Au bord de la faillite, le magasin Toys «R» Us occupe une superficie de 20 000 pieds carrés au centre commercial Les Rivières.

Toys «R» Us en difficulté: le centre Les Rivières encaisse bien le coup

Après Sears, c'est au tour de Toys «R» Us de causer des maux de tête à la direction du centre commercial Les Rivières avec l'annonce d'une procédure juridique pour éviter la faillite.
Une situation qui survient au moment même où l'établissement vit pourtant de belles transformations avec l'ajout de nouveaux joueurs, dont Starbucks, qui effectue un retour avec un opérateur local après avoir été un sous-locataire de Target.
«Ça fait partie de notre quotidien d'avoir à faire face à des situations similaires. En même temps, ce qui s'est passé avec le Target fut très favorable pour Les Rivières. On a amené des joueurs qui n'étaient pas là et le dernier va se positionner prochainement. On a ajouté un corridor additionnel, une nouvelle entrée, et à moins d'avis contraire, ça sera possiblement de la restauration qui va également s'offrir dans le dernier espace qui reste», a laissé entendre le vice-président exécutif, exploitation-commerce de détail chez Cominar, Guy Charron.
D'ailleurs, le centre Les Rivières accueillera dès le 7 octobre prochain une boutique Linen Chest, d'approximativement 14 000 pieds carrés, dans la nouvelle section du centre adjacente à Réno-Dépôt. À cela s'ajoutent la venue d'H&M et l'agrandissement de Sports Experts/Atmosphère.
«Malheureusement, parfois, c'est le départ de certains qui amènent des alternatives qui sont autres. Ça fait partie de notre quotidien, ce ne sont pas des choses qu'on aime voir. Certains vont uniquement fermer leurs portes et vont être remplacés. On est là pour louer des espaces, pour transformer des centres et les faire modifier», explique-t-il.
Du même souffle, M. Charron souligne que Sears est toujours en opération à Trois-Rivières et Toys «R» Us, qui se retrouve aussi aux Galeries Rive Nord de Repentigny, propriété de Cominar, se veut un magasin «très performant avec une bonne visibilité».
«Dans un portefeuille comme le nôtre, qui est composé de plus de 3000 locations d'espace de commerce de détail, les deux magasins Toys «R» Us totalisent 55 000 pieds carrés sur 12,2 millions de pieds carrés. Et des espaces d'une telle ampleur, c'est toujours fort intéressant, voisin d'une entrée, au centre du mail. Je ne souhaite pas qu'ils s'en aillent demain matin. On préfère la continuité», fait-il remarquer.
Le porte-parole de Cominar donne l'exemple de Payless qui a réussi à sortir de sa restructuration. «Son problème était américain et non canadien, et tous les magasins qu'on avait, une dizaine, sont tous encore en opération», se plaît-il à rapporter.
Dans le cas de Sears, M. Charron se dit aux aguets. «On est comme tout le monde, on est dans l'attente. On a eu le privilège de travailler sur des plans. Le magasin Sears qui est situé aux Rivières ne fait pas partie de la liste des magasins cités pour être fermés. Si jamais un malheur arrivait, on a eu l'occasion au cours des dernières années de travailler sur des plans alternatifs. Ça fait partie de notre business, avec la taille qu'on a. Le fait d'être diversifié, d'avoir plusieurs types de locataires, nous amène assez facilement à passer à autre chose», affirme-t-il.
Selon lui, on ne peut avoir autant de pieds carrés «et que tout le monde va bien». «Ce n'est pas la réalité, même si l'économie du Québec va bien. Il y a des soubresauts de temps en temps, il faut être prêt, il faut anticiper ces mouvements-là. Ça fait partie de notre boulot de tous les jours comme propriétaire immobilier, en particulier dans le commerce du détail, qui vit ces mutations. Jusqu'à présent, je regarde ce qui a été fait dans les trois dernières années aux Rivières, il y a eu pas mal de nouvelles choses», poursuit-il.
À son avis, la nouveauté fait partie des choses à faire comme propriétaire immobilier. «Le consommateur recherche de la nouveauté. N'importe quelle entreprise vit ses transformations. Il y en a qui disparaissent, il y en a qui apparaissent, et nous, on est là pour fournir l'espace, encadrer, et faire les transformations à nos mails pour faire en sorte de favoriser l'achalandage. Ça fait partie de notre univers», a-t-il conclu. 
Rappelons que le détaillant américain Toys «R» Us a demandé à un tribunal des États-Unis la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites et entend soumettre une requête identique sous peu au Canada.
Les représentants de Toys «R» Us se sont présentés tard lundi devant un tribunal de Richmond, en Virginie. Bientôt, la compagnie invoquera en Cour supérieure de l'Ontario la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies du Canada.
La compagnie dit avoir obtenu un financement de 3 milliards $ US afin de maintenir les activités de la grande majorité de ses quelque 1600 magasins Toys «R» Us et Babies «R» Us à travers le monde. Toys «R» Us entend mettre en place une restructuration de sa dette à long terme de quelque 5 milliards $ US et établir un plan financier qui permettra la croissance de ses activités.
Avec la Presse canadienne