La CSD-Construction soutient, entre autres, que le nouveau Règlement sur les travaux bénévoles de construction favorise le travail au noir.

Travaux bénévoles: la CSD-Construction demande une révision du règlement

MONTRÉAL (PC) — Même s’il vient tout juste d’entrer en vigueur, le Règlement sur les travaux bénévoles de construction irrite tellement la CSD-Construction qu’elle demande à la ministre du Travail, Dominique Vien, de le revoir en profondeur.

Ce règlement est entré en vigueur le 23 novembre dernier. Il autorise l’exécution de travaux de construction de façon bénévole, sans nécessairement détenir un certificat de compétence, dans les entreprises de moins de 10 salariés, dans les écoles, les CPE, les hôpitaux, dans les duplex, triplex et quadruplex où le propriétaire est aussi occupant, entre autres.

Les cinq organisations syndicales de l’industrie de la construction, mais aussi des associations patronales de la construction, ont dénoncé ce règlement, arguant qu’il ouvre la porte au travail au noir, alors que l’industrie s’affaire à le contrer depuis des années.

Lundi, la CSD-Construction a poussé sa critique plus loin, à la suite d’une réunion de ses élus au cours du week-end dernier, et elle a demandé de revoir le règlement.

Entre autres, elle tient à ce que soit retiré le fait de permettre les travaux bénévoles pour les entreprises de moins de 10 salariés.

Ensuite, elle veut que les autres travaux bénévoles autorisés dans le règlement soient autorisés seulement par une dérogation qui serait accordée par la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Elle propose également que les travaux bénévoles de construction soient réalisés «dans les mêmes conditions sécuritaires» et avec une inscription à la CNESST (Commission des normes, de l’équité, de la santé et des services sociaux) pour tous les bénévoles effectuant ces travaux.

«Tous les acteurs de l’industrie se sont investis, et ce, depuis plusieurs années, afin de contrer le travail au noir. Ce nouveau règlement ouvre la porte toute grande à la prolifération du travail au noir. Puisque la ministre n’a donné aucun pouvoir ou moyen à la CCQ d’encadrer le travail des bénévoles, nous revendiquons fermement que les travaux inclus dans le règlement soient autorisés par une dérogation», a suggéré Daniel Laterreur, président de la CSD-Construction, dans un communiqué.

La CSD-Construction représentait, lors du dernier scrutin syndical de 2016, 10,4 pour cent des travailleurs de l’industrie. Elle est la quatrième organisation syndicale de l’industrie, après la FTQ-Construction (43,9 pour cent), le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (23,6 pour cent) et le Syndicat québécois de la construction (16,1 pour cent). La CSN-Construction est la dernière des cinq, représentant 6 pour cent des ouvriers.