Des gens d’affaires qui veulent du changement dans le district de la Cité le 5 novembre. De gauche à droite: René Miller, Denis Mourelatos, Justine Prud’homme, Claude Villemure, Renée Tremblay et Michel Gauthier.

Shawinigan: des gens d’affaires réclament du changement

Shawinigan — Déçus de l’intérêt porté par leur conseiller à leur endroit au cours des dernières années, des gens d’affaires du district de la Cité, à Shawinigan, veulent du changement le 5 novembre. Ils ne souhaitent pas voir Alain Lord être réélu pour un septième mandat consécutif et pour lui barrer la route, ils appuient Jacinthe Campagna.

Vous ne verrez pas souvent des gens d’affaires s’avancer publiquement pour ou contre un candidat en campagne électorale municipale, à moins d’une issue hautement prévisible. Ce qui n’est pas le cas dans le district de la Cité. Alain Lord règne sans interruption au conseil municipal de Shawinigan depuis 1994. Trois aspirants reluquent son siège, ce qui, en principe, devrait l’avantager compte tenu de la division des voix. En plus de Mme Campagna, Céline Ayotte et Patrice Bolduc cherchent à briser la séquence victorieuse.

Claude Villemure (Caméléon solutions intégrées, les Ailes Buffalo, le Memento), Renée Tremblay (architecte), Justine Prud’homme (Chef Justine), Michel Gauthier (Bistro M), Denis Mourelatos (Restaurant Bravo) et René Miller (denturologiste) s’exposent publiquement pour exiger du changement. Leurs doléances à l’endroit de M. Lord varient en intensité, mais ils s’entendent sur un point: le quartier a besoin d’une nouvelle énergie autour de la table du conseil municipal.

«Je pense qu’il a fait le tour du jardin», image M. Gauthier. «Chez nous, il a été invisible pendant les travaux de réfection de la 5e Rue. Il me semble que ça aurait été la moindre des choses qu’il vienne me voir et me demande ce qu’il aurait pu faire pour m’aider. Il aurait au moins dû s’imposer, comme devoir, d’aller manger de temps en temps au centre-ville.»

«Je ne sais pas s’il est tanné ou blasé, mais j’aimerais avoir quelqu’un plus à l’écoute», renchérit M. Mourelatos. «Quelqu’un qui va répondre à nos appels, qui va écouter nos suggestions.»
Les besoins ne manquent pas, rappelle Mme Tremblay, qui avait présenté sa candidature dans ce district en 2009.

«On pense que quelqu’un qui a donné 23 ans de service devrait laisser sa place à quelqu’un d’autre», souligne-t-elle. «Dans le dernier mandat, il n’a pas été démontré qu’il y avait une créativité, un regain d’énergie ou de dynamisme de la part de M. Lord...»

«Il y a plusieurs gros dossiers dans le district de la Cité. La revitalisation de la 5e Rue et de l’avenue de la Station, c’est fait, mais il reste d’autres rues qui devraient être faites dans le respect de ce qui a été appris des inconvénients du passé. Des commerçants ont énormément soufferts des travaux; certains ne s’en sont pas remis.»

«Une ressource avait été dédiée à la revitalisation des centres-villes, mais il n’y a plus personne», ajoute Mme Tremblay. «Il y a le dossier de la Belgo, où il faut que ça s’active. Le quartier Saint-Marc a dramatiquement besoin d’amour, il y a des locaux vides. Des gens du centre-ville déménagent au centre d’entrepreneuriat. Si on entre en compétition entre nous pour s’arracher des morceaux de tartes, ça ne marche pas. Ça donne un bilan neutre!»

Derrière Campagna
Ces employeurs ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de Mme Campagna. M. Villemure ne la connaissait pas avant qu’elle annonce sa candidature, mais quelques échanges avec elle l’ont convaincu de lui donner un coup de main pour amener du sang neuf dans le district. Il travaille activement à son élection, contrairement aux autres qui lui assurent leur appui, sans plus. De son côté, M. Miller la connaît depuis longtemps; Mme Campagna avait même annoncé sa candidature à ses bureaux en avril.

«Elle a une vision, des idées, elle écoute les autres», énumère Mme Prud’homme. «Moi, je m’attends d’un élu qu’il prenne des idées et les amène au conseil. Il doit être là pour les bonnes raisons.»
«Je ne pense pas qu’avec elle, ce sera un oui automatique autour de la table», pointe M. Villemure. 

«Elle est capable d’argumenter. Avant de dire que je l’appuyais, je l’ai testée! Je pense qu’elle irait au bâton pour nous.»

«On dit qu’on veut rajeunir l’image de Shawinigan, ramener des familles», souligne M. Miller. «Ça prend quelqu’un qui a du dynamisme! Jacinthe, c’est de l’énergie pure.»

Et si M. Lord est réélu?
«S’il rentre à nouveau, on va travailler avec lui», mentionne Mme Prud’homme. «Mais il devra avoir envie de travailler. Pourquoi y a-t-il des élections aux quatre ans? C’est pour favoriser un changement. Dans son cas, on parle de 23 ans dans un siège. Au Marché public, il nous a aidés. Mais actuellement, parmi les candidats qui sont là, nous avons besoin de quelqu’un qui va au bâton.»

On a déjà entendu des histoires de boycott de commerçants pour moins que ça au centre-ville, ce qui n’effraie visiblement pas ces gens d’affaires.

«C’est de l’enfantillage!», s’exclame Mme Tremblay. «Tout le monde a droit à ses opinions politiques sans qu’il y ait de représailles. Peu importe la personne élue, nous voulons quelqu’un de présent, qui va répondre au téléphone et qui va se préoccuper des dossiers du centre-ville.»