Plus de 1000 emplois dans le domaine du tourisme sont disponibles en Mauricie et au Centre-du-Québec.

Tourisme: plus de 1000 emplois vacants

TROIS-RIVIÈRES — La pénurie de main-d’œuvre qui frappe le Québec depuis plusieurs mois est loin d’épargner le domaine du tourisme, tant dans la région qu’ailleurs en province. Seulement en Mauricie et au Centre-du-Québec, plus de 1000 emplois sont disponibles dans différentes organisations et entreprises touristiques.

«Il y a une pénurie dans tous les domaines», explique Donald Desrochers, président de Tourisme Mauricie. «On parle beaucoup du manque de cuisiniers, mais c’est aussi des gardiens de parc, des réceptionnistes, des serveuses», dit-il.

Donald Desrochers, président de Tourisme Mauricie, propriétaire des hôtels Marineau et enseignant au Collège Laflèche.

Sans surprise, une grande partie de ces emplois sont saisonniers. En Mauricie, 900 emplois sont créés durant la période estivale dans le domaine du tourisme. «C’est, je crois, une des raisons qui fait que c’est plus difficile, c’est une pénurie aggravée en tourisme», indique M. Desrochers.

C’est pour cette raison que la campagne lancée par l’industrie touristique du Québec, Mon emploi en tourisme, s’adresse principalement aux étudiants et aux retraités.

Par contre, celui qui est également propriétaire des hôtels Marineau constate que des emplois aux conditions connues comme étant avantageuses ont de la difficulté à être comblés par les entreprises. «J’ai quatre hôtels et c’est la première fois qu’on a de la difficulté à trouver des serveuses, qui est une job payante en hôtellerie», explique M. Desrochers.

Redorer l’image des emplois en tourisme

La campagne Mon emploi en tourisme vise également à rendre les postes dans ce domaine attrayants. M. Desrochers considère cet aspect de la campagne particulièrement important pour l’industrie, alors que le domaine semble attirer de moins en moins de futurs travailleurs. «J’enseigne au Collège Laflèche en gestion hôtelière, et on voit que les classes diminuent de plus en plus», constate-t-il.

Bernard Giles, président de Tourisme Centre-du-Québec, mentionne que travailler en tourisme comprend des avantages que la campagne mettra de l’avant. «On contribue au rayonnement et au développement de sa région, donc ça développe une fierté locale», explique-t-il.

Parmi les mesures qui pourraient améliorer le sort de l’industrie touristique figurent les crédits accordés aux retraités qui souhaitent faire un retour sur le marché du travail. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, a d’ailleurs annoncé vouloir privilégier ce type de mesure afin de pallier, en partie, la pénurie de main-d’œuvre.

Bernard Giles, président de Tourisme Centre-du-Québec.

Une amélioration des conditions de travail fait également partie des solutions envisagées par l’industrie. «Il va falloir encourager les employeurs à faire le pas dans ce sens-là», soutient M. Giles. Des augmentations de salaire et une plus grande souplesse pour les horaires font partie des options discutées.

Attirer les travailleurs d’aujourd’hui 

Le président de Tourisme Mauricie croit que les entreprises ont également leur rôle à jouer afin d’attirer des employés. «Chacune des entreprises a un travail à faire afin de captiver les jeunes, parce qu’ils sont différents et il faut s’adapter à cette réalité», dit-il.

Selon lui, attirer les milléniaux dans les entreprises touristiques passe entre autres par une plus grande implication des employés au sein des organisations.

Les entreprises touristiques qui se trouvent en territoire dit éloigné doivent faire encore plus d’efforts afin de rendre leurs emplois vacants attrayants, ajoute M. Desrochers, qui détient un établissement hôtelier à Mattawin, entre La Tuque et Shawinigan. «On essaie de trouver des couples, qui vont avoir les mêmes horaires et qui pourront voyager ensemble», explique-t-il. D’autres mesures peuvent être mises sur pied, selon lui, comme instaurer des quarts de travail plus longs étalés sur moins de journées par semaine.

«Il faut que tu sois plus créatif quand tu es à l’extérieur des grands centres», dit-il.

De son côté, M. Giles constate le manque plus flagrant d’employés dans les organisations touristiques de grande envergure, telles que le Village québécois d’Antan de Drummondville ou encore le Jardin botanique de Kingsey Falls.

Une offre touristique grandissante

Selon M. Desrochers, cette pénurie de main-d’œuvre dans le domaine du tourisme ne fait que commencer en raison de l’offre grandissante dans la région. «On parle de plus de 600 emplois, mais la réalité c’est que ça va être encore plus avec le temps, parce qu’il y a des nouveaux produits et de nouvelles infrastructures qui s’ajoutent», dit-il.

C’est pour cette raison que M. Desrochers considère qu’il est d’autant plus important de travailler sur cette pénurie généralisée dès maintenant. «Il faut faire attention aux employés, parce qu’ils vont se faire courtiser par les compétiteurs», conclut-il.