail d’influence qui a récemment poussé les villes de Nicolet et de Trois-Rivières à adhérer au mouvement des Communautés bleues.

L’importante implication auprès des communautés culturelles et des étudiants internationaux a valu à AL Hassania Khouiyi d’être reconnue dans la catégorie Éducation. Active dans de nombreux comités, elle a entre autres choses été vice-présidente aux communications à l’Association générale des étudiants et étudiantes de l’UQTR, en 2015.

Finalement, le travail et l’implication de Nadia Courchesne dans différents organismes, dont Culture Shawinigan, le SANA, la Chambre de commerce et d’industries de Shawinigan et une implication de 15 ans à Centraide Mauricie, lui ont valu d’être lauréate dans la catégorie Santé, services sociaux et communautaires.

Promouvoir le changement

Si le Gala se veut un moment festif, Joanne Blais ne s’empêche pas de souligner que beaucoup de chemin reste à faire. Elle prend pour preuve la récente décision par des élus de l’Alabama, majoritairement des hommes, de remettre en cause le droit des femmes à l’avortement. Ou, plus près de chez nous, le lancement de campagne de Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada, qui ne voit pas la nécessité d’encourager les femmes à se lancer en politique. «Ça nous préoccupe et c’est des raisons qui nous motivent d’autant plus à se dire qu’il faut continuer à encourager les femmes à être actives dans leur communauté, à militer, à s’impliquer et à faire valoir leurs besoins et leurs intérêts», martèle la directrice de la Table de concertation des femmes de la Mauricie.

Quant à savoir si l’on doit encourager les changements à prendre place ou faire montre de patience et laisser le temps faire son œuvre, Mme Blais plaide pour une attitude proactive. «C’est plus facile de dire que c’est les femmes qui ont d’autres choses à faire et que ça ne les intéresse pas que de faire une place aux femmes», soutient-elle.

«Dans un rassemblement de famille, autour d’un repas, si quelqu’un arrive, qu’il a envie de se joindre à la table et que toutes les chaises sont prises, si personne ne lui fait de place, cette personne-là ne se sentira pas bienvenue et n’aura pas envie de rester», laisse tomber la directrice, pour illustrer son propos.