Le bâtiment devrait être livré au printemps.

Un laboratoire de 10M$ à Mashteuiatsh

Mashteuiatsh accueillera le centre de recherche sur le biochar le plus sophistiqué de la province. Québec a réitéré son appui à ce projet, lundi, en octroyant une subvention supplémentaire de 1,3 million $ pour la construction de l’immeuble dans le parc industriel de la réserve amérindienne.

Un peu plus de 10 millions $ seront investis dans le centre de recherche et de transfert technologique Agrinova-BioChar Borealis, dont la création a été annoncée au printemps dernier. Ottawa, Québec et la communauté injectent respectivement 5,9 millions $, 2,5 millions $ et 1,3 million $. 

Le projet n’est pas sans rappeler l’usine d’extrusion d’aluminium d’Alma, dont les équipements et l’immeuble ont été financés par les gouvernements et la ville. Le Centre de recherche portant sur la conversion thermochimique de la cellulose de bois sera sous la responsabilité d’Agrinova, qui est un centre collégial de transfert de technologie (CCTT) en agriculture associé au Collège d’Alma. Agrinova sera locataire de l’immeuble, mais propriétaire des équipements dont la valeur frôlera les 8 millions $. Le nouveau bâtiment appartiendra à Mashteuiatsh.

La construction du bâtiment a débuté cet automne et les équipements seront livrés avant l’été. Les premières activités de transformation de résidus forestiers sont prévues à la fin juillet. 

Le nouveau centre n’est cependant pas une usine, contrairement au projet almatois. Deux personnes devraient travailler dans le bâtiment au cours de la première année d’opération. Il s’agit davantage d’un centre de recherche, dont les résultats pourraient mener à de la création d’emploi, espèrent les partenaires. 

« Si on parlait de construire une usine de biocharbon, vous me demanderiez d’où je sors ça et avec raison. Il faut qu’on teste les processus, les mécanismes, qu’on s’assure que ça soit viable économiquement. Et cela va nous mener, je l’espère, à une construction d’usine à plus grande échelle, qui va créer certainement beaucoup plus d’emplois », a répondu le premier ministre Philippe Couillard, de passage à Mastheuiatsh lundi pour confirmer la subvention.

Avec des investissements de 10 millions $ dans ce centre, force est d’admettre que les gouvernements fondent de grands espoirs sur le biochar, communément appelé charbon de bois.

« Les gouvernements investissent, car c’est en effet intéressant. Et dans notre cas, ce n’est pas une entreprise qui est locataire, mais un centre de transfert technologique. C’est-à-dire qu’il n’y a pas juste une entreprise qui pourra bénéficier de la technologie, mais toutes celles qui sont intéressées », précise Patrick Giard, directeur général d’Agrinova. 

« Il est difficile de parler d’un nombre d’emplois, car ça peut évoluer rapidement. Nous avons d’ailleurs déjà des projets de recherches qui sont déposés et qui nécessiteront des ressources humaines », ajoute-t-il. 

Chef de la communauté, Clifford Moar mise également sur ce centre de recherche qui portera sur cette biomasse à caractère écolo (voir encadré). 

« Notre relation avec la terre a toujours été là. Donc quand on est capable de voir que, dans un avenir, on serait en mesure de développer des produits qui découleront de la recherche sur le biochar, pour nous c’est très intéressant. On souhaite devenir un leader dans la biomasse et c’est notre place. On prend le pari de le faire et de le démontrer à tout le monde », plaide M. Moar.

La MRC du Domaine-du-Roy et le fonds Résolu contribuent également au financement du centre de recherche.

Le ministre Geoffrey Kelley, le chef Clifford Moar, le premier ministre Philippe Couillard, le député Serge Simard et le directeur général d’Agrinova, Patrick Girard, ont tenu un point de presse lundi sur le projet de centre de recherche sur le biochar.

Qu’est-ce que le biochar?

Le biochar, communément appelé le charbon de bois, est une biomasse qui permettrait notamment d’améliorer la santé et la fertilité des sols. Plusieurs produits peuvent découler du biochar, dont des engrais. Il n’y a pas que le secteur agricole qui s’intéresse à cette matière. Le monde minier a également les yeux rivés sur cette biomasse pour les sols contaminés. Les entreprises forestières, dont des scieries, ont déjà manifesté leur intérêt à participer au projet. Elles souhaitent maximiser leurs opérations en transformant leurs résidus forestiers en biochar.

Le centre de recherche de Mashteuiatsh servira à faire des tests de conversion de la cellulose de bois en biochar par un procédé de pyrolyse développé par la société française Etia.