Le Baluchon de Saint-Paulin, tout comme la Pourvoirie du lac Blanc de Saint-Alexis-des-Monts, est une destination généralement prisée des touristes européens.
Le Baluchon de Saint-Paulin, tout comme la Pourvoirie du lac Blanc de Saint-Alexis-des-Monts, est une destination généralement prisée des touristes européens.

Un été intéressant, un automne sombre

Saint-Paulin — À l’instar des prévisions météo, l’été s’annonce intéressant pour les centres de villégiature du nord de la MRC de Maskinongé qui s’attendent toutefois à faire face à un automne des plus tristes.

L’auberge Le Baluchon de Saint-Paulin, l’Auberge du lac-à-l’eau-claire et la Pourvoirie du lac Blanc de Saint-Alexis-des-Monts sont des destinations généralement prisées des touristes européens. La fermeture des frontières canadiennes fait en sorte que les Québécois seront la principale, sinon l’unique clientèle de ces établissements au cours des prochaines semaines. Heureusement pour eux, le téléphone se fait aller ces jours-ci.

«Il y a une réponse intéressante des Québécois, ils réservent pour des séjours plus longs, du trois, quatre et même cinq nuits. L’été, la clientèle, ce sont des Québécois et ils sont au rendez-vous. On est très content», mentionne Patricia Brouard, directrice générale adjointe du Baluchon.

«Ça va bien aller cet été, croit Daniel Grenier, directeur du marketing du lac Blanc. On a fait des forfaits de cinq nuits et la demande pour les chalets est incroyable. On ne s’attendait pas à une réservation forte comme ça en chalet.»

Le constat est semblable du côté de l’Auberge du lac-à-l’eau-claire, raconte Marie-Eve Pronovost, directrice des ventes.

«Les Québécois ont de l’intérêt pour réserver. Ça augmente progressivement pour les réservations. Si on a un taux d’occupation de plus de 50 % cet été, on va être content», mentionne Mme Provonost, en soulignant que le taux d’occupation habituelle est de 90 %.

Daniel Grenier souhaite lui aussi un taux d’occupation d’autour de 50 %, alors que le taux varie de 85 % à 90 % dans les années normales. Du côté du Baluchon, la direction espère avoir un taux de 40 % comparativement à un taux habituel de 65 %.

«Dans une carrière de 30 ans, c’est le défi qui m’amène à m’élever le plus, à aller chercher très loin en moi pour savoir ce qu’on fait. Une crise de cette ampleur-là, on n’a jamais vu ça. On n’a aucun contrôle sur la clientèle des réunions d’affaires qui ont été annulées, les mariages aussi. Toute l’industrie espère la réponse des Québécois et je suis convaincue qu’ils vont appuyer les entreprises d’ici», analyse Mme Brouard, heureuse de miser sur 110 des quelque 140 travailleurs de l’entreprise.

Patricia Brouard, directrice générale adjointe du Baluchon.

Au lac Blanc, la direction avait manifesté la volonté de réserver quelques possibilités d’hébergement pour la clientèle québécoise, question d’accommoder une clientèle qui veut connaître l’endroit, mais qui se heurte souvent à un établissement complet. D’autre part, une clientèle québécoise est susceptible de fréquenter moins régulièrement la salle à manger de la pourvoirie, contrairement aux Européens. De plus, ceux-ci sont nombreux à s’offrir des activités comme l’observation d’ours.

«Ce ne sera pas facile pour la restauration, admet Daniel Grenier. On est 65 employés habituellement et on n’a pas rappelé entre 40 % et 50 % du personnel, car la demande pour la restauration n’est pas là.»

L’Auberge du lac-à-l’eau-claire fonctionne avec environ 60 % de son personnel composé habituellement de 90 travailleurs. Là aussi, la salle à manger tourne un peu au ralenti en raison notamment des consignes d’espacement physique qui réduit la capacité de 50 %.

«La clientèle européenne représente entre 35 % et 50 % de notre clientèle, raconte Mme Pronovost. Avec les annonces faites pour la période de quarantaine imposée jusqu’au 31 août (pour les gens qui entrent au Canada), les réservations sont annulées.»

Un automne difficile

Les contraintes associées à la circulation des citoyens d’autres pays font craindre le pire pour l’automne. Les Européens sont nombreux à visiter le Québec durant l’automne, une clientèle que les aubergistes peuvent presque déjà oublier.

«Notre crainte est que l’automne risque d’être toute une tempête, dit Daniel Grenier. L’automne, ce n’est que de la clientèle européenne qui arrive sur semaine en bus. Si les frontières ne sont pas rouvertes, on va manger une claque. Si les protocoles sanitaires pour le transport par bus disent que c’est une personne par banc, ce sera un problème. Les grossistes ne peuvent pas avoir deux fois plus de bus, de chauffeurs, de guides.»

«On ne pense pas que les clients internationaux vont voyager cet automne. Et les gros congrès, on oublie ça», déclare Patricia Brouard.

Avec une clientèle corporative et des visiteurs européens en semaine, le portrait est comparable à l’Auberge du lac-à-l’eau-claire.

Daniel Grenier.

«C’est certain qu’on est plus optimiste pour juillet et août, reconnaît Marie-Eve Pronovost. Pour l’automne, ça s’annonce difficile. Les Européens seront moins présents. Même chose pour la clientèle corporative. Mais ça risque d’évoluer d’ici là. Tout le monde est dans l’attente.»