Le directeur général du CMQ, Gheorghe Marin, expliquant cette nouvelle phase de développement qui se traduit par la création d’un centre de recherche sur le développement des poudres métalliques au Québec.

Sept millions $ au Centre de métallurgie du Québec

TROIS-RIVIÈRES — «C’est un grand partenariat pour l’innovation». Voilà comment le ministre fédéral François-Philippe Champagne a qualifié le projet de 8,7 millions de dollars annoncé lundi au Centre de métallurgie du Québec (CMQ) à Trois-Rivières et qui sera complété d’ici 2021.

Les gouvernements du Québec et du Canada accordent des aides financières totalisant 7 022 566 $ pour son agrandissement. Le projet vise à ajouter 8600 pieds carrés de superficie aux bureaux et à l’usine. Le CMQ fera aussi l’acquisition de deux atomiseurs afin de développer de nouvelles poudres métalliques et non métalliques pour la fabrication additive.

«Grâce à cet investissement, le CMQ vise à devenir un établissement de calibre mondial en matière de fabrication de poudres métalliques et non métalliques pour l’impression 3D. Ces poudres entrent dans la conception de pièces, de préformes et de revêtements contre la corrosion, notamment dans les domaines de l’aéronautique et des sciences biomédicales», a expliqué Marie-Eve Proulx, ministre déléguée au Développement économique régional.

Le CMQ mènera le projet en collaboration avec le Laboratoire de métallurgie des poudres de l’Université Laval et le Centre de caractérisation microscopique des matériaux de Polytechnique Montréal.

D’un montant de 5 022 566 $, la contribution du gouvernement du Québec est issue du Programme de soutien aux organismes de recherche et d’innovation, volets 3 et 4. De son côté, le gouvernement fédéral accorde une contribution non remboursable de 1 000 000 $ dans le cadre du Programme de développement économique du Québec de DEC, à laquelle s’ajoute une subvention de 1 000 000 $ de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI).

Le montage financier est complété par la contribution du Cégep de Trois-Rivières et du CMQ (1 136 508 $), de Tekna (288 000 $), du bureau de Développement économique régional de Rio Tinto (200 000 $) et de la Ville de Trois-Rivières (150 000 $).

Pour ce projet, le CMQ s’associe au Laboratoire de métallurgie des poudres de l’Université Laval et au Centre de caractérisation microscopique des matériaux de l’École Polytechnique de Montréal. L’entente de collaboration prévoit que chacun mettra à la disposition de l’ensemble du groupe ses ressources matérielles et humaines afin de créer une grappe de recherche et développement appliqué. Le but? Assurer une synergie dans le développement des poudres métalliques au Québec et ainsi maximiser les retombées sur les industries.

D’ailleurs, pour le directeur général par intérim du Cégep de Trois-Rivières, Robert Champagne, il s’agit d’un bel exemple de collaboration de recherche entre un collège et des universités. «Le CMQ rassemblera un noyau d’expertise unique au Québec et au Canada qui rayonnera à l’échelle mondiale», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le Centre de recherche industrielle (CRIQ) permettra à l’accès à ses laboratoires d’impression 3D pour réaliser des pièces industrielles à partir des nouvelles formulations des poudres développées.

«Le CMQ aura une plateforme unique de recherche et de formation permettant d’attirer des partenaires industriels de premier plan ainsi que des chercheurs et des étudiants parmi les meilleurs au monde», a ajouté la ministre Proulx. 

Et selon son collègue de Trois-Rivières, Jean Boulet, ce centre sera unique au Canada et permettra le développement de matériaux à haute valeur ajoutée utilisés en fabrication additive de métaux.

«Le CMQ étant affilié au Cégep de Trois-Rivières, les étudiants seront formés sur des équipements à la fine pointe de la technologie. Cette main-d’œuvre qualifiée constitue un facteur d’attraction pour les entreprises et enrichit la position du Québec sur le marché innovant de la fabrication additive», renchérit le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

Pour sa part, le ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, trouve important «qu’on se donne les moyens de nos ambitions», soit de faire du CMQ une référence mondiale.

Déjà, le directeur général du CMQ, Gheorghe Marin, a fait savoir qu’une phase 5 était dans les cartons. Fondé en 1985, le CMQ, qui comptera une cinquantaine d’employés au terme de la phase 4, est un centre collégial de transfert de technologie intégré au Cégep de Trois-Rivières et doté d’infrastructures de recherche et d’innovation sur les matériaux métalliques et les procédés métallurgiques. Le CMQ répond aux besoins de 150 entreprises annuellement.