La directrice générale adjointe d’Ubisoft Québec, Andrée Cossette.

Ubisoft en région: «Trois-Rivières n’est pas exclue»

TROIS-RIVIÈRES — Conférencière mercredi à la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, la directrice générale adjointe d’Ubisoft Québec, Andrée Cossette, n’écarte pas la possibilité que sa région natale obtienne le quatrième studio envisagé en sol québécois par le géant du jeu vidéo.

«Aujourd’hui, on n’a pas encore de lieu, d’endroit, de temps, mais bien entendu, on a l’intention effectivement d’ouvrir un quatrième studio en région dans les prochaines années. Trois-Rivières n’est pas exclue, on a eu des discussions avec Trois-Rivières dans le passé, je ne verrais pas pourquoi Trois-Rivières ne serait pas considérée pour le futur», a-t-elle confié, au terme de son allocution ayant pour thème Cultiver le talent et le génie créatif québécois.

Pour l’instant, dit-elle, «on se concentre sur le studio de Saguenay qui a été ouvert en septembre dernier». «On met tous nos efforts pour supporter l’ouverture de ce studio-là qui, aujourd’hui, accueille quand même 40 nouveaux employés et qui va très bien. Mais éventuellement, au fur et à mesure, on verra à quel moment on ouvrira ce quatrième studio», renchérit l’invitée au grand déjeuner d’affaires Cogeco.

Celle-ci est rattachée à Ubisoft Québec qui, ouvert en 2005, fait travailler 500 créateurs. Quant au bureau de Montréal, lancé en 1997, on y retrouve pas moins de 3500 employés. Une progression favorisée par l’instauration d’un crédit d’impôt québécois aux entreprises du multimédia par le gouvernement péquiste, il y a d’ailleurs plus de 20 ans.

«Dans les 20 dernières années, on a vu à quel point cela a été bénéfique pour le développement de l’écosystème technocréatif au Québec. On a vu la création de valeur qui vient autour de ça. Aujourd’hui, cette industrie offre des emplois extraordinaires pour les jeunes, emploie énormément de relève. On a vu évoluer cette relève au Québec dans les dernières années. Donc, cela crée vraiment de la richesse», justifie Mme Cossette.

«On voit aussi plusieurs entreprises qui se créent autour de cet écosystème. On voit aussi des investissements en recherche et développement. Cela fait en sorte que le Québec se démarque comme étant une plaque tournante, une puissance mondiale dans la création de jeux vidéo et cela a des répercussions positives pour le Québec», poursuit celle qui, à la lumière des engagements pris par les partis politiques provinciaux, n’a pas d’inquiétude sur le sort réservé au crédit d’impôt.

Par ailleurs, Andrée Cossette n’est pas peu fière d’Ubisoft Québec, «un beau studio reconnu à travers le monde». «Sortie en octobre, notre dernière production Assassin’s Creed Odyssey est en nomination pour le meilleur jeu vidéo de l’année aux Games Awards», a-t-elle souligné.

Au plan mondial, l’industrie du jeu vidéo affiche des revenus de 121 milliards de dollars et compte 2,3 milliards de joueurs, dont 23 millions au Canada, la moitié étant des femmes. «Deux Canadiens sur trois sont des gamers», fait remarquer la conférencière. Quant à Ubisoft, c’est 14 000 créateurs, 96 nationalités et dix marques à succès. «Nous avons une force de production unique», renchérit celle qui parle d’un nouveau virage.

«Nos défis aujourd’hui, c’est de faire face à un marché qui est complètement en explosion, c’est d’avoir des expériences de jeu qui sont de plus en plus immersives, où le joueur est amené à avoir une expérience sur le long terme, c’est d’offrir au joueur non seulement un produit, mais aussi un service, en lui donnant du contenu au fur et à mesure de son aventure, en lui offrant du support aussi 24 heures sur 24, 365 jours par année. C’est un milieu qui est en pleine ébullition au Québec et on est très fier d’y contribuer», a-t-elle ajouté.

Dans la province, la multinationale veut faire passer son nombre de joueurs actifs mensuel de 20 millions à 200 millions en 2025. «On veut prendre d’assaut de nouveaux marchés comme la Chine, où il y a plus de 500 millions de joueurs potentiels», conclut celle qui a touché à la maîtrise des technologies émergentes, la gestion durable des talents et l’éducation dans sa présentation.