L’usine Rotec de Baie-du-Febvre a doublé sa production de lits d’hôpitaux dans le présent contexte de pandémie. 

Rotec double sa production de lits d’hôpitaux

BAIE-DU-FEBVRE — Alors que la demande pour des lits d’hôpitaux est appelée à bondir en raison de la COVID-19, l’usine Rotec, de Baie-du-Febvre, met les bouchées doubles avec sa soixantaine d’employés.

«On a doublé notre production et on n’est même pas capable de fournir même pas proche de la demande. Donc, on continue à mettre des efforts énormes. On va peut-être procéder à d’autres embauches dans les prochaines semaines. Si on trouve les matières premières, on va sûrement augmenter notre production au maximum», confie le président et chef de la direction, Miguel Valero, qui aimerait bien passer de deux à trois quarts de travail.

Depuis 1985, Rotec fabrique plusieurs centaines de lits d’hôpitaux et de lits pour les soins longue durée par semaine et sa réputation n’est plus à faire sur le marché international, offrant des lits de qualité robustes et durables.

«On est en plein cœur de l’effort commun pour donner les soins appropriés aux gens qui sont touchés par la COVID-19. Évidemment, on est déclaré entreprise essentielle ainsi que nos fournisseurs pour pouvoir répondre à la demande qui est évidemment très forte», a-t-il ajouté.

Selon lui, l’approvisionnement des pièces et la formation des employés sont toutefois deux facteurs qui empêchent une hausse rapide de la production. «Évidemment, avec les fermetures d’entreprises et les mises à pied, on a beaucoup d’employés qui ont appliqué chez nous. Autant il y a deux semaines, on avait beaucoup de difficultés à trouver des employés, actuellement, on est correct à ce niveau-là, On reçoit à tous les jours des offres et c’est très apprécié», fait d’abord remarquer M. Valero.

Mais encore faut-il «se donner le temps de les former». «Quand même j’en engagerais 50 demain matin, ça ne donnerait rien. Il faut que je les engage, qu’on les intègre dans la production et partir un nouveau chiffre. Mais pour ça, il faut que j’aie suffisamment d’employés qui soient performants, et surtout, il faut que j’aie assez d’intrants, de matières premières pour pouvoir produire», explique-t-il.

Or, parmi ses fournisseurs, certains ferment, même s’ils ont le droit de rester ouverts. «Si on représente 5 % de leur chiffre d’affaires et qu’ils n’ont pas d’autres commandes, ils ne vont pas rester ouverts rien que pour nous», souligne le haut dirigeant.

Donc, dit-il, «on trouve des solutions alternatives». «Mes gens font des efforts incroyables sept jours sur sept, il y en a qui ont passé des nuits au bureau pour trouver des fournisseurs à l’étranger dans certains cas. On fait le maximum pour augmenter notre capacité de production et répondre à la demande», assure-t-il.

Malgré qu’une grosse part des ventes soit réalisée aux États-Unis et que les équipements soient aussi vendus en Australie, Nouvelle-Zélande et au Moyen-Orient, le Québec demeure un client très important pour Rotec.

«On vend partout dans le monde, mais évidemment que le Québec, c’est notre base depuis qu’on existe. On priorise le Québec tout en prenant soin de nos clients existants, mais on n’est pas en mesure de prendre des commandes de nouveaux clients parce que, demain matin, je pourrais vendre 10 000 lits sans problème par semaine», lance celui qui évoque les besoins de 140 000 lits uniquement dans l’État de New York alors que seulement 53 000 sont disponibles.

«On a eu des nouvelles demandes d’Italie, du Royaume-Uni, on n’est pas capable de rouvrir des nouveaux comptes. On a de la difficulté à répondre à la demande de nos clients existants et on veut garder notre effort pour le Québec, ce qui est prioritaire», renchérit M. Valero.

Dans le présent contexte, celui-ci n’ose pas parler d’un «beau problème». «C’est un problème pas agréable. Et il y a aussi le stress des employés. On leur demande de donner un effort incroyable dans des conditions pas faciles, toutes les mesures d’hygiène sont mises en place pour les protéger, c’est notre priorité. On leur demande de faire très attention aussi parce qu’ils font partie de l’effort commun pour la santé publique. C’est un défi de tout le monde, mais je suis très fier des employés et de toute mon équipe», se plaît à signaler celui qui est en quarantaine en raison de son voyage en Australie. Il attend le résultat des tests.

Finalement, Rotec a l’espace nécessaire pour produire davantage, avec deux usines (fabrication et assemblage), un centre de recherche et développement et un entrepôt qui pourrait être converti en plancher de production.

«On a la capacité, on a de l’équipement, on a des gens, le problème, ce sont les pièces. On n’est pas les seuls au monde qui ont une augmentation de la demande de lits. Tout le monde s’arrache nos fournisseurs qui, eux non plus, ne sont pas capables de fournir à la demande. C’est comme un effet de domino», a conclu M. Valero.