Guyaume Parenteau et Maxime Vincent sont sur le point de créer le premier gin entièrement fabriqué à Trois-Rivières, eux qui sont les fondateurs de la nouvelle Distillerie Wabasso.

Un gin à saveur trifluvienne

Ça bourdonne ces jours-ci dans le local de la rue Albert-Durand, qui accueillera dans les prochains mois la Distillerie Wabasso, première distillerie entièrement trifluvienne.
Le projet, né d'une alliance entre deux jeunes passionnés, devrait voir naître au cours de la prochaine année le premier gin «made in Trois-Rivières», que l'on promet aux saveurs locales.
Pour les associés, Guyaume Parenteau et Maxime Vincent, le projet mijote depuis bien longtemps. Mais ce n'est qu'au cours des dernières semaines qu'ils ont mis les pieds dans ce local de 2200 pieds carrés qu'ils préparent désormais pour la production et l'entreposage du produit.
Beaucoup de travail à faire pour répondre aux normes exigées en vue de l'obtention du permis de la Régie des alcools, un permis qui devrait leur être délivré en décembre, mentionne Maxime Vincent.
«Se partir en affaire avec une distillerie, c'est un défi, car ça exige que tu sois prêt à produire avant même que l'on te donne ton permis. Les lois sont très sévères alors c'est là qu'on démontre le sérieux du projet», constate celui qui a longtemps oeuvré dans l'industrie pharmaceutique avant de se joindre, en 2012, à l'équipe de la microbrasserie Alchimiste de Joliette.
«C'est là que j'ai eu le coup de foudre pour le volet artisanal de la production, pour la proximité avec le client», explique Maxime Vincent.
La recette du premier gin trifluvien, on ne voudra pas nous la révéler tout de suite. «Tant que le produit n'est pas listé, je n'ai aucun droit dessus alors je ne vais pas révéler mon secret. Mais ce qui est certain, c'est qu'on va utiliser des produits locaux pour lui donner sa touche particulière», confie-t-il.
Les projections des deux associés permettent de croire que les premières bouteilles de la Distillerie Wabasso seront prêtes dès le printemps 2018, des bouteilles qu'ils espèrent voir arriver sur les tablettes de la Société des alcools du Québec, au même titre qu'une dizaine d'autres gins québécois actuellement disponibles à la société d'État.
Durant la première année de production, on prévoit sortir 5000 bouteilles, mais l'entreprise pourrait avoir une capacité de production et d'entreposage, à long terme, de près de 60 000 bouteilles.
Par ailleurs, à long terme, l'entreprise prévoit aussi le développement d'un whisky et d'un rhum. D'ailleurs, l'ouverture récente dans les dernières années de distilleries partout au Québec fait croire de plus en plus à l'engouement pour le produit.
«Les ventes de spiritueux à la SAQ ont augmenté de 5 % à 6 %. Il y a de l'engouement aussi pour les produits locaux, on le sent depuis quelques années. C'est pourquoi on va vraiment chercher à faire un produit de qualité avant de penser à produire en quantité», mentionne Guyaume Pareanteau, qui confie être lui-même un passionné de mixologie depuis de nombreuses années.
Trois-Rivières
Pour Maxime Vincent, il devenait incontournable de s'installer à Trois-Rivières et de faire un clin d'oeil à la Wabasso, cette entreprise qui a embauché pendant de nombreuses années des milliers de Trifluviens, jusqu'à sa fermeture en 1985.
«C'est une entreprise qui a grandement contribué à bâtir le Trois-Rivières qu'on connaît aujourd'hui. Je voulais que ça devienne un signe d'appartenance», mentionne-t-il.
Toutefois, les avantages auraient pu être plus importants de s'installer dans des municipalités ou des villes de la régions qui bénéficient de programmes pour milieux plus défavorisés. Des programmes comme Créavenir avec Desjardins, ou encore des fonds disponibles avec les différentes SADC n'existent pas pour les jeunes entrepreneurs qui choisissent de se partir en affaires à Trois-Rivières. Mais les deux associés tenaient à ce que le projet voit le jour à Trois-Rivières.
C'est donc grâce à l'aide de partenaires comme Innovation et développement économique (IDE) Trois-Rivières, le programme Futurpreneur Canada et la BDC que les jeunes entrepreneurs ont pu obtenir le montage financier nécessaire à cet investissement, qui se chiffrera dès le départ à tout près de 100 000 $.
Par ailleurs, le propriétaire de la bâtisse où ils sont désormais installés dans le parc industriel Gilles-Beaudoin, non loin de la rue Saint-Joseph, a lui aussi accepté d'embarquer dans l'aventure en offrant de nombreuses améliorations locatives aux nouveaux locataires des lieux, des investissements qui aident le duo à répondre aux exigences liées à l'obtention du permis.