Le Tuk-Tuk du Torréfacteur devrait être opérationnel dans environ un mois.
Le Tuk-Tuk du Torréfacteur devrait être opérationnel dans environ un mois.

Un café Tuk-Tuk dans les rues de Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Le Torréfacteur lance une campagne de sociofinancement afin d’achever son projet de café Tuk-Tuk. Via la plateforme La Ruche Mauricie, la brûlerie coopérative trifluvienne veut amasser 8000 $ grâce à l’initiative lancée la semaine dernière et qui durera 45 jours.

En fin de journée lundi, la campagne avait permis d’amasser 3215 $, une somme qui représente 40 % de l’objectif. Les personnes intéressées à contribuer sont invitées à le faire en se rendant sur le site https://laruchequebec.com/projet/cafe-tuk-tuk-torrefacteur-7243/.

La coopérative ayant pignon sur rue au centre-ville offre également, en contrepartie des contributions du public et des entreprises, des abonnements café à rabais, des pauses-café en entreprise, ainsi que des t-shirts et tasses à l’effigie de la nouvelle image de marque qui sera dévoilée à mi-campagne.

«Ce projet était en cours depuis quelques mois, mais avec la pandémie et les pertes de revenus, on a choisi d’en faire un projet plus global de café mobile pour livrer nos cafés à domicile et monter une nouvelle offre de pause-café en entreprise. Nous souhaitons aussi embaucher des jeunes pour leur offrir un premier emploi de camelot à vélo pour livrer nos cafés dans divers quartiers de la ville», explique Alain Rivard, un des membres fondateurs de la coopérative regroupant Le Torréfacteur ainsi que la microbrasserie Le Temps d’une Pinte.

Un Tuk-Tuk se veut un véhicule à trois roues de fabrication italienne servant entre autres au commerce ambulant et comme taxi dans les pays de l’Asie du sud-est, dont la Thaïlande, le Cambodge et l’Inde.

Par ailleurs, la remise en ordre du fameux véhicule constitue un projet inachevé de l’artiste sculpteur trifluvien Pierre Landry, décédé au printemps 2018. La passion du défunt pour les motos italiennes d’époque a touché droit au cœur M. Rivard et François Bérubé, un mécano-patenteux également de Trois-Rivières. C’est à la suite d’une rencontre avec Monique Lamothe, l’amoureuse de Pierre Landry, que les deux hommes ont décidé de se lancer à l’été 2019 dans la restauration minutieuse du bolide à trois roues.

Selon Alain Rivard, l’implication de François Bérubé s’avère essentielle à la réussite du projet, notamment en raison de ses habiletés manuelles et de ses nombreux contacts dans le monde du reconditionnement de petits véhicules à moteur. Au cours des dernières années, le technicien en génie mécanique de profession a notamment remis en état de marche plusieurs scooters de marque Vespa ainsi que d’autres véhicules éclectiques.

«François parle à toute la planète pour ce projet-là. Notre moteur est justement à Grand-Mère aujourd’hui (lundi) pour se faire réparer un piston. Je n’aurais jamais pu trouver quelqu’un pour faire réparer un piston, mais François oui», mentionne fièrement le dirigeant coopératif.

De nature plutôt humble, l’«artiste», qui s’implique bénévolement dans le projet accepte tout de même les fleurs qu’on lui envoie.

«Au début, je devais seulement vérifier s’il y avait quelque chose à faire avec le véhicule. Mais quand je suis entré dans le garage, j’ai senti que je devais m’impliquer dans le projet. En plus, le véhicule restera à Trois-Rivières et servira à une entreprise que j’affectionne tout particulièrement», raconte celui qui estime à 250 le nombre d’heures qu’il aura consacrées pour redonner vie à l’engin.

Archéologue de garage

Question d’avoir vraiment l’impression de poursuivre le travail de M. Landry, c’est dans le garage de ce dernier et en manipulant ses outils que François Bérubé passe une dizaine d’heures par semaine depuis le mois de septembre dernier. Et comme le défunt artiste avait une façon bien à lui de classer les choses, il lui est arrivé à quelques reprises de devoir faire ce qu’il appelle de l’«archéologie de garage», pour trouver une pièce manquante.

De plus, le temps qu’il a passé dans les affaires de son amoureux a fait en sorte qu’il s’est lié d’amitié avec Mme Lamothe.

«On prend un café ensemble et on jase. J’ai l’impression de perpétuer l’œuvre et le rêve qu’elle avait avec Pierre», confie-t-il.

Dans un mois

Si tout va bien, le Tuk-Tuk devrait être opérationnel dans environ un mois. Il ne restera alors qu’à y installer une machine à café portative fonctionnant au propane que M. Rivard a dénichée en Angleterre. Cette importante pièce du puzzle devrait arriver au Canada dans les prochaines semaines, avec évidemment un peu de retard en raison de la COVID-19.