À l’avant: Marie-Claude Trempe, copropriétaire de Rien ne se perd, tout se crée et co-porte-parole régionale de Jeunes volontaires, Sébastien Goyette-Cournoyer, Dany Morin, Audrey Charron, Charlène Pagé-Kroft et Manon Fecteau.

Six jeunes s’initient à l’entrepreneuriat

TROIS-RIVIÈRES — Audrey Charron de Trois-Rivières est une artiste en arts visuels qui a eu la bonne idée de transformer ses magnifiques dessins en produits qui joignent l’utile à l’agréable et qui seront vendus en ligne grâce au site web Etsy.

Les images paisibles et candides qui sortent de son imaginaire d’artiste sont devenues, grâce à la sérigraphie, des coussins rembourrés d’écailles de sarrasin qui sont prisés par ceux et celles qui pratiquent le yoga. Ils sont vendus sous la marque Fleuri & Bloom.

Cinq autres jeunes au parcours atypique, mais prometteur, ont été invités par le Carrefour jeunesse emploi à présenter leur projet d’entreprise original qu’ils peuvent espérer concrétiser grâce à la mesure de financement Jeunes volontaires de Services Québec.

Manon Fecteau, basée dans la MRC des Chenaux, vient de démarrer Sweet Mobile, un service de toilettage à domicile pour animaux assez différent des autres. La jeune femme à l’apparence délicate peut certes tondre le pelage des chiens, mais elle sait très bien retirer aussi avec agilité l’épaisse toison des moutons, alpagas et autres animaux de ferme.

Les idées d’entreprises sont aussi diversifiées que ces jeunes de 16 à 29 ans qui bénéficient de la mesure. Par exemple, Charlène Pagé-Kroft de Shawinigan travaille à bâtir une conférence sur l’acceptation de nos états émotionnels. Dany Morin, de La Tuque, est en train de tester des techniques de production de champignons forestiers dans le but d’en faire la commercialisation.

Sébastien Goyette-Cournoyer de Trois-Rivières est un artiste en arts visuels qui se passionne pour les marionnettes. Expert en fonderie et création d’objets métalliques, il a démarré son entreprise, Fonte, grâce à laquelle il caresse l’idée de créer des spectacles uniques.

Laurence B. Lemaire, également de Trois-Rivières veut maîtriser tous les secrets des appareils qui permettent la création de courts métrages. Elle présentera sous peu le portrait d’une personne captivante de sa région grâce à son art visuel.

Grégoire Brière, coordonnateur de Jeunes volontaires Mauricie, a invité ces jeunes, jeudi, à parler de leur projet d’affaires. «Il y a beaucoup d’artistes parmi ces gens-là», signale M. Brière. Avec la mesure Jeunes volontaires, explique-t-il, on est plutôt dans la zone de «prédémarrage d’entreprise», dit-il. «On leur donne un temps d’incubation pour leur projet, un temps de réflexion.»

Marie-Claude Trempe et Évelyne Gélinas, deux amies d’enfance, sont un bel exemple du tremplin très efficace que représente le programme Jeunes volontaires. Elles ont bénéficié de cette mesure il y a 15 ans. Intéressées par les travaux manuels traditionnels, elles s’étaient acheté un métier afin d’apprendre à tisser.

«On a loué un local à 20 $ par mois à Saint-Sévère. De fil en aiguille, elles ont aussi appris le filage, le tissage, le feutrage, le tricot et la fabrication des ceintures fléchées. L’idée, au départ, n’était que de faire une simple exposition. Plus de 300 personnes s’y sont présentées. Leur passion les mène donc alors à fabriquer des collections de vêtements pour femmes sous la marque désormais bien connue Rien ne se perd, tout se crée. Quinze ans plus tard, leurs créations se trouvent dans 90 points de vente au Québec et en Ontario. Elles accueillent aussi en boutique les créations d’une centaine d’autres artisans.

Les deux jeunes entrepreneures embauchent aujourd’hui une dizaine d’employés. En 2017, elles ont fait construire une boutique de 16 000 pieds carrés, toujours à Saint-Sévère, où elles poursuivent leur passion. Elles ont également un pied dans l’avenir avec une boutique en ligne.