Intéressée par un poste en cuisine, Marie-Hélène Béland échange avec Frédéric Lapointe, du Groupe Lokia, sous le regard de la directrice générale de la résidence, Marie-Claude Goulet, et de la directrice des ressources humaines, Sheena Héroux.

Salon de l'emploi: la formule sera réévaluée

Trois-Rivières — Même s’ils auront été près de 2000 à franchir les tourniquets de la bâtisse industrielle mercredi, les organisateurs du Salon de l’emploi Trois-Rivières/Bécancour ne cachent pas que la formule sera réévaluée en vue de l’an prochain.

«Il y a de moins en moins de gens disponibles sur le marché. Si on a 2000 emplois à offrir et qu’il y a 2000 personnes qui viennent, tôt ou tard, il va falloir se poser des questions s’il y a d’autres moyens, d’autres méthodes. C’est une réflexion qu’on va entamer dès la fin de cette septième opération avec nos participants et nos partenaires financiers. J’espère que véritablement, on pourra combler une bonne partie des emplois, car il y a certains cas d’urgence», a confié au Nouvelliste le directeur général d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières, Mario De Tilly.

D’autant plus, dit-il, que le salon virtuel, qui aura lieu jeudi, prend aussi de l’ampleur. «Ce sont des outils modernes de communication. On va regarder. Il y a des entreprises qui nous ont suggéré certaines façons de faire qu’on va observer. Il y a d’autres modèles qui se font aussi à l’échelle du Québec, du Canada et de l’Amérique du Nord, on va regarder les modèles les plus pertinents. Ça ne veut pas dire qu’on va abandonner le Salon, au contraire, il peut être un élément parmi un florilège de moyens d’action», précise-t-il.

Ils étaient encore plusieurs chercheurs d’emplois à attendre l’ouverture des portes à la bâtisse industrielle de Trois-Rivières.

Car pour l’édition 2019, on retrouvait tout de même une centaine d’exposants avec quelque 1800 emplois à offrir. «On a encore d’énormes besoins, d’énormes lacunes en matière de recrutement. C’est encore un outil qu’on maintient en place. Et jeudi, ce sera le salon virtuel. Sans se déplacer, à partir de chez eux, les gens pourront entrer en contact avec une quarantaine d’autres employeurs qui seront disponibles en ligne directe pour discuter et échanger avec des futurs candidats et postulants», explique M. De Tilly. 

Parmi les employeurs présents, on y voyait Ameublements Tanguay et Liquida Meubles qui ont le défi de recruter des conseillers à la vente, en dépit d’un horaire de travail qui s’étend parfois en soirée et les week-ends. Une option intéressante, toutefois, pour les étudiants. Et chez Hardy Filtration, qui compte déjà plus de 80 employés, ses représentants, Réjean Hardy et Myriam Gélinas, souhaitaient procéder rapidement à quatre ou cinq embauches.

On reconnaît sur cette photo la mairesse par intérim de Trois-Rivières, Ginette Bellemare, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, la directrice intérimaire du Bureau de Services Québec, Marie-Hélène Picotte ainsi que Mario De Tilly, directeur général d’IDE Trois-Rivières.

Pendant que FAB 3R affichait une dizaine de postes dont quatre pour des machinistes, l’usine Kruger Wayagamack faisait connaître ses besoins pour, entre autres, des mécaniciens machines fixes et des électrotechniciens.

«Les employeurs se disaient très satisfaits à la fin de la journée. Ils ont trouvé des candidatures de qualité», a mentionné en fin de journée Laurence Gagné, d’IDE Trois-Rivières. 

À elle seule, la nouvelle résidence du Groupe Lokia, qui ouvrira ses portes cette année sur le site de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, va créer 106 emplois. Et selon sa directrice générale, Marie-Claude Goulet, la moitié d’entre eux seront pour des préposés aux bénéficiaires. Aimant travailler avec la clientèle âgée, Marie-Hélène Béland s’est d’ailleurs arrêtée à ce kiosque pour lui proposer ses services, mais à la cuisine.

Pendant qu’un travailleur expérimenté de 59 ans, Michel Beaudoin, explorait les possibilités de trouver un boulot dans la région, un immigrant de Montréal, Mohamed Camara, semblait déjà attiré par la «très belle ville» de Trois-Rivières. Originaire de Guinée, il est détenteur d’un baccalauréat en administration. D’ailleurs, deux autobus de nouveaux arrivants ont été accueillis au Salon, l’un provenant de la métropole, l’autre regroupant des étudiants de l’UQTR et du Cégep de Trois-Rivières.

«J’aurais aimé ça dans mon temps avoir un beau Salon comme ça pour y rencontrer des employeurs de qualité», a avoué la mairesse suppléante de Trois-Rivières, Ginette Bellemare.

De son côté, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a tenu à rappeler que le Salon de l’emploi Trois-Rivières/Bécancour fut le premier événement «qui a scellé cette union économique» entre les deux rives.

«Un emploi, c’est plus qu’une job. Ça dicte la façon que tu vas être accepté et que tu vas entrer en contact avec les autres. Venez vous faire séduire», a lancé comme message cet ancien conseiller en orientation.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle