Le géant du streaming musical, Spotify, a annoncé mercredi avoir frôlé pour la première fois les 300 millions d'utilisateurs d'actifs.
Le géant du streaming musical, Spotify, a annoncé mercredi avoir frôlé pour la première fois les 300 millions d'utilisateurs d'actifs.

Spotify frôle les 300 millions d'utilisateurs actifs

STOCKHOLM — Le géant du streaming musical, Spotify, a annoncé mercredi avoir frôlé pour la première fois les 300 millions d'utilisateurs d'actifs au deuxième trimestre, dont plus de 45% d'abonnés payants, même si l'entreprise suédoise a creusé ses pertes.

Spotify, qui explique avoir été globalement épargné par les effets négatifs de la pandémie de COVID-19, a réalisé au cours du trimestre un chiffre d'affaires de 1,89 milliard d'euros, en hausse de 13% sur un an et de 2% par rapport au premier trimestre, selon son rapport financier.

Le nombre d'utilisateurs actifs a atteint 299 millions (+29% sur un an) fin juin. Principale source de revenus, les abonnés payants, qui ont accès au répertoire musical sans avoir à écouter de publicité, sont eux désormais 138 millions (+27%), soit plus de deux fois plus que ses concurrents Apple Music et Amazon Music.

Après un rare passage dans le vert au premier trimestre, l'activité reste toutefois déficitaire. Spotify a subi au deuxième trimestre une perte de 356 millions d'euros, près de cinq fois plus qu'au deuxième trimestre 2019.

Spotify, dirigé par son fondateur suédois Daniel Ek, explique sa perte par «l'impact des charges liées à la hausse de notre cours de Bourse». L'ex-start up stockholmoise, désormais cotée à New York, a ainsi dû débourser près de 300 millions d'euros de coûts financiers, contre 64 millions il y a un an.

Depuis début avril, le titre a plus que doublé et évolue actuellement autour de 260 dollars l'action, plus de 100 dollars au-dessus de son cours d'introduction en avril 2018.

«Au cours du trimestre écoulé nous avons noté un impact modeste sur la consommation horaire du fait de la COVID-19. Au 30 juin, la consommation globale est revenue à des niveaux pré-COVID», explique Spotify. Toutes les régions sont revenues dans le vert, sauf l'Amérique du Sud.

Rare «licorne» européenne, l'entreprise mise actuellement beaucoup sur le podcast, où elle multiplie les investissements en centaines de millions de dollars, même si la part dans son chiffre d'affaires reste pour l'heure minime.

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TIKTOK DEVRAIT ÊTRE FIXÉ SUR SON SORT AUX ÉTATS-UNIS CETTE SEMAINE

Le secrétaire au Trésor américain a affirmé mercredi qu’il ferait «cette semaine» une nouvelle recommandation au président Donald Trump sur le sort du réseau social TikTok, que Washington soupçonne d’entretenir des liens trop étroits avec la Chine.

«TikTok fait l’objet d’une enquête du CFIUS», l’agence chargée de s’assurer que les investissements étrangers ne présentent pas de risque pour la sécurité nationale, a déclaré Steven Mnuchin depuis la Maison-Blanche. «Nous ferons une recommandation au président cette semaine», a-t-il ajouté.  

TikTok appartient au groupe chinois ByteDance et compte près d’un milliard d’utilisateurs dans le monde.  

TikTok fait l’objet d’une enquête afin de s’assurer que les investissements étrangers ne présentent pas de risque pour la sécurité nationale.

«Nous nous penchons sur TikTok et nous songeons à prendre une décision», a déclaré pour sa part Donald Trump, qui avait déjà évoqué la possibilité de purement et simplement bannir le réseau social, dont le format – des vidéos musicales courtes – est extrêmement populaire auprès d’un public jeune.

Mais des solutions moins radicales sont aussi à l’étude, y compris une vente à un groupe d’investisseurs américains, selon les récentes déclarations d’un proche conseiller de Donald Trump, Larry Kudlow.

«Je pense que TikTok va quitter le holding qui est chinois (ByteDance NDLR) et opérer comme entreprise indépendante», avait-il déclaré il y a deux semaines.

Il n’a pas voulu dire si quelqu’un était sur les rangs pour ce rachat éventuel de TikTok, mais avait estimé que «ce serait une bien meilleure solution que l’interdiction».

Mais sur ce dossier, comme sur beaucoup d’autres, la Maison-Blanche semble divisée. Un autre proche conseiller de Donald Trump, Peter Navarro, adversaire farouche de la Chine et artisan de la guerre commerciale déclenchée contre Pékin, s’était montré favorable à une action plus forte.  

Il avait accusé TikTok – et une autre application WeChat – d’envoyer toutes les données «vers des serveurs en Chine, directement chez les militaires chinois, le Parti communiste chinois, et les agences (officielles) qui veulent voler notre propriété intellectuelle».

Pas de lien avec Pékin

TikTok a souvent dû se défendre de ses liens avec la Chine, où sa maison mère possède une application similaire, sous un autre nom. Elle a ainsi toujours nié partager des données avec les autorités chinoises et assuré ne pas avoir l’intention d’accepter de telles requêtes.

Mercredi encore, son patron Kevin Mayer a réitéré que le groupe n’avait pas de lien avec le gouvernement chinois.  

«Nous ne sommes pas politiques, nous n’acceptons pas de publicité politique», a-t-il précisé dans une note de blogue, et d’opiner le clou: «TikTok est devenu la dernière cible [des États-Unis], mais nous ne sommes pas l’ennemi».

TikTok cherche à montrer que le groupe est «un membre engagé et responsable de la communauté américaine», écrit M. Mayer, qui a promis plus de transparence.


« TikTok est devenu la dernière cible [des États-Unis], mais nous ne sommes pas l’ennemi »
Kevin Mayer, patron de TikTok

«Toute l’industrie est examinée de près, et avec raison. En raison des origines chinoises de l’entreprise, nous sommes examinés d’encore plus près. Nous l’acceptons et relevons le défi», a détaillé M. Mayer.

TikTok a donc mis en place une politique en matière de transparence selon M. Mayer, qui estime que «toutes les entreprises devraient divulguer aux régulateurs leurs algorithmes, leurs politiques de modérations et leurs flux de données».

Ailleurs dans le monde, le réseau social est aussi contesté.  

Il est ainsi banni depuis le 30 juin en Inde, où il avait été placé en tête de la liste de 59 applications chinoises bloquées par New Delhi sur son territoire pour «assurer la sécurité et la souveraineté du cyberespace indien».

Le Pakistan voisin, pays musulman très conservateur, a, lui, lancé récemment «un ultime avertissement» à l’application de partage de vidéos TikTok afin qu’elle supprime de sa plateforme des contenus jugés «immoraux, obscènes et vulgaires». Agence France-Presse