Denis Morin, directeur-conseil en entrepreneuriat à la Commission scolaire de l’Énergie.

Un outil pour élargir les horizons des jeunes

Shawinigan — Les initiatives reliées à l’entrepreneuriat élargissent les horizons des élèves au secondaire. Selon les résultats d’une étude réalisée en 2017-2018 dans 15 écoles de la Commission scolaire de l’Énergie, les jeunes haussent leurs ambitions pour leur parcours scolaire après avoir vécu cette expérience.

Ainsi, 11,7 % des élèves interrogés prévoyaient ne pas compléter leur secondaire avant de réaliser un projet entrepreneurial. Après celui-ci, cette proportion dégringolait à 3,1 %. Inversement, 25 % des étudiants anticipaient obtenir un diplôme universitaire avant d’avoir participé à un projet entrepreneurial, mais après y avoir touché, ce taux bondissait à 46,4 %.

«Il y a un basculement très intéressant, qui permet aux élèves du secondaire d’envisager les choses autrement parce que le projet leur permet de découvrir des voies, de nouveaux intérêts et une croyance en eux-mêmes qui leur permet d’envisager des défis plus grands que ceux auxquels ils aspiraient», constate Denis Morin, directeur-conseil en entrepreneuriat à la Commission scolaire de l’Énergie.

«La corrélation qu’on peut établir, c’est que le projet donne l’occasion aux élèves de rencontrer des entrepreneurs, de développer leur plein potentiel», ajoute-t-il. «Le projet d’entrepreneuriat change leur perception de l’école et les amène vers un optimisme nouveau. À la fin du projet, ils savent plus où ils veulent aller.»

Les résultats de cette deuxième étude, après celle réalisée en 2009-2010, ont été diffusés mercredi matin, à l’école secondaire des Chutes. Ils démontrent une consolidation ou une légère hausse des tendances observées à l’origine, de même qu’un enthousiasme grandissant des enseignants à intégrer cette philosophie dans leurs stratégies pédagogiques.

Réalisée sur une base volontaire, l’étude couvre cinq écoles secondaires et dix primaires sur le territoire de la commission scolaire. En tout, 21 enseignants, 190 élèves du primaire et 132 du secondaire y ont participé. L’objectif consistait à mesurer le degré d’appréciation de l’entrepreneuriat éducatif, inscrit dans le Plan stratégique de la Commission scolaire de l’Énergie depuis 2008 comme outil de persévérance et de réussite.

Au primaire comme au secondaire, les répondants ont mentionné, dans de très fortes proportions, avoir développé leur sens des responsabilités, leur esprit d’équipe, leur autonomie, leur leadership, leur persévérance, leur créativité et leur confiance en soi grâce à un projet entrepreneurial. L’enthousiasme se manifeste particulièrement chez les plus jeunes, puisque pas moins de 87,2 % d’entre eux se disent motivés à se rendre à l’école. Au secondaire, cette proportion chute à 65,2 % chez ceux qui ont participé à ce genre de projet, un résultat tout de même encourageant, souligne M. Morin.

«Le projet entrepreneurial au primaire prend beaucoup de place», fait-il remarquer. «L’enseignant titulaire généraliste touche à toutes les matières et fera souvent rebondir son projet au cours de la semaine. Au secondaire, on aura des périodes précises dans l’horaire où il y aura de l’entrepreneuriat. Au secondaire, quand on parle aux élèves de leur perception de l’école, il n’y a pas que l’entrepreneuriat!»

Note intéressante, les élèves des deux niveaux s’entendent sur ce qu’ils aiment et sur ce qu’ils apprécient moins dans le cadre de ces projets. Ainsi, pour eux, le travail d’équipe ou en comité, prendre des décisions et avoir des liens avec des gens de l’extérieur de l’école sont retenus comme éléments positifs. Par contre, écrire des lettres, faire des calculs, gérer de l’argent et parler devant un groupe les rebutent.

Mercredi matin, deux adolescents étaient invités à témoigner des retombées positives de leurs parcours. Dans le cas de Noah Cadieux, étudiant en concentration Développement numérique et entrepreneuriat, cette expérience lui a permis d’améliorer ses capacités à travailler en équipe. De son côté, Valérie Doucet prétend que depuis cinq ans, l’entrepreneuriat a contribué à éveiller son leadership, son sens des responsabilités et sa persévérance.

Enseignants
Évidemment, les enseignants jouent un rôle crucial dans cette expérience. À l’unanimité, ils mentionnent que l’entrepreneuriat leur a permis de renouveler leurs pratiques, de développer leurs propres qualités entrepreneuriales, d’atteindre leurs objectifs pédagogiques et d’utiliser un outil d’enseignement adéquat en milieu défavorisé. Tous les enseignants estiment que les facteurs de succès reposent sur le soutien des directions d’écoles, l’engagement des élèves et le soutien de la communauté.

En ce qui concerne les retombées, tous les enseignants interrogés sont convaincus que les projets entrepreneuriaux améliorent la persévérance scolaire et augmentent le sentiment d’appartenance de l’élève envers son école.

Au cours des dix dernières années, pas moins de 866 projets en entrepreneuriat ont été réalisés sur le territoire de la CS de l’Énergie, impliquant 15 857 élèves. «Vingt-six pour cent de la clientèle inscrite réalise annuellement un projet entrepreneurial», précise M. Morin. «Ailleurs au Québec, c’est 8 %.»