Édith Gauthier, d’Agro-Sol, racontant son parcours, en compagnie des autres conférencières, Sophie Dupuis, de KiloSolution TR, et Marili B. Desrochers, de TI Performance.

Un parcours fertile en émotions!

Trois-Rivières — Sous le thème de l’entrepreneuriat au féminin, les membres de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières ont eu droit mercredi à une conférence plutôt émotive alors que trois femmes d’affaires ont raconté leur parcours ponctué de succès professionnels, mais aussi de défis personnels.

Pouvant difficilement retenir ses larmes en décrivant chaque étape de sa vie, Édith Gauthier, d’Agro-Sol, a témoigné de son arrivée dans l’entreprise familiale «par opportunisme» pour prendre la relève de ses parents, après une incursion dans le monde des assurances.

«Le confort, ça ne me fait pas vivre», a confié celle qui s’est alors mise à douter de sa place dans l’entreprise agricole. Mais, de son propre aveu, l’École d’Entrepreneurship de Beauce aura changé sa vie. «Cela m’a permis de me découvrir, de sortir de ma zone de confort pour aller là où la magie se produit», soutient celle qui aura vécu une séparation peu de temps après l’achat de la moitié des actions. «Je rêve d’équilibre, mais je n’y crois pas. Il faut arrêter de vouloir être bon, mais vouloir être bien», renchérit Mme Gauthier.

Pour Sophie Dupuis, de KiloSolution TR, c’est un livre de la nutritionniste Isabelle Huot qui s’est avéré un point tournant. «À 40 ans, j’ai vécu une grosse peine d’amour. Au bout de trois jours, je suis allée m’inscrire dans un gym. Comme cadeau, j’ai choisi le livre de nutrition au lieu du sac de sport. Cela a changé ma vie», admet celle qui était alors éducatrice en garderie.

Les bonnes habitudes alimentaires, combinées à une mise en forme, auront eu pour effet de lui faire perdre du poids. «Je publiais tout ce que je mangeais et j’ai commencé à recevoir des commandes», indique celle qui a finalement reçu le feu vert pour fonder KiloSolution TR.

La progression des ventes l’aura amené à agrandir ses installations et multiplier les points de cueillette. Malgré cela, elle dit avoir vécu plusieurs moments difficiles et même, «une période de désespoir» face aux défis de croissance. Mais un reportage sur son histoire paru dans Le Nouvelliste en janvier dernier aura eu comme impact de tripler sa clientèle. «La persévérance est une qualité très utile», a-t-elle soulevé dans sa présentation.

De son côté, Marili B. Desrochers parle d’un virage imposé dans sa vie, après avoir vécu le décès de son conjoint. Elle aura d’abord occupé des fonctions de gestionnaire dans les secteurs de la philanthropie et de l’éducation avant de démarrer TI Performance. «On carbure aux datas RH», avoue-t-elle.

Celle qui est souvent considérée comme une machine reconnaît avoir le défaut de ses qualités en aimant tout contrôler et son expérience l’amène à conclure «qu’arriver premier n’est pas toujours le meilleur résultat à atteindre».

«Ce que l’on peut nommer, on peut le gérer. Et j’aime avoir un plan de match», conclut celle qui annoncera en avril la création d’une nouvelle division au sein de sa firme dont 93 % de la clientèle est à l’extérieur de la Mauricie.