Benjamin Crespy, de Silicium Québec, les ministres Dominique Anglade et Pierre Arcand ainsi que le maire Jean-Guy Dubois.

Silicium Québec s'engage à investir 12,6 M $

«Ça fait quatre ans qu'on est à la diète. Ça arrive à un sacré bon moment. Je n'ai pas apporté ma pelle parce qu'on ne part pas un nouveau chantier. Mais c'est une belle journée pour Bécancour.»
Voilà comment le maire Jean-Guy Dubois a accueilli, mardi, la nouvelle d'une entente de deux ans entre le gouvernement provincial et Ferroglobe pour un allègement de la facture d'électricité de Silicium Québec.
En retour, l'entreprise s'engage à investir un minimum de 12,6 millions de dollars d'ici 2020 et à exploiter son usine du parc industriel au maximum de sa capacité pendant la durée de l'entente.
Du côté de Québec, on s'empresse de préciser que le coup de pouce accordé à Silicium Québec au plan énergétique, soit un maximum de 20 % de rabais par rapport au tarif L appliqué selon l'état du marché, sera compensé par les 13 millions de dollars de retombées fiscales envisagées au cours des 24 prochains mois.
Le plan d'investissement impliquant donc une tarification à partage de risques permettra à l'entreprise de poursuivre ses activités et d'améliorer sa productivité en maintenant 175 emplois de qualité dans la région.
«Nous annonçons différentes mesures dans un plan concerté entre l'entreprise Silicium Québec et le gouvernement du Québec. Notre priorité est de mettre en place un environnement favorable au développement de nos entreprises, dont celles du secteur industriel. C'est pour cette raison que nous lions le tarif d'électricité de l'entreprise au prix mondial du silicium.
Nous sommes très heureux de cette entente qui aura plusieurs effets positifs sur le maintien des emplois dans l'usine et sur l'économie de la région», a déclaré le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles et ministre responsable du Plan Nord, Pierre Arcand.
Celui-ci était accompagné de la ministre de l'Économie, de la Science et de l'Innovation, Dominique Anglade, qui s'envolait ensuite vers Davos pour, entre autres, y vanter les mérites de Silicium Québec auprès du nouveau président de Ferroglobe.
«L'usine de Silicium Québec fait partie de la structure industrielle du Québec depuis plusieurs années. L'entreprise joue notamment un rôle déterminant dans l'essor du manufacturier innovant au Québec, grâce au silicium qu'elle fournit et qui entre dans la composition de plusieurs produits industriels, dont les alliages d'aluminium utilisés pour alléger les véhicules automobiles», a-t-elle commenté lors de la conférence de presse organisée à l'intérieur de l'usine.
«Par l'entremise de cette entente, nous nous assurons d'accompagner adéquatement Silicium Québec, qui sera en mesure d'investir dans l'amélioration de la productivité de ses installations. Je suis persuadée que l'intervention de notre gouvernement, jumelée à l'amélioration des conditions de marché, contribuera au succès de l'entreprise», a renchéri Mme Anglade.
Par ailleurs, Silicium Québec s'engage à réaliser une étude de faisabilité sur la production et l'utilisation de charbon de bois provenant de la matière ligneuse de la région pour les besoins de l'usine. Le recours au charbon de bois pourrait engendrer des retombées économiques additionnelles et significatives pour l'industrie forestière. 
«Nous tenons à remercier le gouvernement du Québec pour cette importante contribution, ce soutien, et son travail rigoureux des 18 derniers mois. L'hydroélectricité demeure l'atout majeur qui justifie notre présence au Québec.
Par ailleurs, pour traverser cette période difficile, avec une baisse de la demande et des prix vers le bas, et faire face à la concurrence internationale, nous pouvons également compter sur les 40 années d'expertise de nos employés et l'accès à la meilleure technologie à la suite de l'intégration de Silicium Québec dans Ferroglobe, le leader mondial de l'industrie», a indiqué le directeur général de Silicium Québec SEC, Benjamin Crespy.
Même si le ministre Arcand n'a pas voulu se faire dramatique sur le sort qui attendait l'usine sans l'intervention de Québec, laquelle, dit-il, ne se compare pas au scénario du défunt projet de FerroAtlántica à Port-Cartier, il n'a pas caché pour autant que cette industrie vivait un creux cyclique, avec la chute des prix, et qu'il fallait trouver les meilleures solutions possibles pour l'aider à «passer au travers» et assurer ainsi sa pérennité.
«L'usine de Bécancour est un employeur d'une importance capitale pour la ville de Bécancour. En activité depuis 1976, elle offre plus de 175 emplois directs et près de 400 emplois au total dans notre région. En plus de permettre à Silicium Québec de maintenir ses activités et les emplois, l'entente annoncée démontre la réelle volonté de notre gouvernement de mettre l'accent sur la relance économique de la région», a fait savoir par voie de communiqué le ministre responsable du Centre-du-Québec, Laurent Lessard. 
Du côté syndical, on a salué l'annonce. «Évidemment, nous sommes heureux de cette nouvelle qui vient consolider nos emplois ici à l'usine», a commenté Jean Simoneau, président de la section locale 184 et secrétaire-trésorier du Conseil québécois d'Unifor.
Le syndicat voit aussi d'un bon oeil le fait que Silicium devra réaliser une étude de faisabilité sur la production et l'utilisation de charbon de bois qui pourrait provenir de la région.
«Ce nouveau débouché pourrait avoir des répercussions positives dans le secteur forestier, un secteur d'activité économique important dans la région où nous comptons de nombreux membres», a souligné Renaud Gagné, directeur québécois d'Unifor.
La convention collective devant être renouvelée au cours du printemps, cette annonce vient à point nommé pour le syndicat qui voit ainsi la situation de l'employeur se stabiliser. «Disons que c'est un contexte propice pour entreprendre la négociation et l'amélioration des conditions de travail», a indiqué M. Simoneau, qui représente 140 membres.
Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui avait réclamé pareille mesure, a parlé d'un dénouement «très positif».