La cause des étudiants qui travaillent à l’ABI vient de refaire surface.

Travail étudiant à l'ABI: Alcoa porte la cause en appel

Bécancour — La compagnie Alcoa vient d’obtenir l’autorisation d’en appeler du jugement rendu en mai dernier par le Tribunal des droits de la personne qui amenait l’Aluminerie de Bécancour à verser entre un million de dollars et 2,5 millions de dollars en compensations salariales à quelque 230 étudiants.

«La requête pour obtenir l’autorisation d’appeler la cause a été octroyée par la Cour d’appel mercredi. La direction d’ABI est satisfaite de la décision et attend avec intérêt le moment de faire avancer sa cause», a commenté Anne-Catherine Couture, gestionnaire, Communications et Affaires gouvernementales, chez Alcoa Canada.

«On n’est pas surpris, on s’en attendait. On s’en doutait que la cour leur permettrait d’aller en appel. C’est un délai de plus dans ce feuilleton-là. Ce n’est pas quelque chose qui vient déranger les négociations alors qu’on attend d’autres dates», a confié le président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, Clément Masse.

Le Tribunal des droits de la personne avait reconnu que leur employeur faisait preuve de discrimination en leur offrant un salaire inférieur à des travailleurs réguliers pour des tâches comparables. Ces étudiants gagnaient 31 $ l’heure, soit 9 $ de moins que le salaire horaire versé à des travailleurs réguliers. Ils avaient porté plainte à la Commission des droits de la personne pour discrimination et c’est ce que le verdict de la juge Magali Lewis avait reconnu dans une décision qui pourrait faire jurisprudence dans les relations de travail.

Celle-ci affirmait que ces étudiants avaient été victimes de discrimination en raison de leur âge et de leur statut social. Cela contrevient aux articles 10, 19 et 46 de la Charte des droits et libertés de la personne.

Durant l’audition de cette plainte déposée au Tribunal des droits de la personne par la Commission des droits de la personne, ABI défendait son point de vue en plaidant entre autres que les étudiants ne pouvaient effectuer toutes les tâches réalisées par les travailleurs réguliers, d’où l’échelle salariale inférieure.

Un argument réfuté alors par la juge Lewis. «Les étudiants sont non seulement exposés aux mêmes risques que les occasionnels et les réguliers, mais ils effectuent le même travail qu’eux aux tâches des employés qu’ils remplacent», écrivait-elle.

Cette dernière avait donc condamné ABI à verser les sommes dues aux victimes pour une période variant de juin 2008 à février 2014 afin de compenser les pertes salariales subies. ABI devait en plus verser 1000 $ à chaque victime à titre de dommages moraux.