Le bitcoin est une monnaie virtuelle.

Un guichet à Trois-Rivières

Trois-Rivières — Phénomène somme toute assez récent pour le commun des mortels, la monnaie virtuelle s’implante tranquillement dans la région avec la présence d’un premier guichet à Trois-Rivières où on peut se procurer des bitcoins.

Instacoin, une entreprise basée à Montréal, est spécialisée dans l’achat et la vente de bitcoins. L’entreprise a développé un réseau de 71 guichets dispersés au Québec, en Ontario et dans les Maritimes.

«On existe depuis juin 2015. C’est pour rendre le bitcoin plus accessible, pour l’acheter et pour le vendre. On a ouvert un guichet à Trois-Rivières depuis l’automne 2016. C’est pour couvrir le marché. On est le plus grand réseau au Québec et au Canada», soutient Michael Lo Verso, président d’Instacoin, satisfait de l’achalande observé au guichet trifluvien.

Comme l’explique le président d’Instacoin, le bitcoin sert non seulement à acheter des produits en ligne et à transférer des fonds, mais aussi pour de la spéculation.

«C’est de plus en plus populaire pour l’achat en ligne et aussi pour le spéculatif: tu peux avoir le rendement de la bourse d’un an en trois jours avec le bitcoin. Mais tu peux le perdre aussi en trois jours. Ça fait partie du risque», ajoute M. Lo Verso.

Frédéric Laurin, professeur d’économie à l’Université du Québec à Trois-Rivières, rappelle que l’arrivée de la monnaie virtuelle repose sur le principe de l’anonymat.

«Les gens peuvent voir la transaction, mais sont incapables de savoir qui est le transmetteur et le receveur. C’est un système informatique qui est derrière ça: ce sont des codes avec des algorithmes qui permettent de confirmer la transaction. C’est une philosophie des créateurs, une philosophie libertarienne qui ne veut aucun contrôle de la part des gouvernements, d’une banque centrale.»

M. Laurin admet volontiers que la première fois qu’il a entendu parler des bitcoins, il estimait que ce procédé ne fonctionnerait pas.

«Le problème avec le bitcoin est qu’il n’a pas de valeur intrinsèque. Ce n’est pas rattaché à une valeur. Si je trouve un billet d’un dollar de 1950, il vaut toujours un dollar aujourd’hui, car la valeur est garantie par la Banque du Canada. Mais si le bitcoin s’écroule demain et que je veux acheter un livre, mon livre va me coûter plus cher. C’est pour ça qu’on a une banque centrale, pour garantir la valeur des choses. Et quand il y a des bulles spéculatives, la banque centrale vient contrôler tout ça.»

M. Laurin ne peut prédire l’avenir concernant la durée de ce phénomène. Comme économiste, il se demande à quoi sert cette cryptomonnaie.

«Je trouve que c’est dangereux pour les gens qui pensent faire de l’argent en spéculant avec du bitcoin. À part être un trafiquant et avoir besoin d’anonymat, personne n’a besoin d’un bitcoin. Il y a d’autres moyens (de faire des transactions). La carte de crédit, en général, ça fonctionne bien.»