Certains producteurs agricoles de la région subiront les conséquences des inondations printanières durant le reste de la saison.

Un bilan de mi-saison mitigé pour les agriculteurs

Trois-Rivières — Un début de saison froid et pluvieux et les inondations printanières ont occasionné de nombreux retards pour les agriculteurs de la région. Toutefois, le temps chaud et ensoleillé entrecoupé de journées de pluie des dernières semaines a permis à plusieurs d’entre eux de reprendre le temps perdu, ou du moins, en partie.

C’est que l’eau qui a imbibé une partie des terres agricoles de la région a pris beaucoup de temps à se retirer, même que certains producteurs en constatent toujours les conséquences, des mois plus tard. «Malgré la belle température qu’on connaît en juillet, il y a encore des terres qui ne sont pas suffisamment sèches pour être semées», indique Guy Durivage, directeur régional du Centre de services de Sainte-Marie pour la Financière agricole du Québec. Cette situation fait en sorte que les effets des inondations risquent de se faire sentir pour le reste de la saison agricole.

«Il y a une certaine partie du retard occasionné qui ne sera jamais regagnée dans la saison», affirme Daniel Habel, président de l’UPA Centre-du-Québec. Sur le territoire couvert par cette organisation, environ 70 % des terres inondées au printemps dernier ont été ensemencées. «On est dans un contexte d’une certaine acceptabilité, mais on est loin de se diriger vers des années de rendement record», dit-il.

«On commence à rattraper le temps perdu, on est peut-être une semaine en retard, comparativement à ce printemps, alors qu’on était à trois semaines de retard», commente Claude Chartier, président des producteurs de grains de la Mauricie. C’est en bordure du lac Saint-Pierre que les effets de la crue des eaux printanière se font le plus sentir.

Comme plusieurs s’y attendaient, des producteurs de la région ont dû changer certaines variétés de culture, ce qui entraînera inévitablement des pertes financières. «Des gens qui prévoyaient ensemencer du maïs, entre autres, ont dû se tourner vers des cultures qui nécessitaient une période végétative moins longue, donc soit du soya ou des céréales à paille», explique M. Habel. «Notre prix du soya est quand même assez bas [...] tandis que le prix du maïs se maintient», commente M. Chartier. «C’était plus avantageux de semer du maïs, mais par la force des choses, ils n’ont pas eu le choix de changer les sortes de culture.»

Moins d’indemnisations en Mauricie, plus au Centre-du-Québec

Selon les données de la Financière agricole du Québec, il y aurait eu moins d’indemnisations relativement aux inondations en Mauricie en 2019 qu’en 2017, à pareille date. En effet, l’organisation aurait dédommagé seulement 11 producteurs depuis le début de la saison 2019, pour 44 000 $. Au même moment, en 2017, 270 000 $ en indemnisations avaient été remis à 45 producteurs. «On comprend que cette année, en termes d’envergure, c’est moins élevé en Mauricie que ce l’était en 2017», commente M. Durivage.

La situation est toutefois différente au Centre-du-Québec, où le montant des dédommagements est supérieur à celui de 2017, à cette date-ci. Cette année, 22 producteurs ont reçu des indemnisations qui équivalent à 176 000 $ pour 545 hectares de terres qui ont été endommagées la crue des eaux. En 2017, 127 000 $ avaient été distribués à 31 producteurs, pour un total de 354 hectares de terres.

Cependant, Daniel Habel croit que l’augmentation du nombre d’indemnisations au Centre-du-Québec pourrait être due à des programmes qui sont mieux adaptés à la réalité des agriculteurs. «Probablement que les producteurs se sont enlignés plus sur les programmes, puis que les programmes font plus la job aussi», dit-il.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, 15 producteurs ont reçu des dédommagements en 2017 et en 2019. Cette répétition d’événements pourrait faire augmenter le coût des assurances que payent ces agriculteurs de la région, selon la Financière agricole. «Globalement, comme tout plan d’assurance, on tient compte de la fréquence des indemnisations», mentionne M. Durivage.

Dans la région, les cultures les plus affectées par la crue des eaux printanière sont le maïs, le soya, le blé et l’avoine.

Il faudra cependant attendre le mois d’octobre afin d’obtenir un bilan complet de la saison agricole en région. «Si on a des gels au 15 octobre, ça devrait être une saison dans la bonne moyenne», conclut M. Chartier.