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En 2019, 266 000 personnes travaillaient au salaire minimum au Québec, ce qui correspond à 6,2 % de l’emploi total.
En 2019, 266 000 personnes travaillaient au salaire minimum au Québec, ce qui correspond à 6,2 % de l’emploi total.

Salaire minimum : le meilleur revenu disponible est au Québec

Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune
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Même si le salaire minimum du Québec, qui passera à 13,50 $ le premier mai, n’est pas le plus élevé au pays, la belle province est l’endroit où le taux de couverture de la mesure du panier de consommation (MPC) est la plus élevé. C’est ce que démontre une étude de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

L’étude, pilotée par Luc Godbout, professeur titulaire à l’Université de Sherbrooke, Suzie St-Cerny et Matis Allali, tous deux des professionnels de recherche à la Chaire, compare la couverture de la MPC entre toutes les provinces canadiennes. La MPC est, depuis 2018, utilisée comme seuil officiel de la pauvreté au Canada et mesure le coût d’un panier de biens et de services (aliments, habillement, logement, transport et autres nécessités).

Que ce soit donc pour les personnes seules, les couples sans enfants avec un revenu, les couples sans enfants avec deux revenus, les familles monoparentales avec un enfant, les couples avec deux enfants avec un revenu ou les couples avec deux enfants avec deux revenus, le Québec se classe au premier rang au pays.

« Le salaire minimum c’est une chose, mais qu’est-ce qui arrive avec ce salaire-là? questionne M. Godbout. On paie des impôts et des cotisations et on reçoit des prestations pour arriver au revenu disponible. Est-ce qu’on aime mieux gagner 13,50 $ au Québec ou 15,20 $ en Colombie-Britannique? Au Québec, on arrive à couvrir les besoins de base, mais eux n’y arrivent pas même en gagnant plus cher. »

Par exemple, une famille avec deux enfants dont les deux parents travaillent au salaire minimum gagne, au Québec, un revenu brut de 49 140 $. La même famille en Colombie-Britannique a un salaire annuel combiné de 55 328 $. Après les les prestations, le revenu disponible pour la famille québécoise est 56 857 $ et de 57 773 $ en Colombie-Britanique. Lorsqu’on prend en compte la MPC, la couverture au Québec est de 134 % et de 112 % à l’autre bout du pays. La famille québécoise a donc plus de marge de manoeuvre après avoir comblé ses besoins de base que la famille de l’Ouest canadien malgré une différence de plus de 6000 $ en revenu brut.

À noter qu’un couple sans enfants dont une seule personne travaille n’arrive pas à couvrir la MPC au Québec. 

À l’internationale parmi les pays membres de l’OCDE, le Québec se classe notamment au tout premier rang concernant la portion du salaire minimum annuel conservée pour une famille monoparentale avec un enfant tandis que seules la Nouvelle-Zélande et la Slovénie devancent le Québec pour le ratio du salaire minimum au salaire moyen.

Légère régression

Malgré l’augmentation du salaire minimum de 40 cents, les ménages québécois subissent en 2021, selon cette étude, une légère régression de leur couverture de la MPC. Les couples avec deux revenus et deux enfants sont les plus touchés avec une diminution de 1,3 %.

Néamoins, si l’on compare avec les données de 2015, la situation de tous les ménages québécois s’est améliorée. Le taux de couverture a même augmenté chaque année.

« Il va falloir regarder l’année prochaine pour voir si c’est simplement une anomalie », prévient M. Godbout.

Les femmes et les jeunes

Toujours selon l’étude, en 2019, 266 000 personnes travaillaient au salaire minimum au Québec, ce qui correspond à 6,2 % de l’emploi total. Plus de la moitié (58 %) sont des travailleuses tandis que près de 60 % ont moins de 24 ans. La plus grande partie des emplois au salaire minimum se trouve dans les secteurs du commerce et celui de l’hébergement et service de restauration.

Pour consulter l’étude cliquez ici