Une plante d’asclépiade à la fin de sa croissance.

Un dur coup pour l’asclépiade

Trois-Rivières — Depuis quelques années, l’asclépiade représente une culture d’avenir pour la MRC de Mékinac.
Les Industries Encore 3, qui exploitent une usine à Saint-Tite, ont déclaré faillite.

Les producteurs agricoles sont de plus en plus intéressés par ce produit aux propriétés prometteuses. Or, une véritable douche froide vient de s’abattre sur les producteurs. Leur principal client, les Industries Encore 3, dont une usine se trouve à Saint-Tite, vient de déclarer faillite. 

Le 11 octobre dernier, la présidente de l’entreprise a annoncé dans un courriel la fin des activités. Radio-Canada-Mauricie-Centre-du-Québec rapporte que le dossier a été inscrit au Registre des dossiers de faillite et d’insolvabilité. 

«Devant l’échec d’une récolte de qualité en provenance de la Coopérative Monark, c’est avec un très grand regret que nous vous avisons que les entreprises Protec-Style inc., les Industries Encore 3 et Fibre Monark se voient dans l’obligation de fermer leurs portes», a écrit la présidente de l’entreprise Janique Scott dans son courriel, tel que rapporté par Radio-Canada. 

L’asclépiade, connu aussi comme le soyer du Québec, peut servir d’isolant pour vêtements et absorbant. Cette filiale est présentée par plusieurs comme encourageante. Croyant en son potentiel de développement économique, le CLD de Mékinac et Investissement Québec ont soutenu les Industries Encore 3 avec des prêts et une subvention totalisant de 1,1 million $. Ces dernières années, plusieurs reportages dans les médias écrits et électroniques traitaient du potentiel intéressant de cette plante méconnue. 

Le CLD de Mékinac avait d’ailleurs accordé un prêt de 180 000 $ à Encore 3, notamment pour l’aider à s’établir à Saint-Tite. Ce prêt avait toutefois été accordé en échange de certaines garanties sur la machinerie à l’intérieur de l’usine de Saint-Tite. Le CLD pourra donc rembourser une partie de son prêt, si jamais il ne peut récupérer la somme d’argent. Les autres prêts provenaient d’Investissement Québec et du CLD de la Haute-Yamaska. L’entreprise avait aussi reçu une subvention de 100 000 $ de la part d’Investissement Québec. 

Malgré l’annonce de cette faillite, le maire de Saint-Tite affirme que le milieu socio-économique de Mékinac n’abandonnera pas cette production. 

«Ça fait trois ans que nous mettons des efforts pour favoriser le développement de la culture de l’asclépiade. Nous ne voulons pas laisser tomber ça», soutient en entrevue le maire de Saint-Tite, André Léveillé. 

Par ailleurs, l’usine de Saint-Tite appartient à la Corporation de développement de Saint-Tite, une entité indépendante de la Ville. André Léveillé indique de plus que des investisseurs se sont déjà montrés intéressés à reprendre l’usine.

«Notre objectif est encore de faire de Saint-Tite le chef-lieu de la transformation de l’asclépiade», ajoute le maire de Saint-Tite. 

Le président de la Coopérative Monark, Daniel Allard, a affirmé en entrevue à Radio-Canada qu’il sentait depuis quelques mois que tout n’allait pas pour le mieux aux Industries Encore 3. Celui qui représente une coopérative qui regroupe près de 125 producteurs d’asclépiade un peu partout au Québec indique pourtant que la qualité de la récolte est au rendez-vous. Les différentes récoltes se font d’ailleurs comme si de rien n’était. 

«C’est rassurant de savoir que le produit final est extraordinaire et la production va très bien. Entre les deux, on avait un client qui procédait à l’extraction. Ce client-là va changer, simplement», a-t-il affirmé en entrevue à la société d’État en avouant que les producteurs doivent trouver un plan B pour l’entreposage initialement prévu dans les usines de Granby et de Saint-Tite. 

Daniel Allard rejette donc la raison évoquée par la présidente des Industries Encore 3. Alors que le soyer est actuellement récolté dans les champs, il indique qu’il est trop tôt pour faire un bilan de sa qualité. 

«Je crois que les difficultés étaient plus larges que les données techniques, mais ça prenait un coupable», soutient M. Allard.