Alcoa se dit déçue que l’administration américaine ait décidé de réimposer des droits de douane sur l’aluminium canadien.
Alcoa se dit déçue que l’administration américaine ait décidé de réimposer des droits de douane sur l’aluminium canadien.

Tarifs sur l’aluminium canadien: Alcoa exprime sa déception

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
BÉCANCOUR — Alcoa se dit déçue que l’administration américaine ait décidé de réimposer des droits de douane sur l’aluminium canadien en évoquant l’article 232. L’administration Trump a annoncé jeudi la réimposition des tarifs sur l’aluminium canadien. Ceux-ci entreront en vigueur le 16 août à 12h01 AM.

«L’application de ces droits de douane à un partenaire essentiel du libre-échange entraînera des perturbations inutiles pour les producteurs en aval dans toute l’Amérique du Nord et provoquera davantage de distorsions sur le marché», a-t-on fait savoir dans un courriel obtenu par Le Nouvelliste.

On peut y lire que l’imposition de droits de douane ne règle pas la question de la surcapacité chinoise, « qui est le problème fondamental auquel est confrontée la production d’aluminium primaire».

«Les États-Unis et le Canada devraient collaborer avec d’autres partenaires en faveur d’un commerce équitable pour s’attaquer aux subventions injustes qui ont incité la Chine à maintenir une surcapacité persistante», a-t-on ajouté.

Comme ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet se dit « extrêmement préoccupé par l’impact que ça peut avoir sur les emplois au Québec».

«La riposte canadienne doit être proportionnelle aux répercussions humaines, sociales et économiques négatives que ça va engendrer chez nous. Il faut faire comprendre au gouvernement américain qu’on ne peut pas laisser ça là. On va supporter totalement la réaction canadienne à l’imposition de ces tarifs-là pour l’aluminium canadien qui provient à 90 % du Québec», affirme le ministre régional.

Pour sa part, le président de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Jean Pellerin, n’y voit pas de danger dans un avenir rapproché.

«Ça reste toujours un défi pour les entreprises québécoises et dans la région, on est quand même touché par tout ça. Ce n’est pas la première fois qu’il y a des discussions au niveau des tarifs avec les États-Unis. On commence à être habitué avec ce genre de mesures-là. Je ne pense pas que ça aura un impact à court terme très solide. Il y aura sûrement d’autres négociations qui vont se faire. À très court terme, ce n’est pas une préoccupation qui est majeure de notre côté pour le moment», a-t-il commenté.