La région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières, qui comprend également Bécancour, fait bonne figure dans le classement de la FCEI sur les collectivités entrepreneuriales au pays.

Trois-Rivières fait bonne figure

Trois-Rivières — Parmi les grandes villes du Canada, Trois-Rivières était le troisième meilleur endroit au pays pour démarrer ou faire croître une entreprise en 2018. Et si elle arrive au 20e rang dans le classement général, Shawinigan se retrouve en 49e position au plan national.

«Je suis très heureux. C’est une excellente nouvelle, ça change beaucoup l’image de la Ville alors qu’il y a à peu près dix ans, la Mauricie était la pire région au Québec pour l’entrepreneuriat», a commenté le professeur en économie de l’UQTR, Frédéric Laurin.

Celui-ci n’est pas surpris de la performance trifluvienne, à la lumière des critères d’évaluation, dit-il, surtout cette première place pour le facteur des perspectives entrepreneuriales.

Pour lui, l’optimisme des chefs d’entreprise démontre «qu’il y a comme un espèce de renouveau économique». «Ça redonne confiance aux gens, on est en train de construire une culture entrepreneuriale. Le dynamisme économique fait en sorte qu’il y a des opportunités d’affaires, des entreprises qui grandissent. On n’a jamais parlé autant d’entrepreneuriat. Il y a un espèce d’engouement», observe-t-il.

Quant au 49e rang de Shawinigan, celui-ci ne panique pas. «Pour les gens de Shawinigan, je ne m’en ferais pas, je vois les choses avancer, les bénéfices vont arriver à long terme. Eux partent de loin, une ville très industrielle traditionnelle qui se lance dans l’entrepreneuriat. Ils partent vraiment de loin, mais eux visent le long terme, à complètement changer l’identité économique même de la Ville. Tandis qu’à Trois-Rivières, on partait déjà d’une base, eux, ils doivent tout changer», confie le spécialiste.

L’an dernier, plusieurs villes québécoises se sont démarquées dans le classement de la FCEI sur les collectivités entrepreneuriales du Canada. Neuf collectivités se classent parmi les vingt meilleures au pays, dont cinq dans le top dix. Victoriaville, Rimouski, Rivière-du-Loup, Saint-Georges et Val-d’Or arrivent respectivement au 3e, 4e, 5e, 8e et 9e rang à l’échelle nationale. Saint-Hyacinthe (12e), Drummondville (18e), Sherbrooke (19e) et Trois-Rivières (20e) sont les autres villes québécoises dans le top 20.

Au classement des grandes villes canadiennes (population de plus de 150 000 habitants), le Québec fait aussi bonne figure avec quatre villes dans le top 5. Sherbrooke et Trois-Rivières arrivent respectivement en 2e et 3e position. La région métropolitaine de recensement de Trois-Rivières comprend évidemment la Ville de Trois-Rivières, mais aussi des municipalités telles que Bécancour, Yamachiche, Saint-Maurice, Saint-Luc-de-Vincennes et Champlain. La banlieue de Montréal, qui regroupe des municipalités de la couronne nord et sud dont Laval et Longueuil, et Gatineau se hissent au 4e et 5e rang respectivement.

«Les PME étant la colonne vertébrale de l’économie québécoise, les municipalités ont intérêt à adopter des politiques qui les soutiennent que ce soit en matière de taxation ou de réglementation. Même s’il restera toujours des améliorations à apporter, nous tenons à souligner les efforts des administrations municipales qui travaillent au développement d’un climat d’affaires favorables à l’essor des PME», indique Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI.

«En 2018, il y a eu un net regain d’optimisme chez les chefs d’entreprise du Québec, ce qui a fait grimper dans le classement plusieurs collectivités de la province. Le fait que le poids des taxes scolaires soit réparti également entre les bâtiments résidentiels et non résidentiels au Québec a également contribué à la bonne performance de nombreuses villes québécoises dans cette nouvelle édition de notre rapport», explique Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale à la FCEI.

Une des variables clés en 2018 est le ratio entre les impôts fonciers commercial et résidentiel. «Le taux de taxation des immeubles commerciaux représente couramment le double de celui des immeubles résidentiels et ce ratio est même de quatre fois et demie dans certaines villes, ce qui freine la création d’entreprises et leur croissance. Nous encourageons donc toutes les municipalités à mettre en place des mesures pour réduire cet écart», affirme-t-il.

Enfin, la FCEI précise qu’il n’est pas surprenant que les banlieues obtiennent généralement de meilleurs résultats que les grandes villes dans le classement.

«C’est souvent dans les grands centres urbains que l’on retrouve le fardeau fiscal le plus lourd ou encore le plus de réglementation. Les villes en périphérie sont donc généralement plus propices au développement de nouvelles entreprises étant donné leurs politiques publiques plus favorables, leurs coûts relativement plus faibles, tout en ayant néanmoins un accès assez facile aux grands marchés C’est pourquoi il est crucial que les dirigeants des grandes villes poursuivent sur leur lancée des dernières années, comme l’ont fait Montréal et Québec par exemple, et continuent de poser des gestes significatifs en vue d’améliorer le climat d’affaires pour leurs entreprises locales», poursuit M. Gaudreault.

Il s’agit de la 10e édition du rapport de la FCEI. Cette étude annuelle analyse les caractéristiques entrepreneuriales des 125 agglomérations et régions métropolitaines de recensement les plus peuplées au Canada.

Un indice composé de 13 indicateurs regroupés dans trois catégories spécifiques (la présence, la perspective et les politiques) est calculé de manière à établir une cote relative sur 100 pour chaque collectivité analysée. La concentration d’entrepreneurs, le démarrage d’entreprise, le niveau d’optimisme et de réussite ainsi que les politiques fiscales et réglementaires font partie des indicateurs étudiés.

Deux nouvelles variables ont été ajoutées en 2018 (le ratio entre la taxe scolaire commerciale et résidentielle, ainsi que les revenus des travailleurs autonomes) et une a été retirée (la satisfaction à l’égard de la vie).

«Par conséquent, les notes et classements de 2018 ne sont pas en tous points comparables à ceux des années précédentes», précise la FCEI.

Classement des grandes villes 2018

1. Kelowna, Colombie-Britannique

2. Sherbrooke, Québec

3. Trois-Rivières, Québec

4. Banlieue de Montréal, Québec

5. Gatineau, Québec

6. Banlieue de Toronto, Ontario

7. Saskatoon, Saskatchewan

8. Regina, Saskatchewan

9. Kitchener-Cambridge-Waterloo, Ontario

10. Banlieue d’Edmonton, Alberta