Le président et directeur des studios canadiens d'Ubisoft, Yannis Mallat

Ubisoft réitère l’importance du crédit d’impôt

Le géant du jeu vidéo Ubisoft a beaucoup profité du crédit d’impôt québécois aux entreprises du multimédia depuis sa mise sur pied par le gouvernement péquiste il y a plus de 20 ans, et le président et directeur des studios canadiens de l’entreprise française réitère l’importance de le conserver pour que le Québec puisse compétitionner avec le reste du monde.

En entrevue mardi après-midi, alors qu’un nouveau gouvernement caquiste prenait place à l’Assemblée nationale, Yannis Mallat ne s’est pas montré inquiet pour l’avenir de ce programme. En campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait fait savoir qu’elle ne toucherait pas à ce crédit d’impôt.

M. Mallat était de passage dans un événement de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour parler de la nouvelle phase de croissance d’Ubisoft au Québec, où l’entreprise entend ouvrir un quatrième studio.

Dans son discours, le président des studios canadiens de la multinationale a annoncé son ambition de faire une percée en Chine, et d’atteindre le cap des 200 millions d’abonnés par mois à ses jeux vidéo d’ici 2025.

Interrogé sur l’importance du crédit d’impôt dans ce contexte, M. Mallat a plaidé pour le garder, car il «contribue à créer de la richesse pour le Québec».

Ce crédit d’impôt aux entreprises du multimédia permet de rembourser jusqu’à 37,5% des dépenses salariales admissibles.

«Il nous permet aussi d’investir, parce que ça reste une industrie extrêmement risquée, a-t-il expliqué en entrevue avec La Presse canadienne. C’est une compétition internationale, et ce programme permet au Québec de garder une place favorable dans un trio de tête au niveau mondial.»

Un programme qui ne fait pas l’unanimité

La mesure fiscale n’a toutefois pas seulement des admirateurs, alors que certains petits studios se plaignent de ne pas y avoir accès.

De plus, des gens d’affaires du Québec déplorent que des sociétés étrangères puissent profiter de ces mesures pour recruter des ingénieurs informatiques et d’autres travailleurs spécialisés dans les technologies de l’information, qui sont aussi convoités par leurs compagnies.

Le président et chef de la direction de Groupe Stingray Digital, Eric Boyko, ainsi que le président et chef de la direction de la société technologique québécoise Coveo, Louis Têtu, figurent parmi ceux qui souhaitent des changements.

En campagne électorale, les quatre principaux partis, dont la CAQ, avaient dit en entrevue avec le journal La Presse qu’ils voulaient garder le programme en raison de ses retombées positives au Québec.

Un quatrième studio en devenir

Ubisoft est encore en train de réfléchir au lieu où sera situé son quatrième studio québécois. M. Mallat a affirmé que «plusieurs régions» étaient envisagées.

«On n’est pas encore dans la phase finale de sélection de la région», a-t-il soutenu.

M. Mallat a toutefois indiqué que l’entreprise souhaitait s’établir «idéalement» dans un autre secteur où elle n’est pas déjà. Ubisoft a trois studios à Montréal, Québec et Saguenay.

Il faudrait que ces régions soient dotées de «composantes favorables réunies», a-t-il précisé.

«Regardons où nous nous sommes implantés. Nous sommes implantés à Montréal, à Québec, à Saguenay parce que ce sont des régions qui réunissaient certaines conditions favorables. Et il y en a d’autres au Québec et on les regarde en ce moment», a-t-il conclu.