Raphaëlle Julien Caron.

Sept générations plus tard...

Trois-Rivières — On ne peut pas dire que le transfert d’entreprise soit un problème à la Ferme Caron, du secteur Saint-Louis-de-France, à Trois-Rivières, avec une septième génération de propriétaires.

Située sur des terres appartenant à la famille Caron depuis 1852, la Ferme Caron est maintenant la copropriété de Raphaëlle Julien Caron. Depuis 1980, les installations sont exploitées par ses parents, Gaétan Caron et Christiane Julien. Lors de cette acquisition réalisée il y a maintenant 38 ans, la production de lait de vache avait été remplacée par la production de fraises.

La transition vers une agriculture biologique se fait alors très rapidement, l’entreprise obtenant une certification bio dès 1984. Les chèvres font leur entrée sur la ferme l’année suivante et c’est en 1987 que débute la commercialisation du fromage Le Blanchon, qui représente encore aujourd’hui la production principale de la ferme. Il s’agit d’un fromage de chèvre fermiers à pâte fraîche natures et assaisonnés (ciboulette, herbes de Provence, ainsi que ail et poivre) certifiés biologiques. La fromagerie transforme aussi occasionnellement un fromage de type féta.

L’entreprise a aussi renoué avec la culture de petits fruits depuis quelques années et ouvre ses champs à la fin juin, début juillet pour l’autocueillette de fraises et de camerises certifiées biologiques.

C’est en 2016 que le projet de relève agricole commence à être évoqué à la Ferme Caron lorsque la fille aînée des propriétaires, Raphaëlle, annonce son intention de poursuivre les activités de production de fromage de chèvre, de même que la culture de petits fruits.

Auparavant, cette bachelière en géographie aura travaillé comme chargée de projet à la Société d’aménagement et de mise en valeur du bassin de la Batiscan avec pour projet principal la conception d’un atlas des milieux humides d’importance dans le bassin versant.

Outre ce stage, Raphaëlle a aussi travaillé à la Fédération de l’Union des producteurs agricoles de la Mauricie en emploi d’été «où j’ai apporté mes compétences sur le terrain et en géomatique pour le projet de mise en valeur de la biodiversité des cours d’eau en milieu agricole dans le bassin versant de la rivière des Envies».

Au cours de sa maîtrise, elle aura oeuvré au sein du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec comme chargée de projet en agroenvironnement et responsable régionale de la géomatique, notamment pour un projet de cartographie et analyse des milieux humides de la région Centre-du-Québec.

Et à la fin de ses études, elle fut engagée comme responsable en agroenvironnement à la Réserve mondiale de la biosphère du Lac-Saint-Pierre.

C’est à ce titre qu’elle s’implique dans la création de la Fondation Trois-Rivières pour un développement durable en 2011, qui a pour but de favoriser la protection et la conservation des milieux naturels. Elle y travaillera jusqu’à son aventure de relève entrepreneuriale qui, de son propre aveu, entraîne toujours de nombreux défis.

Maintenant copropriétaire de l’entreprise, Raphaëlle, qui a suivi une formation obligatoire en production de fromage à Saint-Hyacinthe, souhaite d’abord assurer la continuité de la ferme familiale et poursuivre le projet de production de fromage de chèvre biologique mis en place par ses parents il y a 31 ans. De nouveaux projets seront aussi mis en place dans les prochaines années, l’entreprise souhaitant diversifier ses produits, développer de nouvelles recettes et mettre en marché de nouveaux types de fromages.

Le projet d’envergure actuellement en cours à la ferme consiste en la construction d’un nouveau bâtiment qui accueillera une plus grande fromagerie, de même qu’un kiosque de vente à la ferme et ce, dès l’été prochain. Quant au nombre de chèvres, il devrait passer de 32 à 40.

Finalement, son conjoint, Raphaël Fort, est derrière l’entreprise Miels des 3 Rivières, qui a fait ses débuts en 2010 avec l’acquisition des premières ruches. Les produits de cet apiculteur sont d’ailleurs disponibles à la Ferme Caron.

Ah oui, une huitième génération est déjà assurée. Et elle est aussi féminine...

Ferme Caron en chiffres

1852
Début de la Ferme Caron

40
Chèvres prévues en 2019

1984
Certification bio