Les deux propriétaires des Mauvais perdants, Joanie Désilets et Mylène Blanchette.

Un coup de dés gagnant pour les Mauvais perdants

Les entrepreneurs participent à la vivacité de l'économie régionale par leurs investissements et leurs implications. Pour marquer le coup, Le Nouvelliste présente une série d'articles montrant les différents visages de chefs de file de l'innovation et dont les champs d'action sont variés. À LIRE TOUS LES MARDIS.
Même si la génération Y a grandi avec les jeux vidéo, c'est pourtant ce groupe d'âge qui s'adonne le plus à l'un ou l'autre des quelque 400 jeux de société offerts par le café ludique Les Mauvais Perdants à Trois-Rivières. 
C'est d'ailleurs cette clientèle qu'avaient ciblée les propriétaires de ce commerce de 80 places ouvert depuis le 27 novembre 2015 au 4450 du boulevard des Forges, avec façade sur la 3e Rue. Comment expliquer que l'amateur d'hier de Mario Bros soit devenu aujourd'hui un partisan de Pandémie?
«Les concepteurs de jeux de société viennent souvent des jeux vidéo, d'où l'idée de level et de beaux designs», explique l'une des deux dirigeantes, Mylène Blanchette.
Et aux Mauvais Perdants, il y en a pour tous les goûts. Oui, il y a des jeux stratégiques et coopératifs, mais d'autres sont plus physiques, «de party» ou familiaux.
Il y a évidemment des jeux de cartes et de dés, tandis que les plus nostalgiques peuvent toujours se rabattre sur le Super Master Mind ou le Monopoly. Ce dernier jeu a même amené un jeune joueur à abandonner soudainement ses deux amis, après seulement une demi-heure, représentant un rare exemple de la raison sociale de l'entreprise...
Car l'ambiance est plutôt à la bonne humeur dans cet endroit qui attire tantôt le groupe de copains, tantôt le gars et la fille en première rencontre, en passant par les nouveaux parents qui veulent profiter d'une sortie. Quant aux clients plus âgés, non seulement sont-ils présents, mais souvent, «ce sont eux qui crient fort», se plaisent à souligner les deux propriétaires.
D'ailleurs, cela rejoint parfaitement la mission de l'entreprise, qui consiste à créer un lieu de rassemblement festif et sans prétention pour les gens de tous âges. Bref, un café ludique voué à la propagation du plaisir et du divertissement collectif autour des jeux de société. Et même pas besoin de lire les règles puisque des animateurs s'en chargent, ce qui permet tant au joueur débutant que chevronné d'expérimenter de nouveaux jeux.
«C'est une place de destination. Il y a beaucoup d'habitués. C'est un passe-temps abordable. Et il y a aussi des gangs de filles», souligne l'autre partenaire d'affaires, Joanie Désilets, histoire de démontrer que le client n'est pas «un gros barbu qui peinture des figurines».
Les deux femmes ont beau avoir des parcours différents, elles ont flairé le besoin d'offrir un endroit spécialement conçu pour une clientèle geek. Selon elles, l'offre de divertissement pour les gens de la génération Y offertes à Trois-Rivières n'était pas satisfaisante.
Outre les bars, pubs, boîtes de nuit et cinémas, les endroits pour se divertir n'étaient pas assez diversifiés. Il fallait donc proposer un lieu alternatif de sortie de groupe qui allait recréer l'ambiance de leurs soupers entre amis. «La plupart des 18-35 ans ne veulent pas aller veiller au centre-ville», affirme Joanie Désilets, qui avait toujours eu l'idée de se lancer en affaires. 
Après avoir observé plus sérieusement ce qui se faisait ailleurs, elles ont constaté que le concept de café jeux existait déjà en Europe depuis plusieurs années et qu'il s'implantait tranquillement en Amérique du Nord, notamment à Toronto, Montréal, Québec, et Ottawa. Il était clair que l'intérêt des gens pour les jeux de société et la popularité de ces derniers grandissaient.
En plus d'y venir tant pour les classiques que pour les jeux modernes, on peut également y siroter un café et déguster un petit repas. Et pas besoin de jouer pour essayer la spécialité de la place, le bubble tea, ou encore, pour goûter une viennoiserie. Et avec la consommation de nourriture, on y sert aussi des bières de microbrasserie de même que du vin et des cafés alcoolisés. 
De façon régulière, des soirées thématiques sont organisées. Par exemple, lors d'une activité nuit blanche, deux amis auront joué pendant 20 heures. Il faut dire que pour la modique somme de cinq dollars, il n'y a aucune limite de temps pour essayer un nombre de jeux illimité.
Si les jeux coup de coeur de Mylène Blanchette sont Patchwork, Hanabi, Orléans et Escape, Joanie Désilets préfère 7 wonders et Pandémie. Quant à leur intérêt commun, le nom du jeu se veut plutôt paradoxal pour des femmes visionnaires: L'âge de pierre.