Étienne St-Jean, professeur au département de management de l’UQTR et membre de l’Institut de recherche sur les PME, Cécile Fonrouge, professeur à l’École de gestion de l’UQTR et David Brouillette, entrepreneur et enseignant au Cégep de Trois-Rivières, lors de l’annonce de la 5e édition du Startup Weekend de Trois-Rivières.

Startup Weekend: cinquième édition sous le signe de l’écoresponsabilité

Trois-Rivières — Il a beaucoup été question de changements climatiques, d’écarts de richesse et de développement durable lors de l’annonce de la 5e édition du Startup Weekend de Trois-Rivières. C’est que les organisateurs y voient une occasion de remettre en question notre façon de faire des affaires, tout en s’inscrivant dans une perspective d’avenir.

Les Startup Weekend gagnent en popularité un peu partout sur la planète. L’événement consiste à rassembler des gens aux compétences diverses autour de projets entrepreneuriaux qui auront été retenus parmi toutes les idées proposées en début de week-end. Au terme des 54 h que dure l’activité — on souligne qu’on ne dort pas toujours beaucoup —, les différentes équipes qui se seront formées présenteront le fruit de leur travail devant un jury composé d’intervenants du secteur entrepreneurial.

Le but de l’exercice, explique-t-on, est de favoriser le réseautage et de stimuler la créativité et la fibre entrepreneuriale. Des coachs sont sur place pour encadrer les équipes sur les aspects légaux, informatiques, comptables, financiers et autres questionnements qui peuvent surgir. «On ne naît pas entrepreneur, on le devient», affirme Cécile Fonrouge, professeure à l’École de gestion de l’UQTR.

Cette 5e édition trifluvienne se déroulera du 1er au 3 mars prochain à l’Atrium de l’UQTR. Le week-end sera précédé d’un atelier préparatoire de pitch, le 20 février, question de briser la glace, de se rencontrer et de stimuler les premières idées. On note que Denis Roy, conseiller du district de Marie-de-l’Incarnation à Trois-Rivières, sera au nombre des conférenciers, en sa qualité d’entrepreneur. Et que par ailleurs, le thème du développement durable est souvent rattaché au territoire et aux municipalités.

Développement durable

«Fondamentalement, ce qu’on veut faire, c’est d’amener les étudiants, les partenaires et tous les gens associés à l’entrepreneuriat à prendre conscience qu’on ne peut plus nécessairement avoir des modèles d’affaires classiques», déclare Étienne St-Jean, professeur au département de management de l’UQTR et membre de l’Institut de recherche sur les PME.

Idéalement, celui-ci dit espérer voir émerger des projets qui seront bénéfiques pour l’environnement et socialement porteurs. «On ne veut pas avoir des projets qui vont créer des mauvais emplois ou des conditions de travail mauvaises, on veut au contraire avoir des projets qui vont être stimulants pour les gens qui vont pouvoir y travailler», affirme-t-il.

Pour illustrer ses propos, Étienne St-Jean donne l’exemple de la plateforme de covoiturage québécoise Caribook qui a pris naissance dans un Startup Weekend.

Le professeur indique par ailleurs que l’on vise à vivre un événement écoresponsable. «Pour que les babines suivent les bottines», image-t-il.

Le spectre des dragons

Questionnés sur les déboires des ex-dragons Caroline Néron et Alexandre Taillefer, qui ont récemment fait la manchette, les organisateurs de l’événement font preuve de nuance dans leurs propos.

Cécile Fonrouge fait d’abord valoir que l’émission elle-même a été bénéfique dans le cadre de ses activités d’enseignement. Elle explique que la mise en scène et l’aspect show-business de l’émission ont contribué à donner de la visibilité et à valoriser l’entrepreneuriat.

Pour David Brouillette, entrepreneur et enseignant au Cégep de Trois-Rivières, il est un peu dommage que les difficultés de Téo Taxi laissent dans l’ombre les grandes réussites d’Alexandre Taillefer. «Stingray, c’est un des fleurons montréalais, et personne n’a parlé de ça cette semaine, on porte notre attention sur un mauvais coup alors qu’il en a fait beaucoup de bons par le passé», déplore-t-il.

M. St-Jean concède pour sa part que le contexte politique entourant la personnalité de l’homme d’affaires montréalais rend la situation difficile à juger. Il se désole toutefois du traitement réservé à Caroline Néron. Il dit avoir trouvé particulièrement sévères certains commentaires émis à son endroit, alors qu’aucuns fonds publics n’étaient engagés dans son entreprise et que ses difficultés ne regardent sommes toutes qu’elle-même.

Tous trois s’entendent néanmoins pour dire que les moins bons coups, comme les réussites, sont inhérents à l’activité entrepreneuriale.

S’inscrire

On indique qu’il reste encore de la place pour s’inscrire et que tous sont bienvenus. L’atelier préparatoire du 20 février n’est pas obligatoire pour ceux qui veulent prendre part au week-end lui-même. On pourra obtenir davantage d’informations sur la page Facebook de l’événement à l’adresse suivante: www.facebook.com/swtroisrivieres/