Les propriétaires du Café Aux Cinq Sœurs, Olivier Myre et Roxanne Monfette, et leur fils Henri.

Sainte-Thècle: l'édifice acheté aux Chevaliers de Colomb est mis en vente

SAINTE-THÈCLE — Le temps presse pour les propriétaires du Café Aux Cinq Sœurs de Sainte-Thècle, qui possèdent également un autre immeuble au cœur de la localité et dont l’un des murs risque de s’effondrer, à un point tel qu’ils ont récemment mis en vente l’endroit où ils voulaient ouvrir un nouveau commerce.

Ils ont en effet publié un statut sur Facebook sur la page de leur commerce la semaine dernière par l’entremise de laquelle ils mettent en vente au coût de 48 000 $ l’édifice qu’ils ont acheté aux Chevaliers de Colomb en 2018. La publication fait clairement mention que la construction située sur la rue Masson est sinistrée et qu’ils sont très ouverts à négocier avec un éventuel acquéreur désireux de la démolir ou d’effectuer les travaux nécessaires afin de prolonger sa vie utile.

Selon l’un des propriétaires, Olivier Myre, cette récente mise en vente découle de la séance d’information à laquelle ont assisté, jeudi dernier, les membres du conseil 2817 des Chevaliers de Colomb, exercice qui leur a permis de connaître les implications juridiques et morales découlant de ce litige. À la suite de cette rencontre, le Grand Chevalier du conseil de Sainte-Thècle, Michel Rheault, a indiqué à M. Myre que la solution que les Chevaliers de Colomb proposeront sera discutée et adoptée lors de la prochaine assemblée générale du conseil, le 17 octobre prochain. Rappelons que les jeunes entrepreneurs sont sortis publiquement en août dernier afin de dénoncer qu’ils étaient aux prises avec une bâtisse dont l’avenir est mis en péril en raison d’un vice caché affectant la toiture. Celle-ci serait incapable de soutenir le poids de la neige. Selon eux, leur compagnie d’assurance refuse de couvrir les frais reliés au problème, car celui-ci est considéré comme un vice caché. Voilà pourquoi ils ont demandé, en avril, l’annulation de la transaction. Cet avis n’est pas partagé par les Chevaliers de Colomb. Dans une lettre acheminée récemment aux médias, le Grand Chevalier indiquait que la bâtisse vendue par l’organisme au couple Myre-Monfette ne cache aucun vice. Il précisait également que la bâtisse avait été vendue sans garantie légale.

Déçu que les Chevaliers de Colomb ne tiennent pas plus tôt la rencontre qui pourrait permettre de dénouer l’impasse, d’autant plus que le Grand Chevalier avait récemment fait preuve d’ouverture selon lui, M. Myre soutient qu’il n’avait d’autre choix que de tenter de trouver un acquéreur ayant les ressources financières nécessaires afin de réagir rapidement pour le bien de l’édifice et de la population. Comme sa conjointe et lui ne sont pas présentement en mesure de payer pour faire réparer ou démolir leur propriété, la vente se veut la seule option pour éviter qu’un possible effondrement, et les dommages qu’il causerait, ne mette son entreprise dans une situation financière très précaire, voire la forcer à faire faillite, et ce, même si le Café Aux Cinq Sœurs constitue un commerce en santé et faisant partie intégrante du récent mouvement de revitalisation de Sainte-Thècle.

«On veut éviter le pire. Comme on n’est plus assuré et assurable sur cette bâtisse en raison du sinistre, on a décidé de vendre. Ce n’était pas notre premier plan. On voulait la réparer et en faire profiter notre entreprise», assure M. Myre.

À la suite de la rencontre de jeudi dernier, Olivier Myre s’est entretenu au téléphone avec le Grand Chevalier. Il semble que ce dernier n’ait pas voulu lui faire part de la nature des discussions. Même ses connaissances faisant partie du mouvement n’ont pas voulu en dire davantage. «On dirait que leur avocat [qui représente tous les conseils de la province] les tient au silence», constate-t-il.

Depuis la mise en vente, quelques personnes se sont manifestées afin d’obtenir des informations supplémentaires. Aucune offre formelle ou sérieuse n’a été déposée pour l’instant.

Pas le choix d’attendre

Répétant que les membres de son organisme ne sont pas insensibles à la situation dans laquelle se retrouve le couple d’entrepreneurs, M. Rheault précise que l’assemblée générale ne peut pas se tenir plus tôt en raison des statuts et règlements du conseil 2817.

«On ne peut pas convoquer une assemblée générale à moins de 30 jours d’avis. On a essayé de voir avec notre avocat si on pouvait faire ça plus tôt, mais on a les mains attachées par les statuts et règlements. Je ne suis pas insensible à la situation. C’est un jeune couple et je veux que le Café Aux Cinq Sœurs continue», soutient le Grand Chevalier avant d’indiquer que la dernière rencontre a été l’une des plus courues par ses membres au cours des dernières années, signe qu’ils sont préoccupés par la situation.

L’assemblée du 17 octobre servira à écouter les propositions des membres, à en discuter et à décider, par vote secret, laquelle sera présentée à M. Myre et Mme Monfette.