Le chantier de la résidence pour personnes âgées autonomes du Groupe Château Bellevue à Shawinigan s’active afin de respecter l’ouverture du complexe de 317 unités, prévue le 30 novembre 2019.

Un irritant enfin surmonté

Shawinigan — Le Groupe Château Bellevue est parvenu à surmonter l’épreuve des terrains contaminés pour son projet de Shawinigan, mais l’irritant n’a pas été réglé avant la fin juillet. Au bout du compte, les promoteurs ont dû se résoudre à repousser du 1er octobre au 30 novembre 2019 la date d’ouverture de leur complexe situé à proximité du Centre Gervais auto.

Mardi matin, environ 130 personnes se sont déplacées à l’Auberge Gouverneur de Shawinigan afin de prendre les dernières nouvelles sur les échéanciers de ce projet. Visiblement, l’épisode des terrains contaminés, au printemps, a insécurisé de futurs acheteurs. Le Groupe Château Bellevue tenait donc à organiser une séance d’information afin de rassurer tout le monde.

Rappelons qu’en janvier, les Entreprises G.N.P. de Victoriaville avait obtenu le contrat de réhabilitation environnementale du terrain de cette future résidence pour personnes retraitées autonomes pour un montant de 608 541 $. En mars toutefois, le conseil municipal de Shawinigan avait adopté deux résolutions en l’espace d’une semaine pour accorder deux directives de changement totalisant 746 417 $ à l’entreprise. La Ville croit que le degré de contamination du terrain en question avait été sous-évalué par les deux firmes d’experts qui avaient produit leurs recommandations, soit Roche Groupe-Conseil (devenu Norda-Stelo) et Pluritec.

Cette étape de réhabilitation environnementale s’est donc prolongée. En fait, le maire, Michel Angers, précise que le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques n’a finalement accordé son certificat d’autorisation pour la construction de l’immeuble que le 25 juillet dernier. La première moitié de l’année a donc été essentiellement consacrée à des travaux de décontamination.

Au début août, la Ville de Shawinigan a fait parvenir une mise en demeure aux deux firmes afin de les aviser qu’à son avis, elles se trouvaient en défaut par rapport à leurs obligations professionnelles de fournir une évaluation précise du degré de contamination du terrain, conformément aux attentes. Le montant des dommages n’a pas encore été évalué. En fait, la Ville doit calculer comment une estimation erronée l’aurait lésée, puisque de toute façon, elle aurait dû procéder aux travaux de décontamination.

«Quand on a un rapport qui nous dit qu’il y a un certain niveau de contamination, ça nous permet de négocier des ventes de terrain», illustre le maire. Rappelons que le lot controversé a été vendu 300 000 $ au Groupe Château Bellevue, alors que la Ville a payé près de 1,4 million $ pour le décontaminer.

«Il y a aussi des demandes de subventions qui peuvent être faites au gouvernement du Québec, à travers ClimatSol», enchaîne le maire. «Quand on a un portrait complètement différent de ce qu’on anticipait, la règle change.»

Le promoteur a également dû assumer des imprévus à la suite de cette déveine.

«Nous avons dû absorber certains coûts, notamment pour la décontamination», explique Frédéric Lepage, président-directeur général du Groupe Château Bellevue. «Pour nous, des délais plus serrés pour la réalisation du projet, c’est plus coûteux.»

Norda Stelo et Pluritec n’ont pas réagi aux prétentions de la Ville de Shawinigan, mardi.

Rassurants
Après la séance d’information, la direction du Groupe Château Bellevue a rencontré les journalistes. Visiblement, elle souhaitait tempérer les inconvénients de cet imprévu. Malgré cette controverse, pas moins de 65 % des 317 unités disponibles sont déjà réservées.

«Ce n’est pas la première fois qu’on rencontre des problèmes», fait remarquer Grégoire Turcotte, président, division développement des affaires de l’entreprise.

«Parfois, c’est la contamination, parfois, c’est l’obtention du permis... Dans la construction, il arrive toutes sortes d’affaires, mais la collaboration de la Ville et du ministère nous a beaucoup aidés.»

Évalué à 52 millions de dollars, ce projet comprend l’aménagement de 317 appartements sur dix étages. La direction prévoit la création de 65 emplois permanents. Actuellement, une quarantaine de travailleurs s’activent sur l’impressionnant chantier, mais dans quelques mois, on atteindra 200 personnes.

Fait particulier, le projet comprendra une «unité évolutive», réservée aux aînés qui éprouvent de légers problèmes cognitifs ou de mobilité.

«Ces personnes pourront demeurer dans un appartement conventionnel avec, au même étage, la salle à dîner et les services de santé», précise M. Lepage. «Les gens n’ont pas l’impression de vivre dans un hôpital.»

Les premières coulées de béton pour les fondations se déroulent ces jours-ci. En octobre et en novembre, les planchers du stationnement intérieur seront aménagés. En décembre, la structure d’acier fera son apparition dans le paysage. Au printemps 2019, les murs extérieurs et les fenêtres seront installés, de même que le gypse.

Pour M. Lepage, il était important d’arrêter la date du 30 novembre 2019 pour les futurs résidents. Les premiers déménagements devraient même s’effectuer deux semaines plus tôt.

«On va faire ce qu’il faut pour arriver à cette date», promet le président-directeur général.