Des travailleurs de l’usine Sural ont organisé une manifestation pacifique dans le stationnement de l’entreprise.

Travailleurs de Sural: «On ne veut pas finir en sauvage»

BÉCANCOUR — Quarante-huit heures après l’annonce de la fermeture temporaire de l’usine Sural à Bécancour, une quarantaine de travailleurs se sont regroupés dans le stationnement de l’entreprise afin de manifester leur déception. Un geste qui a été toléré par la direction.

Étonnamment, non seulement le Syndicat des Métallos n’était pas l’instigateur de ce rassemblement, mais c’est silence radio depuis que la compagnie vénézuélienne a décidé de cesser temporairement les opérations à ses installations du parc industriel. Parmi les syndiqués présents, on explique ce mutisme par les négociations actuelles de ce même Syndicat avec la direction de l’Aluminerie de Bécancour. D’ailleurs, les travailleurs de Sural ont reçu la visite de lockoutés de l’ABI lors de cette manifestation pacifique tenue jeudi matin, de 7 h à 9 h.

«On sentait qu’on n’avait plus beaucoup de métal», raconte l’un des organisateurs, Pierre-Luc Pronovost, tout en confirmant que deux semaines auparavant, la production avait cessé à raison d’une journée par semaine.

À l’instar de la soixantaine de compagnons de travail, il aura été pris par surprise lundi soir dernier en recevant un courriel annonçant sa mise à pied. Et il dit croire que cette décision de fermer temporairement l’usine découle du fait que Sural ne paie pas ses comptes à l’ABI. 

Alors que d’autres syndiqués de Sural attribuent plutôt cette situation au lock-out, M. Pronovost fait remarquer que durant cette dernière année de conflit à l’ABI, l’usine de tige aura pourtant connu sa meilleure année en terme de production.

Même si certains n’hésitent pas à accuser l’employeur de manquer de respect dans sa façon de faire, d’autres soutiennent «qu’on ne veut pas finir en sauvage», d’où le fait que quelques syndiqués soient encore à l’intérieur de l’usine «pour vider l’entrepôt».

Par ailleurs, le groupe se dit inquiet d’être sans nouvelle de l’employeur depuis l’annonce de la fermeture temporaire. Et le maintien des opérations aux installations de Victoriaville en fait sourciller plus d’un.

Depuis mardi matin, l’usine Sural de Bécancour a cessé ses opérations sous prétexte officiel de problèmes majeurs d’approvisionnement en métal liquide et solide.

«Alcoa a offert des options pour assurer un approvisionnement continu de métal à un prix compétitif à Sural, qui est un client depuis plusieurs années. La situation actuelle avec Sural est due à des facteurs indépendants du conflit de travail à l’ABI», avait tenu à préciser Alcoa Canada. Et effectivement, Le Nouvelliste a reçu la confirmation qu’il s’agissait d’une histoire de comptes en souffrance. Une information que le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, avait aussi obtenue. «Pour que l’ABI puisse continuer de les desservir, il faut qu’ils paient avant», aura révélé le représentant caquiste, à la suite d’une discussion avec les dirigeants de l’aluminerie en lock-out

D’ailleurs, pour le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, la relation de cause à effet n’est pas si évidente entre le conflit à l’ABI et la fermeture temporaire chez Sural. 

Quant au président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, il dit n’avoir aucune indication d’une intention de fermeture définitive de l’usine Sural.