Le nouveau ministre Stéphane Billette lors de son assermentation le 11 octobre dernier, en présence du premier ministre Philippe Couillard.

Un nouveau ministre pour le Fonds de diversification

Trois-Rivières — «On voit que le Fonds a un bon élan et ça va se poursuivre pour les gens, les employés, les employeurs et la vitalité économique de nos régions. C’est ma priorité. La seule chose que je peux dire, préparez votre crayon. On a des projets qui sont prêts à être annoncés. On continue à travailler. Et le Fonds est plus bénéfique que souhaité.»

Voilà les premiers commentaires du nouveau ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l’Allègement réglementaire et au Développement économique régional, Stéphane Billette, qui hérite ainsi du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie de 200 millions de dollars.

Déjà, celui-ci n’est pas peu fier de souligner que près de 107 millions de dollars ont été accordés pour 349 dossiers depuis le 1er avril 2013, ce qui a permis de générer des investissements de plus de 643 millions de dollars, pour 3485 emplois créés et sauvegardés.

En ce qui concerne l’épicentre du tremblement de terre économique causé par la fermeture de la centrale nucléaire, soit la MRC de Bécancour, la contribution gouvernementale est de 26,4 millions de dollars pour la création et la consolidation de 334 emplois. Du côté de Trois-Rivières, le montant des interventions financières autorisées s’élève à près de 29 millions de dollars, pour un total de 912 emplois créés et sauvegardés.

«C’est un outil très important et ce qui est encore plus intéressant, les fonds sont gérés à partir du milieu. Selon les chiffres qu’on a jusqu’à maintenant, c’est autour de 3500 emplois qui ont été créés ou sauvegardés dans la région. Lorsqu’on parle d’emploi, c’est des familles, l’occupation de nos écoles, les commerces de détail qui peuvent suivre. On peut voir que jusqu’à maintenant, le succès est en place», a-t-il confié au Nouvelliste.

À l’instar de la «malheureuse fermeture de Gentilly-2», son comté de Huntingdon aura vécu, dit-il, sa part de fermetures d’usines dans le textile, la ville du même nom ayant aussi perdu 800 emplois. «On avait eu un fonds d’intervention. Lorsqu’on arrive avec un projet qui est souvent mobilisateur pour une région, d’avoir un fonds qui a un effet de levier peut faire une grande différence dans la réalisation ou non d’un projet», peut témoigner le ministre Billette.

Selon lui, sans ce type de programme, des projets n’auraient pas vu le jour. «On regarde maintenant dans Huntingdon, les usines sont toutes occupées presque à 100 %. C’est une diversification qui s’est bien prise. C’est un modèle que j’ai eu la chance ou la malchance d’avoir, car on ne souhaite jamais que nos gens perdent leur emploi, mais j’avais cette expérience avant d’arriver comme ministre», a-t-il souligné, évoquant la fermeture de la Goodyear à Valleyfield et de l’Alcan à Beauharnois.

Se disant conscient du danger de la monoindustrialisation, M. Billette se veut un ardent défenseur de la diversification économique et un programme tel que le Fonds de 200 millions de dollars peut s’avérer «l’élément déclencheur». «Lorsqu’on peut avoir un outil comme ça pour s’assurer de garder nos jeunes en région, je pense que c’est intéressant», affirme-t-il.

Celui-ci prévoit d’ailleurs se rendre à Shawinigan le 6 novembre prochain pour «voir exactement ce qui en découle du Fonds de diversification économique». 

«Il s’est fait vraiment des choses notables dans la région, il y a des modèles qu’on peut prendre. Les régions ne sont plus en compétition l’une contre l’autre, c’est la planète qui est en compétition contre nous», poursuit le nouveau ministre. 

Rappelons que le Fonds de diversification, qui devait se terminer le 31 mars 2018, fut prolongé jusqu’à ce que les enveloppes soient totalement engagées ou jusqu’au 31 mars 2023. 

Quant à l’enveloppe de 50 millions de dollars qui avait été réservée pour les territoires autres que ceux de la MRC de Bécancour et la Ville de Trois-Rivières et qui a totalement été engagée, elle fut bonifiée de 25 millions de dollars. 

Ce montant additionnel sera alloué à des projets se situant dans les MRC qui sont dévitalisées et qui démontrent des besoins importants en matière de diversification, soit Nicolet-Yamaska et L’Érable, Shawinigan, Mékinac, La Tuque, Maskinongé et Les Chenaux.

Finalement, pour la MRC de Bécancour et la Ville de Trois-Rivières, sont maintenant admissibles les projets de soutien à la relève entrepreneuriale, les entreprises du secteur primaire ayant un projet de première transformation ou de production de culture en serre de produits alimentaires et les coûts reliés aux équipements et à l’immobilisation pour les projets d’investissement liés à des accélérateurs d’entreprises.

Les aides financières consenties pour le financement d’études peuvent maintenant atteindre 10 % de l’enveloppe globale du Fonds, au lieu de 5 % et des mesures d’assouplissement pour les projets d’entreprises du secteur touristique ont été définies.