Le programme Techno@inés a rempli les objectifs fixés lors de son lancement, en 2014. De gauche à droite: Gisèle Lafond (participante), France Brisson (présidente du Fonds LaPrade), Jacques Provencher (participant), Georgette Baril (participante) et Guylaine Bordeleau (formatrice).

Techno@inés: de l'intérêt pour une continuité

Lancé en octobre 2014, le programme Techno@inés a pris fin le 31 mars dernier, non sans avoir permis à 224 personnes âgées de 65 ans et plus de démystifier l'univers des technologies de l'information.
Devant une telle réponse, le Fonds de développement économique LaPrade Saint-Maurice tentera de trouver de nouvelles sources de financement pour offrir à nouveau cette initiative dans un avenir rapproché.
Le bilan de cette expérience a été présenté mercredi après-midi, au Digihub Shawinigan. En deux ans et demi, 156 femmes et 68 hommes ont suivi pas moins de 286 ateliers d'une durée de deux à quatre heures chacun, animés par Guylaine Bordeleau.
L'objectif consistait à intégrer les technologies de l'information dans le quotidien des aînés. Ils ont ainsi pu apprivoiser les tablettes, les téléphones intelligents, ouvrir un compte Facebook, entrer dans l'univers de Skype et découvrir les nouvelles applications des médias, par exemple. Ces formations de groupe étaient offertes dans les différents centres d'accès communautaires Internet du Centre-de-la-Mauricie.
Mme Bordeleau précise qu'elle a recensé 58 abandons au cours du programme, en raison de voyages, de l'état de santé ou par... manque de temps. «Ça n'a l'air de rien, mais nos aînés sont très occupés!», s'amuse-t-elle. 
La formatrice rappelle que pour plusieurs participants, la révolution numérique ne constitue qu'un apprentissage de plus pour des personnes qui ont dû s'adapter à l'arrivée de l'électricité, à de nouveaux modes de transport et de communication au fil des dernières décennies.
«Ce sont des gens qui ont soif d'apprendre, qui sont ouverts d'esprit», résume-t-elle. 
La participante la plus âgée était une dame de 95 ans. Lors du bilan présenté mercredi, Gisèle Lafond, Georgette Baril et Jacques Provencher ont expliqué les bienfaits de cette formation. Le fil conducteur qui unissait leurs témoignages peut être traduit par leur appréciation de pouvoir maintenant communiquer plus facilement avec leurs enfants ou leurs amis grâce à la magie du web.
La création des CACI en 1996 a permis au Fonds de développement économique LaPrade Saint-Maurice d'offrir de nombreuses formations en technologie de l'information pour diverses clientèles. Dans le cas du programme Techno@inés, l'organisme a consenti une aide financière de 45 000 $, qui a été appuyée par une subvention de 87 000 $ du ministère de la Famille, dans le cadre de l'Entente spécifique Adaptation régionale pour l'amélioration des conditions de vie des personnes aînées.
La présidente du Fonds LaPrade, France Brisson, ne peut encore confirmer le retour du programme. Son équipe suivra de près les fonds disponibles pour reprendre l'expérience.
«Nos aînés méritent qu'on leur accorde du temps», souligne-t-elle. «Si des gens ne savent pas se servir des nouvelles technologies, ils peuvent se sentir exclus du monde dans lequel ils vivent. Aujourd'hui, c'est devenu un handicap de ne pas savoir se servir d'un ordinateur. Il faut donc tenir la main et accompagner ceux qui ont des difficultés. On va tout faire pour que ce magnifique projet fasse des petits.»
Une quarantaine de personnes s'étaient déplacées pour prendre connaissance de ce bilan. Par la suite, Véronique Buisson a offert une conférence d'une heure sur la cybervigilance, afin de sensibiliser les personnes aînées à l'importance d'adopter des pratiques sécuritaires sur Internet.