Alors que le déconfinement est bien amorcé au Québec, de nombreuses personnes se sont ruées sur les chalets à louer en Mauricie.
Alors que le déconfinement est bien amorcé au Québec, de nombreuses personnes se sont ruées sur les chalets à louer en Mauricie.

Ruée vers les chalets en Mauricie

Après plus de deux mois de confinement, nombre de Québécois avaient manifestement hâte de quitter leur résidence pour changer d’air. Faute de pouvoir voyager cet été, ils ont été nombreux à se rabattre sur les chalets de la région. Résultat: le nombre de réservations a explosé au cours des dernières semaines, et encore plus depuis que le gouvernement a annoncé qu’il permet à nouveau aux locateurs de chalets d’exercer leurs activités.

«Il y a eu un boom de réservations, oui, plus que d’autres années», confirme Kim Cossette, qui loue des chalets à Grandes-Piles.

«Ça a commencé un peu avant que le gouvernement donne le O.K. On pensait qu’on aurait le droit de louer seulement au mois. Mais quand il (le gouvernement) a dit qu’on avait le droit de louer à court terme, la demande est devenue plus forte», ajoute-t-elle.

François Bégin, qui loue un chalet au lac Carillon, à Notre-Dame-de-Montauban, constate lui aussi un engouement pour la location de chalets.

«Ça fait 12 ans que je loue mon chalet et je n’ai jamais eu autant de demandes en une semaine. Ç’a été comme une avalanche de demandes», souligne-t-il.

«La folie furieuse»

Même son de cloche du côté du lac du Missionnaire, à Trois-Rives. Dominic Fillion a été submergé d’appels de personnes voulant réserver le chalet qu’il y loue.

«C’est la folie furieuse. J’ai reçu plusieurs appels, plusieurs demandes, beaucoup plus qu’à l’habitude. Et ce ne sont pas que les demandes: j’ai consulté des statistiques des visites de mon site, j’en ai eu beaucoup plus aussi», explique-t-il.

Marie-Hélène Bournival, propriétaire d’un chalet de luxe à Grandes-Piles, a elle aussi été fort sollicitée ces dernières semaines.

«L’intérêt des gens est définitivement là. J’ai reçu des dizaines d’appels et de demandes par courriel», indique-t-elle.

«Même à partir d’avril et mai, j’ai commencé à avoir des demandes et des appels de gens qui avaient espoir que le déconfinement arriverait. Des gens ont loué sans même savoir s’ils auraient l’autorisation de venir», ajoute Mme Bournival.

Les gros chalets défavorisés?

Ce portrait n’est toutefois pas uniforme. L’entreprise Chalets confort indique ne pas avoir eu davantage de locations qu’à la normale. «Nous avons eu cependant beaucoup d’annulations (en raison des règles)», a indiqué l’entreprise dans un courriel.

La MRC de Mékinac indique elle aussi que l’engouement est moins visible pour les grands locateurs de chalets et les pourvoiries.

«Bien que la saison ne soit pas à l’eau, nous pouvons observer un départ très progressif. Les familles réservent à nouveau des chalets, mais les différents forfaits sont de mise pour conserver un achalandage minimal intéressant en pourvoirie. Il est certain que les groupes n’étant pas permis, cela entraîne une bonne diminution des réservations», indique Alexis Rheault, coordonnateur aux loisirs, à la culture et aux communications de la MRC.

M. Rheault précise toutefois que le coup de sonde effectué par la MRC compte seulement les pourvoiries et les plus grands chalets locatifs. «Les plus petits chalets peuvent peut-être être plus susceptibles d’être dans un boom», reconnaît-il.

Les règles strictes qui encadrent la location de chalets – seuls les membres d’une famille vivant sous le même toit peuvent louer une unité, celle-ci doit être louée en entier à cette famille et si celle-ci est composée de cinq personnes ou plus, il faudra mettre l’unité en quarantaine pendant 24 heures avant l’arrivée de nouveaux locataires – ont d’ailleurs des impacts sur la location de certains chalets.

«Ça vient décourager un peu certains locataires. On espère qu’il y aura une deuxième phase et que le nombre de familles pourrait augmenter. Beaucoup de gens viennent ici entre amis, des fois cinq couples d’amis», explique Marie-Hélène Bournival.

«Une bonne nouvelle»

Le directeur général de Tourisme Mauricie, Stéphane Boileau, confirme lui aussi que les établissements qui offrent de l’hébergement dans des chalets dans la région, comme la Sépaq, avec les réserves fauniques du Saint-Maurice et Mastigouche, sont très sollicités. Il doute cependant que cet engouement compense pour les pertes subies ces deux derniers mois.

«On peut être optimiste, mais on ne pourra jamais reprendre l’erre d’aller de l’an passé. Mais on sent que les Québécois ont hâte d’aller dehors. C’est certain que les petits chalets et les gens vont devoir s’ajuster, mais on sent la volonté des Québécois de faire des escapades en nature», constate-t-il.

M. Boileau fait par ailleurs appel au gros bon sens chez les visiteurs qui arrivent de l’extérieur de la région, en achetant leurs provisions avant de partir de chez eux pour se rendre directement à leur établissement d’hébergement, comme le recommande le gouvernement.

L’achat de chalets a la cote

Il n’y a pas que la location de chalets qui a le vent dans les voiles. L’achat d’une résidence secondaire est également en vogue.

«Pendant le confinement, beaucoup de gens m’avaient appelée pour acheter un chalet, question de ne pas être coincés en ville», explique Sara Gagnon, dirigeante d’agence et courtier immobilier chez RE/MAX BORÉAL La Tuque.

«C’est dur à définir si c’est une grosse augmentation. Mais je dirais qu’elle est de l’ordre de 25 %», ajoute-t-elle.

De manière générale, l’agence a cependant enregistré une diminution de 85 à 90 % des demandes de visites ou d’inscriptions, tant pour les résidences principales et immeubles que pour les chalets, en avril et mai.