Une résidence située sur le terrain de la ferme La petite terre maraîchère a été transformée en Airbnb.

Un Airbnb à la ferme!

Saint-Boniface — Nourrir les animaux, se procurer des œufs et légumes locaux, se faire offrir un tour de véhicule tout-terrain dans les champs...C’est ce à quoi ont droit les visiteurs qui séjournent à la Ferme 405, un logement Airbnb situé sur la ferme La petite terre maraîchère, à Saint-Boniface.

Lorsque Frédéric Morin, propriétaire de La petite terre maraîchère, a décidé de s’installer sur la terre de Dominique Cossette au début de la saison 2019, il a été convenu que ce dernier transformerait la maison de ferme en un logement Airbnb fraîchement rénové. Comme M. Morin est sur le terrain sept jours sur sept, il fait profiter les visiteurs des attraits qu’offre la ferme. «J’ai cette ouverture-là à parler avec des gens de l’extérieur qui ne sont pas du coin. Ça fait de belles rencontres, de belles soirées», affirme l’agriculteur.

La Ferme 405, qui peut accueillir jusqu’à 10 voyageurs, est située tout près du poulailler contenant pas moins de 99 poules, puis de l’enclos des deux poneys de la ferme. Des visiteurs originaires de la France, des États-Unis et même de l’Inde ont profité des installations depuis le début de la saison. «Je pensais que c’était plus pour attirer la population locale de Montréal, des grands centres, mais non, il y a des gens qui partent de loin pour venir ici», commente M. Morin.

En plus de la possibilité de nourrir les animaux de la ferme et de faire des tours de VTT sur le terrain, les visiteurs reçoivent, à leur arrivée, un coupon de 20 $ afin qu’ils puissent se procurer des oeufs ou des légumes produits à La petite terre maraîchère.

«Je pense que c’est un concept qui est gagnant, puis les gens qui viennent ici repartent très satisfaits de leur séjour», indique le propriétaire de la ferme.

Un «match» parfait

C’est en raison du manque d’installations adaptées à ces besoins que M. Morin s’est installé sur la terre de Dominique Cossette, à Saint-Boniface. L’agriculteur produisait auparavant ses légumes à Saint-Élie-de-Caxton.

Alors que la production fait présentement une superficie de 0,8 hectare, M. Cossette compte construire davantage de serres, dont une serre «earthship» fabriquée à base de pneus et d’autres matériaux recyclés. Ces installations seront exploitées par Frédéric Morin, qui loue la terre de l’homme d’affaires. M. Cossette loue la maison de ferme sur la plateforme Airbnb, puis M. Morin profite d’un endroit plus grand pour sa production de 200 variétés de légumes.

On parle donc d’un partenariat gagnant-gagnant pour les deux hommes. «Moi, c’est vraiment un projet maraîcher, et Dominique c’est plus son projet de Airbnb et de petits animaux», explique M. Morin. «Ça a été un bon match avec Dominique.»

Une agriculture de proximité

La possibilité offerte aux visiteurs de voir de près comment fonctionne la production de légumes sur une ferme maraîchère s’inscrit dans une philosophie d’agriculture de proximité qu’adopte M. Morin. La petite terre maraîchère fournit les produits pour 100 paniers biologiques d’Équiterre dont les clients se trouvent à Saint-Boniface, à Saint-Mathieu-du-Parc et à Saint-Élie-de-Caxton. «Il n’y a pas de grand transport sur route. Je ne vais pas livrer à Montréal et je ne vais pas faire des paniers à Trois-Rivières ou à Québec. Mon objectif, c’est de nourrir la population locale», affirme M. Morin.

Frédéric Morin et Dominique Cossette avaient également les mêmes objectifs quant à la façon de faire de l’agriculture. «C’est la nature de la ferme d’être certifiée biologique, puis ça cadre dans les valeurs de Dominique [...] Il ne voulait pas avoir de produits chimiques sur sa terre.»

En plus du projet de logement Airbnb sur la ferme, M. Morin ne rejette pas l’idée de mettre sur pied un programme d’hébergement à La petite terre maraîchère pour des jeunes en difficulté. C’est que l’agriculteur a travaillé pendant plusieurs années en intervention, notamment auprès d’adolescents. «C’est thérapeutique se mettre les mains dans la terre», lance l’agriculteur. «Sans dire qu’on est un centre thérapeutique, ce serait d’avoir de l’hébergement juste pour les couper de leur milieu, jaser le soir, se faire des feux. Ma passion est encore là pour la relation d’aide, donc peut-être qu’un jour, ça va se recroiser.»