Le directeur de Silicium Québec, à Bécancour, Benjamin Crespy, lors de sa conférence devant les membres des MMCQ.

Silicium Québec: «D’envergure mondiale»

Bécancour — «L’usine de Bécancour ne progresse pas toute seule. Il y a beaucoup de sous-traitance. Il faut être bon ensemble. On doit atteindre ensemble des niveaux de compétitivité». Voilà le message qu’a lancé le directeur de Silicium Québec, Benjamin Crespy, aux membres des Manufacturiers Mauricie Centre-du-Québec lors du tout dernier déjeuner de l’organisme.

En 2015, le Groupe FerroAtlántica et Globe Specialty Metals, propriétaire de Silicium Québec, ont fusionné, devenant ainsi l’un des plus importants producteurs de silicium au monde, évalué à 3,1 milliards $. Et au début de l’année, une entente de deux ans a été conclue entre le gouvernement du Québec et Ferroglobe pour un allègement de la facture d’électricité. Car le procédé de fabrication du silicium est «électro-intensif», a-t-il rappelé.

«C’est une énergie propre, mais qui n’est pas encore un avantage compétitif. On a toutefois une vision à long terme de ce que va être le coût de l’énergie. Nos coûts fixes et de main-d’oeuvre sont supérieurs aux pays émergents. Il faut produire beaucoup et efficacement. Il faut faire bien marcher ce qu’on a. Il faut être les meilleurs dans un marché mondial où les compétiteurs sont chinois, australiens, norvégiens», a fait savoir le conférencier tout en plaçant dans la colonne des avantages cet accès à toute la technologie de Ferroglobe.

Malgré l’enjeu des tarifs d’électricité, M. Crespy est d’avis que l’énergie propre du Québec deviendra à long terme un avantage concurrentiel. «On a la plus faible empreinte carbone dans le groupe», a-t-il fièrement déclaré.

Avec sa production annuelle de 45 000 à 50 000 tonnes de silicium métallique, Silicium Québec, qui compte 175 employés, «est la troisième plus grosse du groupe». «C’est une usine d’envergure mondiale», a indiqué l’invité du jour avant de préciser que 49 % de la production de Bécancour s’en allait aux États-Unis. La moitié sert au secteur de l’aluminium tandis que 35 % du silicium produit est utilisé par l’industrie chimique. Le solaire récolte le reste, soit 15 %, un domaine qui connaît «une croissance à deux chiffres».